« Je suis très bon dans le mo­ney time »

Jo-Wil­fried Tson­ga, der­nier vain­queur fran­çais du tour­noi de Pa­ris-Ber­cy, en 2008, et en fi­nale au­jourd’hui à Vienne, se penche sur le joueur qu’il était il y a huit ans.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - ÉRIC BRUNA

BLES­SÉ AU GE­NOU GAUCHE à l’US Open et éloi­gné des courts pen­dant plus d’un mois, Jo-Wil­fried Tson­ga re­trouve le sou­rire en fin de sai­son. Le no 2 fran­çais est au­jourd’hui en fi­nale du tour­noi de Vienne face à l’ogre An­dy Mur­ray après avoir sor­ti Kar­lo­vic en de­mies (5-7, 7-5, 7-6 [8-6]).

De­puis 2008, an­née de sa vic­toire à Pa­ris-Ber­cy, qui dé­bute de­main, le Man­ceau a tou­jours rem­por­té au moins un tour­noi par an. Rem­pli­ra-t-il son contrat alors que sa sai­son gâ­chée par les bles­sures ne lui a per­mis de ne dis­pu­ter jus­qu’ici que 14 tour­nois ?

Quel re­gard por­tez-vous sur le Tson­ga de 2008 ?

JO-WIL­FRIED TSON­GA. (Il sou­rit.) Oh ! il était jeune, plein d’éner­gie. Après, si je re­garde les vi­déos, je me dis que j’ai quand même beau­coup pro­gres­sé en re­vers. C’était mon plus gros chan­tier. Tech­ni­que­ment, j’ai tout chan­gé. En coup droit, je suis ca­pable de faire la dif­fé­rence de n’im­porte où et, le ma­té­riel ai­dant, je suis plus puis­sant.

Si vous le ren­con­triez au­jourd’hui, que lui di­riez-vous ?

C’est plu­tôt lui qui au­rait une ques­tion à me po­ser. Il me di­rait : « Ça va mieux, le phy­sique ? » Je lui ré­pon­drais : « Ben non, tou­jours pa­reil… » J’ai tou­jours dû avec. En 2008, quand je gagne Ber­cy, je ne pen­sais même pas jouer le pre­mier tour. J’ar­rive, Wi­no (NDLR : Eric Wi­no­grad­sky, son coach de l’époque) me dit : « Ecoute, c’est le der­nier tour­noi de la sai­son, tu viens de ga­gner Bang­kok mais tu viens de te faire opé­rer du ge­nou et tu vois qu’il n’en fait qu’à sa tête. Joue tran­quille sans t’oc­cu­per de ton ni­veau. » J’ai joué le pre­mier tour avec un ge­nou comme ça (il mime un bal­lon). Et puis, il a dé­gon­flé jus­qu’à la fi­nale…

Etiez-vous plus frus­tré par votre phy­sique il y a huit ans ?

Ah non, je le suis plus au­jourd’hui. Même avec le temps, je n’ai pas ap­pris à de­ve­nir fa­ta­liste. Pour res­ter au plus haut ni­veau, il faut pro­gres­ser. Il n’y a pas le choix. Un joueur du top 10 qui l’est tou­jours dix ans après a pro­gres­sé car le sport évo­lue, les joueurs frappent de plus en plus fort, sont de plus en plus phy­siques, la concur­rence se den­si­fie. Ce­la me frustre parce que je me dis que je joue clai­re­ment mieux qu’à cette époque mais j’ai l’im­pres­sion d’être en­core plus han­di­ca­pé phy­si­que­ment que je ne l’étais au dé­part.

Ce­la joue-t-il sur votre men­tal, avec l’âge ?

« MEN­TA­LE­MENT, JE SUIS BEAU­COUP PLUS FORT »

Men­ta­le­ment, je suis beau­coup plus fort qu’avant, plus se­rein, je contrôle beau­coup mieux mes émo­tions. Quand je dois fi­nir un match, je ne tremble pas trop, je fi­nis. Glo­ba­le­ment, je suis très bon dans le mo­ney time. Au dé­but, je per­dais trop de matchs 7-6 au 3e set. No­tam­ment au Mas­ters en 2008 où je perds deux fois 7-6 au 3e (NDLR : contre Del Po­tro et Da­vy­den­ko) alors que j’au­rais pu ga­gner. Au­jourd’hui je suis plus à l’aise mais phy­si­que­ment moins bien. En 2008, j’avais eu un gros pé­faire pin avant (NDLR : au dos) puis j’ai été pas mal pen­dant trois ou quatre ans.

Etes-vous plus en­tou­ré au­jourd’hui ?

J’ai tou­jours eu du monde avec moi. J’ai fait par­tie des pre­miers à avoir un gros staff à cause de mes gros pro­blèmes de dos. Je ne vou­lais pas faire ma star, mais je n’avais pas le choix. J’avais tout le temps be­soin d’un os­téo pour pou­voir jouer car j’étais sou­vent « rouillé » le ma­tin, il y avait tou­jours un truc qui clo­chait, puis l’en­traî­neur, le pré­pa­ra­teur phy­sique…

Que vous ins­pire le cir­cuit ac­tuel ?

Dans le top 4, il y en a deux de bles­sés ou moins bien (Fe­de­rer et Na­dal) et un troi­sième qui perd un peu, et c’est nou­veau (Djo­ko­vic). Ça choque, on se de­mande ce qui se passe, mais il fal­lait que ça ar­rive. Mais ce n’est pas pour au­tant que c’est moi qui peux en pro­fi­ter. Il y a des jeunes très bons qui sont main­te­nant là de­puis as­sez long­temps pour être têtes de sé­rie. Ils ont les crocs, et ça den­si­fie vrai­ment le ni­veau du top 50.

Re­trou­vez l’in­té­gra­li­té du tour­noi sur Ca­nal + Sport et Ca­nal + Dé­ca­lé (qui de­vient Ca­nal + Tennis pour l’oc­ca­sion). Pro­gram­ma­tion jus­qu’à jeu­di 3 no­vembre de 11 heures à mi­nuit. L’émis­sion « 19 h 30 Sport » se­ra toute la se­maine en di­rect de Ber­cy (de 18 h 30 à 19 h 25 sur C + Sport).

Vienne (Au­triche), mar­di. Jo-Wil­fried Tson­ga aborde le tour­noi de Ber­cy avec hu­mi­li­té, même s’il se sent bien et est dans une forme as­cen­dante.

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