Voi­ci les plantes qui dé­pol­luent

Elles nour­rissent, gué­rissent et font du bien au mo­ral. Main­te­nant, elles nous aident aus­si à dé­pol­luer.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR JA­CKY GUYON

Le vé­gé­tal in­ves­tit de plus en plus nos mai­sons, pour amé­lio­rer notre cadre de vie mais pas seule­ment. « Un jour, on au­ra tous chez soi un bas­sin avec des plantes ou des lé­gumes qui ré­gé­né­re­ront l’eau do­mes­tique », pro­nos­tique Vé­ro­nique Texier, une in­gé­nieur qui a tour­né une page de sa vie pro­fes­sion­nelle pour se consa­crer à des mé­thodes de dé­pol­lu­tion in­no­vantes. Elle s’est as­so­ciée avec un doc­teur en éco­lo­gie, Fré­dé­ric Tri­boit, et un spé­cia­liste du mar­ke­ting pour dé­ve­lop­per Svi­tec*, une pe­tite en­tre­prise hé­ber­gée dans une pé­pi­nière de Vannes (Mor­bi­han).

« Faire de l’as­sai­nis­se­ment in­di­vi­duel avec des plantes, c’est très fa­cile », sou­rit Vé­ro­nique Texier. Cette pe­tite équipe est convain­cue que nous avons à por­tée de main la so­lu­tion éco­lo­gique à la plu­part des pro­blèmes de pol­lu­tion qui nous pré­oc­cupent. « Chaque jour, vous pié­ti­nez sans le sa­voir des plantes qui sont ca­pables de réa­li­ser des ex­ploits », ex­plique-t-elle.

LE BAS­SIN VÉGÉTALISÉ TRANS­FORME L’EAU SALE EN EAU PROPRE

Ain­si, Svi­tec a ima­gi­né un pro­ces­sus qui per­met de re­cy­cler l’eau uti­li­sée par une en­tre­prise de trans­port pour la­ver ses ca­mions. L’eau char­gée en hy­dro­car­bures et en pro­duits de net­toyage tran­site par un bas­sin végétalisé. Les plantes ab­sorbent les pro­duits net­toyants, dé­coupent grâce à leurs bac­té­ries les mo­lé­cules des hy­dro­car­bures qui sont fi­na­le­ment di­gé­rées par les bac­té­ries. L’eau sale re­de­vient propre… L’en­tre­prise éco­no­mise ain­si 8 000 m3 d’eau po­table.

La pe­tite en­tre­prise vient éga­le­ment d’être pri­mée pour une autre in­no­va­tion. Des plantes pré­sentes sur le bord de mer (sa­li­corne, spar­ti­na…) vont di­gé­rer les ré­si­dus d’une char­cu­te­rie in­dus­trielle char­gés en sel et en dé­chets or­ga­niques. Fau­chées, elles se­ront réuti­li­sées comme ali­ments sa­lés pour le bé­tail ou pour ali­men­ter un mé­tha­ni­seur. Des plants pour­ront même être ré­ins­tal­lés en bord de mer pour évi­ter l’éro­sion ma­rine. Ce­la consti­tue un par­fait exemple d’éco­no­mie cir­cu­laire. Fré­dé­ric Tri­boit passe, lui, une bonne par­tie de son temps à dé­ni­cher des re­cherches qui ont mis en évi­dence les su­per­pou­voirs des vé­gé­taux mais qui n’ont pas été ex­ploi­tées. Il sé­lec­tionne ain­si des plantes can­di­dates dont les pro­prié­tés sont sus­cep­tibles d’être uti­li­sées dans un pro­jet de dé­pol­lu­tion. Au­jourd’hui, l’équipe fi­na­lise un pro­jet de dé­pol­lu­tion d’eau de pis­ci­cul­tures char­gée en am­mo­niac et en phos­phore par une fil­tra­tion plan­tée. « L’idéal se­rait d’ados­ser une pé­pi­nière aux bas­sins », rêve l’in­gé­nieur.

Mais l’avan­cée ma­jeure de cette équipe, c’est d’avoir mis la main sur la plante ca­pable d’as­si­mi­ler le phos­phore — un pol­luant si préoc­cu­pant qu’il fait l’ob­jet d’un con­grès in­ter­na­tio­nal en Scan­di­na­vie — et teste ac­tuel­le­ment ses ca­pa­ci­tés avec l’Ecole des mines. Un pro­jet d’am­pleur en cours de fi­na­li­sa­tion. Les plantes char­gées en phos­phore pour­raient être réuti­li­sées pour pro­duire des en­grais à des­ti­na­tion de l’agri­cul­ture. Dé­ci­dé­ment, les plantes ont d’éton­nants pou­voirs qui in­té­ressent la science.

Cer­taines plantes, comme dans cette fosse sep­tique verte dé­ve­lop­pée par la so­cié­té Aqua­ti­ris, ont la ca­pa­ci­té de dé­pol­luer l’eau.

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