Que re­cèle le tom­beau du Ch­rist ?

JÉ­RU­SA­LEM Pour la pre­mière fois de­puis deux siècles, le coeur du Saint-Sé­pulcre a été ou­vert. Un évé­ne­ment his­to­rique et scien­ti­fique.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR FRÉ­DÉ­RIC MOUCHON

UN LIT FU­NÉ­RAIRE taillé dans le roc au coeur d’une an­cienne car­rière de pierre désaf­fec­tée. Il y a mille sept cents ans, l’em­pe­reur Cons­tan­tin fait iso­ler cette tombe, vé­né­rée de­puis trois siècles par les des­cen­dants des apôtres qui y voient le tom­beau de Jé­sus de Na­za­reth. L’em­pe­reur y édi­fie une église des­ti­née à glo­ri­fier la mort et la ré­sur­rec­tion du Ch­rist. Deux mil­lions de pè­le­rins poussent chaque an­née les portes de l’église du SaintSé­pulcre à Jé­ru­sa­lem. Et pour la pre­mière fois de­puis deux siècles, la tombe de Jé­sus vient d’être ou­verte, à la fa­veur de tra­vaux de ré­no­va­tion.

« Si l’on n’a pas la cer­ti­tude à 100 % que ce soit son tom­beau, c’est un en­droit fon­da­teur pour nous », confie Er­wan, fervent ca­tho­lique. Si elle sus­cite au­tant d’in­té­rêt par­mi les chré­tiens, c’est que, se­lon le ma­ga­zine « Na­tio­nal Geo­gra­phic », qui lui a consa­cré un ar­ticle, la mise au jour du lit fu­né­raire « va four­nir aux cher­cheurs une oc­ca­sion sans pré­cé­dent d’étu­dier la sur­face d’ori­gine de ce qui est consi­dé­ré comme le site le plus sa­cré du chris­tia­nisme ».

LES DIF­FÉ­RENTES COM­MU­NAU­TÉS CHRÉ­TIENNES ONT MIS LEURS DIF­FÉ­RENDS DE CÔ­TÉ

« Il n’y au­ra ja­mais de preuve scien­ti­fique de la ré­sur­rec­tion de Jé­sus car ce­la ap­par­tient au re­gistre de la foi, ex­plique l’his­to­rien des re­li­gions Jean-Fran­çois Colosimo. Mais peu­têtre que des ana­lyses ra­dio­gra­phi- ques et de da­ta­tion per­met­tront de sa­voir à quelle pé­riode pré­cise cette pierre a été taillée et s’il s’agit vrai­sem­bla­ble­ment du lieu iden­ti­fié comme étant ce­lui où le corps du Ch­rist a été po­sé après sa mort. »

Ces tra­vaux sont fi­nan­cés par les trois prin­ci­pales confes­sions (Grecs or­tho­doxes, fran­cis­cains et Ar­mé­niens) qui gèrent le Saint-Sé­pulcre. Au to­tal, six com­mu­nau­tés chré­tiennes y co­ha­bitent. « Ce qui donne lieu à de fré­quentes que­relles à l’in­té­rieur à coups d’en­cen­soir et de chan­de­lier, ex­plique Jean-Fran­çois Colosimo. Le fait qu’ils aient mis de cô­té leurs dif­fé­rends pour au­to­ri­ser cette res­tau­ra­tion est en soi un pe­tit mi­racle et un sym­bole fort. Dans cette pé­riode où l’on as­siste à l’exode des chré­tiens d’Orient, de­ve­nus la cible de Daech, ils ont pris conscience que la pré­sence chré­tienne à Jé­ru­sa­lem est de­ve­nue un en­jeu ma­jeur. »

Car­rière de pierre à l’ex­té­rieur de Jé­ru­sa­lem qui au­rait ac­cueilli le tom­beau du Ch­rist. Gol­go­tha, où Jé­sus-Ch­rist au­rait été cru­ci­fié. Plan de coupe du Saint-Sé­pulcre.

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