Hal­lo­ween, une fête com­mer­ciale ?

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR CH­RIS­TINE MATEUS

« UN BONBON ou un sort ? » De plus en plus d’en­fants fran­çais s’épou­monent en lan­çant de mai­son en mai­son cette phrase tra­duite du cé­lèbre « trick or treat » amé­ri­cain, vé­ri­table « slo­gan » d’Hal­lo­ween, fê­té par beau­coup au­jourd’hui. No­tons tou­te­fois que la vraie date est tra­di­tion­nel­le­ment le 31 oc­tobre, soit de­main… Cette fête cel­tique d’ori­gine ir­lan­daise, po­pu­la­ri­sée aux Etats-Unis, s’im­plante en ef­fet pro­gres­si­ve­ment dans l’Hexa­gone, au point que le pe­tit Na­than, 7 ans, a bien re­te­nu l’im­mi­nence « d’Hal­lo­ween, la fête de la ci­trouille » mais reste coi lors­qu’on évoque avec lui la Tous­saint.

Toute la jour­née, il y a donc fort à pa­rier que vous ver­rez dé­fi­ler des groupes d’en­fants dé­gui­sés en vam­pires, sor­cières et zom­bies, vous me­na­çant de vous trans­for­mer en cra­paud si vous n’ac­cé­dez pas à leur re­quête, c’est-à-dire leur four­nir gros­so mo­do leur poids en frian­dise… Se­lon l’étude Odoxa pour « le Pa­ri­sien » - « Au­jourd’hui en France », 29 % des Fran­çais comptent y par­ti­ci­per.

C’est le cas de Ni­co­las, pa­pa de Léa et d’An­toine, 12 et 8 ans, qui les ac­com­pa­gne­ra lors­qu’ils iront frap­per aux portes de leurs voi­sins d’im­meuble avec leur pa­nier. « On le fait de­puis deux ans. Je constate que, la pre­mière an­née, mes voi­sins n’avaient pas trop pré­vu de bon­bons. Ce n’était plus le cas l’an­née der­nière. Je trouve cette fête to­ta­le­ment mar­ke­ting, sans au­cun rap­port avec la cul­ture fran­çaise, mais mes en­fants sont abreu­vés de cul­ture amé­ri­caine, avec les sé­ries no­tam­ment et re­gar­dez les de­van­tures des ma­ga­sins… Il n’y a que des pubs pour ça », dé­plore cet ar­chi­tecte, qui a ren­du les armes, de guerre lasse.

DÉGUISEMENT... DE PRIN­CESSE

Aman­dine pré­voit, elle, un goû­ter pour sa fille de 8 ans et ses pe­tites co­pines, avec ma­quillage ter­ri­fiant et gâ­teaux en forme de monstre. « C’est plus amu­sant pour les en­fants que d’al­ler fleu­rir les tombes des morts, non ? » Comme beau­coup, cette mère de fa­mille confond Tous­saint (la fête de tous les saints, le 1er no­vembre) avec le jour des dé­funts, dé­dié au sou­ve­nir des morts de la fa­mille (le 2 no­vembre).

Si l’étude montre que, pour les Fran­çais, Hal­lo­ween est sur­tout un évé­ne­ment des­ti­né aux plus jeunes, des ados le fê­te­ront aus­si à leur fa­çon. Ga­briel, 17 ans, or­ga­nise ain­si chez lui une soi­rée ci­né­ma avec mu­sique et films d’hor­reur. « J’ai dé­jà re­gar­dé des tu­tos ma­quillage pour res­sem­bler à un mort-vi­vant », pré­cise sa pe­tite amie.

La mère de Kheï­la, 5 ans, y voit l’oc­ca­sion de dé­gui­ser sa fille. « Nous avons pré­vu de la lais­ser libre de se ba­la­der toute la jour­née… en prin­cesse. Nous bien ten­té de lui ex­pli­quer que, pour Hal­lo­ween, il fal­lait choi­sir un déguisement qui fasse peur, en vain. »

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