Et main­te­nant, il joue les ras­sem­bleurs

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - P. TH.

LE SCÉ­NA­RIO que Ma­nuel Valls brosse pour le prin­temps 2017 est noir à sou­hait : une gauche éli­mi­née dès le pre­mier tour de la pré­si­den­tielle au pro­fit du Front na­tio­nal, puis qua­si­ment rayée de la carte aux lé­gis­la­tives. Voi­là pour­quoi — jus­ti­fiet-il — Ma­nuel Valls fait part de tant de « fran­chise ». Quitte à sem­bler dé­fier le pré­sident de la Ré­pu­blique en af­fir­mant son sta­tut de re­cours pour 2017. « Ce n’est pas un dé­bat de po­si­tion­ne­ment », plaide-t-il en pe­tit co­mi­té, ba­layant la ques­tion « de sa­voir qui pousse l’autre ou qui em­pêche l’autre ». Voi­là pour­quoi il pré­vient que « les dé­bats au­ront lieu » à gauche. Voi­là pour­quoi, aus­si, il ajuste ces der­nières se­maines son cos­tume de ras­sem­bleur. Et mul­ti­plie les signes à sa fa­mille po­li­tique.

Ses trois axes de tra­vail ? Evi­ter la qua­li­fi­ca­tion du Front na­tio­nal au se­cond tour de l’élec­tion pré­si­den­tielle, ras­sem­bler la gauche et al­lier au­to­ri­té de l’Etat et « bien­veillance », « Ré­pu­blique so­ciale ». D’où l’ac­cent mis sur la ques­tion des so­li­da­ri­tés, no­tam­ment à tra­vers sa ré­cente pro­po­si­tion sur la créa­tion d’un re­ve­nu uni­ver­sel. Et les pe­tits cailloux se­més ces trois der­niers jours au To­go, au Gha­na et en Côte d’Ivoire, où Valls a mar­te­lé sa vo­lon­té de créer une « al­liance du XXIe siècle » entre l’Eu­rope et l’Afrique ou en­core pro­po­sé la créa­tion d’un sys­tème d’échanges eu­roa­fri­cain sur le mo­dèle d’Eras­mus.

Qu’on se le dise : ce n’est plus Valls le cli­vant au poing bran­di, mais Valls l’hu­ma­niste aux bras ou­verts ! « La France, ce n’est pas une cou­leur, une religion, c’est par­ta­ger une com­mu­nau­té », pro­fesse-t-il d’ailleurs à Lo­mé (To­go), évo­quant le de­voir de gé­né­ro­si­té en­vers les mi­grants qui fuient « la guerre », « la fa­mine » ou « la ma­la­die ». Mais aus­si le de­voir de so­li­da­ri­té en­vers « nos com­pa­triotes aux re­ve­nus mo­destes ». « La France et la gauche sont mes deux bous­soles », confie-t-il dans la tor­peur d’Ac­cra (Gha­na), d’où il en­voie ce mes­sage à ses ca­ma­rades : « Si on n’est que dans les dé­bats du pas­sé ou dans les dé­bats tac­tiques, c’est l’im­passe. » Hier soir, de­vant les Fran­çais d’Abid­jan (Côte d’Ivoire), Valls a cla­mé son « op­ti­misme ». : « J’ai en­vie de me battre pour don­ner du sens à la France. Et ce quelle que soit ma place. Et quelle que soit la place de cha­cun. » Comme en écho, la cho­rale du centre d’aide so­ciale Saint-An­dré, au To­go, lui avait aus­si chan­té « mille rai­sons d’es­pé­rer ».

LA FRANCE, CE N’EST PAS UNE COU­LEUR, UNE RELIGION, C’EST PAR­TA­GER UNE COM­MU­NAU­TÉ MA­NUEL VALLS

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