Le Stade Fran­çais dé­sole ses fans

La pous­sive vic­toire de­vant Lyon n’ef­face pas les in­quié­tudes en­tou­rant le club pa­ri­sien qui laisse fi­ler ses meilleurs élé­ments sans ré­agir. Les joueurs sont fé­briles et les sup­por­teurs désem­pa­rés.

Le Parisien (Paris) - - RUGBY - PAR OLI­VIER FRAN­ÇOIS

« ILS FONT PEINE À VOIR. Ils ont l’air si triste… » Jac­que­line, la soixan­taine pim­pante, presse son ma­ri An­dré en sor­tant du stade Jean-Bouin. « Al­lez, viens, on a les en­fants à la mai­son. » Le couple s’éva­nouit dans la nuit tom­bée sur la porte d’Au­teuil. Il re­vien­dra voir ses pro­té­gés, les joueurs du Stade Fran­çais, même s’ils n’ont pas été em­bal­lants contre le pro­mu lyon­nais, comme écra­sés par un contexte trop pe­sant pour eux.

La fuite des cadres Slimani, La­ka­fia et Dou­may­rou, res­pec­ti­ve­ment en­ga­gés à Cler­mont, Tou­lon et La Ro­chelle la sai­son pro­chaine, la moi­tié de l’ef­fec­tif en fin de contrat, les in­ter­ro­ga­tions du ma­na­geur Gon­za­lo Que­sa­da, la pas­si­vi­té ap­pa­rente du pré­sident Tho­mas Sa­vare, tout ce­la tour­mente les rug­by­men. Tout ce­la in­quiète les sup­por­teurs qui étaient un peu plus de 8 000 seule­ment hier soir dans les tri­bunes.

« Nous sommes pré­oc­cu­pés, c’est nor­mal, confie Jean-Re­né, adhé­rent de l’as­so­cia­tion les Amis du Stade. Le club de­vrait être dans les six pre­miers et vi­ser la qua­li­fi­ca­tion et, là, nous en sommes loin. » Son com­père Yvon em­braye : « On a l’un des les plus consé­quents du Top 14 (NDLR : 3e avec 27,6 M€) et on n’ar­rive pas à gar­der nos joueurs. On ai­me­rait bien en­tendre les ar­ri­vées de grands noms comme au Ra­cing, à Tou­lon, à Mont­pel­lier ou à Cler­mont, mais chez nous, rien. On ne sait pas où l’on va. »

Ils se sont dé­gui­sés quand même, ont vou­lu fê­ter Hal­lo­ween à leur ma­nière mais le coeur n’y était pas tou­jours. « Le titre (en 2015) n’est pas en­core di­gé­ré, sou­ligne Franck Le­mann, pré­sident du Vi­rage des Dieux. Le dé­part de Jeff Du­bois n’a pas été com­pen­sé à temps et c’est une er­reur qui n’a pas fa­ci­li­té la co­hé­sion du groupe. Le flot­te­ment dans le re­cru­te­ment, ça vient d’en haut. Je pense, comme Tho­mas Sa­vare, qu’on a l’ef­fec­tif qu’il faut pour réus­sir mais il ne fau­drait pas lais­ser par­tir les cadres tous en même temps. »

A la sor­tie des ves­tiaires, les Pa­ri­siens ont la tête basse. Rabah Slimani la re­lève juste pour ré­tor­quer : « On reste une équi­bud­gets pe jus­qu’au mois de juin pro­chain ! » Un peu plus loin, Dji­bril Ca­ma­ra tente de ba­layer les doutes : « Dans nos es­prits, ça joue, on se de­mande tous qui va par­tir mais, après, sur le ter­rain, on ne doit pas y pen­ser. Ceux qui ar­rivent en fin de contrat donnent d’ailleurs le meilleur d’eux-mêmes, c’est lo­gique. Alors, il n’y a pas d’ex­cuses à avoir. »

« Ce contexte nous a per­tur­bés toute la se­maine, ex­plique Gon­za­lo Que­sa­da. Emo­tion­nel­le­ment, nous sommes al­lés plus loin que d’ha­bi­tude. Il faut ra­pi­de­ment re­trou­ver de la sé­ré­ni­té. » Donc si­gner des contrats, vite, vite… Ou se pré­pa­rer à de sé­rieuses dé­con­ve­nues.

« ON RESTE UNE ÉQUIPE JUS­QU’AU MOIS DE JUIN PRO­CHAIN ! » RABAH SLIMANI, PI­LIER DU STADE FRAN­ÇAIS

Stade Jean-Bouin, hier. Les Pa­ri­siens ont réus­si à conte­nir les of­fen­sives de vaillants Lyon­nais.

Stade Jean-Bouin (Pa­ris), hier. A deux jours d’Hal­lo­ween, les sup­por­teurs pa­ri­siens avaient sor­ti leurs plus beaux dé­gui­se­ments. Même si l’ave­nir du Stade Fran­çais pa­raît plu­tôt sombre.

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