La star ma­ro­caine dé­fen­due par ses fans

Soup­çon­né de viol à Pa­ris, Saad Lam­jar­red, chan­teur connu dans tout le monde arabe, est très sou­te­nu au Ma­roc où l’af­faire émeut le pays.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - DE NOTRE COR­RES­PON­DANTE

#JESUISSAADLAMJARRED : le ha­sh­tag est ap­pa­ru sur la Toile ma­ro­caine ven­dre­di, peu après la nou­velle de l’ar­res­ta­tion du chan­teur pop à Pa­ris. Sur les ré­seaux so­ciaux, ses fans se dé­clarent « sous le choc ». Ils se mo­bi­lisent (« Par­ta­gez un max pour le sou­te­nir ») et ne veulent pas croire en la culpa­bi­li­té de ce­lui qui a été mis en exa­men ven­dre­di soir pour « viol ag­gra­vé » et « vio­lences vo­lon­taires ag­gra­vées ».

Les uns crient au com­plot, les autres n’hé­sitent pas à mettre en cause la vic­time qui « n’a rien à faire de sa vie », en ré­fé­rence à la jeune femme qui a dé­po­sé plainte et af­firme avoir été agres­sée dans la chambre d’hô­tel du chan­teur. Cer­tains ont même rem­pla­cé leur pho­to de pro­fil par celle de l’ar­tiste ou « Je suis Lam­jar­red » sur un fond car­ré noir. Des per­son­na­li­tés lui ont aus­si ap­por­té leur sou­tien, ar­tistes ou cé­lèbres ani­ma­teurs ra­dio. Mais le ha­sh­tag est aus­si re­pris par ceux qui trouvent que les fans vont trop loin. Saad Lam­jar­red a l’ha­bi­tude de faire le buzz sur le Net : à lui seul, son tube « Lm3al­lem » (« le maître ») a été vu plus de 400 mil­lions de fois et l’en­semble de ses titres dé­passe le mil­liard de vues. Le chan­teur, né à Ra­bat dans une fa­mille d’ar­tistes et ré­vé­lé dans une émis­sion de té­lé li­ba­naise, est une star dans tout le monde arabe. L’an der­nier, le roi Mo­ham­med VI l’a même dé­co­ré à l’oc­ca­sion de la Fête de la jeu­nesse.

Mais, cette fois, « Mâa­lem » est en mau­vaise pos­ture, pour re­prendre le titre d’un quo­ti­dien ma­ro­cain. Des mé­dias du pays qui mettent en une la pho­to de la star na­tio­nale et suivent de près l’af­faire, tout en en rap­pe­lant une autre : en 2010, Saad Lam­jar­red, alors peu connu du pu­blic, avait été ac­cu­sé d’agres­sion sexuelle par une jeune amé­ri­caine qui avait dé­po­sé plainte. Briè­ve­ment in­car­cé­ré, il avait été li­bé­ré sous cau­tion et avait fui les Etats-Unis. Au prin­temps der­nier, in­ter­ro­gé lors d’une con­fé­rence de presse, alors qu’il était en tête d’af­fiche du fes­ti­val Ma­wa­zine de Ra­bat, il ex­pli­quait : « C’est le lot de toutes les grandes stars de su­bir de telles ru­meurs. »

Il y a quelques mois, la Cour su­prême de l’Etat de New York a exi­gé qu’il se pré­sente au tri­bu­nal. Cette af­faire amé­ri­caine est « clas­sée », as­sure de son cô­té l’avo­cat ma­ro­cain du chan­teur, pour qui celle de Pa­ris est « une ma­chi­na­tion et un gue­ta­pens ». Une ligne de dé­fense re­prise par la mère de Saad Lam­jar­red, co­mé­dienne cé­lèbre. « Saad paie le prix du suc­cès et de sa cé­lé­bri­té », dit-elle, par­lant « d’un piège » à un mo­ment où « tout mar­chait bien pour lui ». La star de­vait don­ner hier soir un concert au pa­lais des Con­grès de Pa­ris. Il a pas­sé la nuit en pri­son.

LA PRESSE MA­RO­CAINE RAP­PELLE UNE AUTRE AF­FAIRE, À NEW YORK, EN 2010

Car­thage (Tu­ni­sie), le 30 juillet. Les fans de Saad Lam­jar­red crient au com­plot après son in­car­cé­ra­tion.

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