« Rien à voir avec la po­li­tique ! »

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS - PRO­POS RECUEILLIS PAR R.P.

LE NOU­VEL ANI­MA­TEUR de Pa­ris Pre­mière s’est confié juste après la fin de l’en­re­gis­tre­ment de « Con­seil d’in­dis­ci­pline », mar­di der­nier, au pa­lais des Con­grès de Pa­ris.

Vos im­pres­sions après cette pre­mière en tant qu’ani­ma­teur ? JEAN-LOUIS DE­BRÉ.

Il faut que je re­garde ce que don­ne­ra l’émis­sion à l’an­tenne, mais j’ai dé­cou­vert que j’avais pro­ba­ble­ment trop écrit mes in­ter­ven­tions. J’ai pris beau­coup de plai­sir à al­ler voir les spec­tacles de mes in­vi­tés, à pré­pa­rer des choses — c’est mon pas­sé de juge d’ins­truc­tion qui veut ça — mais ce que j’ai écrit n’a pas du tout cor­res­pon­du à ce qui s’est pas­sé du­rant l’en­re­gis­tre­ment.

Mon rôle m’im­pose de re­lan­cer les uns et les autres, d’ap­pa­raître avec au­to­ri­té tout en lais­sant par­ler les gens. Le rôle de l’in­vi­té est aus­si très im­por­tant. Les choses vont s’amé­lio­rer au fur et à me­sure, mais ça n’a pas été un exer­cice fa­cile. Je suis le seul non-pro­fes­sion­nel, en­tou­ré de pro­fes­sion­nels. Il faut que j’es­saie de contour­ner ce han­di­cap…

En quoi votre ex­pé­rience dans la po­li­tique vous ser­telle ?

C’est to­ta­le­ment un autre exer­cice ! En po­li­tique, on ar­rive sur le pla­teau, on dit ce qu’on a à dire et c’est ter­mi­né. Mon ex­pé­rience des mé­dias ne me sert à rien parce que, cette fois, je suis de l’autre cô­té, et ça n’a rien à voir. Là, il faut créer une al­chi­mie, être sé­rieux et drôle à la fois, sans que l’hu­mour tue le sé­rieux. Il faut trou­ver le bon ton, ce qui est d’au­tant plus dur que vous n’êtes pas seul. La po­li­tique m’a tout de même ap­pris une chose : je sais par ex­pé­rience qu’il n’y a rien de plus désa­gréable que de se re­trou­ver face à un jour­na­liste qui ne vous écoute pas quand vous par­lez parce qu’il pré­pare sa pro­chaine ques­tion. D’où mon écoute très concen­trée tout au long de l’en­re­gis­tre­ment.

“LES CHOSES VONT S’AMÉ­LIO­RER AU FUR ET À ME­SURE, MAIS ÇA N’A PAS ÉTÉ UN EXER­CICE FA­CILE JEAN-LOUIS DE­BRÉ

Vous sen­tez-vous to­ta­le­ment à l’aise dans une émis­sion d’hu­mour ?

Oui, à condi­tion que l’hu­mour n’em­pêche pas de par­ler de vrais su­jets. On peut être dans l’in­so­lence, mais à condi­tion d’être res­pec­tueux : le rire ne doit pas cé­der la place au ri­ca­ne­ment, comme c’est trop sou­vent le cas à la té­lé­vi­sion.

Il faut trou­ver l’al­chi­mie entre res­pect, hu­mour et échange. Se ser­vir de l’hu­mour avec l’in­vi­té pour al­ler loin dans la confi­dence.

En­vi­sa­gez-vous de du­rer dans votre nou­veau mé­tier ?

J’ai quit­té la po­li­tique parce que j’en avais fait le tour. J’y ai oc­cu­pé toutes les fonc­tions ima­gi­nables, et je pense qu’il faut tou­jours quit­ter sa fonc­tion avant qu’elle ne vous quitte. Il faut suivre ses pas­sions et ma pas­sion, au­jourd’hui, c’est de faire une émis­sion comme ça. Pen­ser que je peux, à mon âge, ap­prendre, dé­cou­vrir, en­traî­ner par mon éner­gie tous ceux qui sont bla­sés, scep­tiques ou dé­cou­ra­gés, c’est un im­mense plai­sir, et un vrai mo­teur.

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