« Il était notre can­di­dat na­tu­rel, mais il a tout cas­sé »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - Sé­bas­tien Pie­tra­san­ta DÉ­PU­TÉ PS DES HAUTS-DE-SEINE PRO­POS RE­CUEILLIS

SOU­TIEN de Fran­çois Hol­lande de­puis le dé­but, le dé­pu­té PS des Hauts-de-Seine Sé­bas­tien Pie­tra­san­ta n’en fait dé­sor­mais plus le « can­di­dat na­tu­rel » de son par­ti. Fran­çois Hol­lande doit-il se re­pré­sen­ter ? SÉ­BAS­TIEN PIE­TRA­SAN­TA. Il y a peu, j’avais dit oui à l’ap­pel lan­cé par Bru­no Le Roux (NDLR : pa­tron des dé­pu­tés PS) en fa­veur d’une can­di­da­ture du pré­sident. Il n’est dé­sor­mais plus ques­tion de le si­gner. Cet ap­pel, d’ailleurs, n’existe plus… Pour­quoi ce re­vi­re­ment ? Je ne suis pas le seul, loin de là, à dou­ter de­puis la ren­trée, et sur­tout de­puis la sor­tie (NDLR : il y a deux se­maines) d’« Un pré­sident ne de­vrait pas dire ça… ». Ce livre m’a ébran­lé et cho­qué, sur la forme comme sur le fond. C’est un im­mense gâ­chis car on peut être fier du bi­lan, de la fa­çon dont le chef de l’Etat a gé­ré les at­ten­tats. Certes, j’ai eu des hauts et des bas, des frus­tra­tions. Mais de­puis 2012, j’ai vo­té tous les textes… sauf l’ar­ticle sur la dé­chéance de na­tio­na­li­té l’hi­ver der­nier. Je suis ce qu’on ap­pelle un dé­pu­té lé­gi­ti­miste, et il était notre can­di­dat na­tu­rel. Mais, avec ce livre, le pré­sident a tout cas­sé. Et nous, on rame der­rière. Vous n’êtes pas seul à dou­ter… Tout le « ma­rais » — c’est-à-dire la grande ma­jo­ri­té des dé­pu­tés PS, qui ne sont ni di­ri­geants du par­ti ni fron­deurs — s’in­ter­roge. J’ap­pré­cie Fran­çois Hol­lande mais je ne suis plus du tout sûr qu’il soit le mieux à même d’être le lea­deur de la gauche pour la pré­si­den­tielle : je ne vois pas com­ment il pour­ra in­ver­ser la ten­dance en quelques se­maines. Peu­têtre Ma­nuel Valls sau­ra-t-il mieux in­car­ner et dé­fendre notre ac­tion. Qu’est-ce que le PS peut faire ? Vu la si­tua­tion, le pré­sident ne peut plus dé­ci­der seul d’y al­ler ou pas. Le temps de l’aven­ture per­son­nelle est fi­ni. Je sou­haite que les chefs à plumes du par­ti et de la ma­jo­ri­té prennent une dé­ci­sion ra­pide et, sur­tout, col­lec­tive. Car ce choix nous en­gage tous. Notre ob­ses­sion, c’est de sa­voir com­ment on va faire cam­pagne. Que crai­gnez-vous ? Au-de­là des échéances élec­to­rales, c’est l’exis­tence même du par­ti qui est en jeu. Que va de­ve­nir le PS si on se fait ra­ti­boi­ser au prin­temps ? Je n’ai pas en­vie que le con­grès du PS, à l’au­tomne 2017, soit ce­lui de ses fu­né­railles…

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