Ap­pe­lez-la « Su­per Na­na »

Après plu­sieurs ex­pé­riences pro­fes­sion­nelles et une pé­riode de chô­mage, Naï­ma - « Na­na » pour les in­times tient au­jourd’hui une la­ve­rie au­to­ma­tique à Bo­bi­gny (Seine-Saint-De­nis). Son par­cours est exemplaire.

Le Parisien (Paris) - - REBONDIR - PAR

ême au bled, en Tu­ni­sie, elle garde un oeil sur sa la­ve­rie au­to­ma­tique, dans le quar­tier po­pu­laire de l’Abreu­voir, à Bo­bi­gny (Sei­neSaint-De­nis). « Elle ne peut pas dé­cro­cher, sou­rit sa fille Lin­da, ve­nue net­toyer des draps. Sa la­ve­rie, c’est comme son sixième en­fant. »

Pour sur­veiller le bé­bé à dis­tance, Naï­ma Bouab­sa a installé des ca­mé­ras connec­tées à son mo­bile via une ap­pli­ca­tion. Mais, en réa­li­té, elle n’en a pas vrai­ment be­soin, au vu de son om­ni­pré­sence. Sept jours sur sept, de l’ou­ver­ture, à 8 h 30, à la fer­me­ture, à 20 heures, avec une pause dé­jeu­ner, la pa­tronne de « Chez Na­na », du sur­nom don­né par ses 9 pe­tits-en­fants, ac­cueille les clients qui viennent même des com­munes voi­sines de Bon­dy et Dran­cy.

Les plus vieux et les fu­tures ma­mans lui de­mandent un coup de main pour sou­le­ver le tas de linge sale. Les ha­bi­tués, eux, l’ap­pellent par son pré­nom et de­mandent des nou­velles de la fa­mille.

Si elle s’in­ves­tit au­tant dans son nou­veau mé­tier, c’est que cette femme dy­na­mique de 58 ans s’est « bat­tue », in­siste-telle, pour se faire en­tre­pre­neure, alors qu’elle « ne parle pas bien fran­çais et (fait) des fautes à l’écrit ».

En France de­puis 1976, Naï­ma a mul­ti­plié les ex­pé­riences, en­tre­cou­pées de con­gés ma­ter­ni­té : cou­tu­rière, ma­nu­ten­tion­naire, gou­ver­nante et ven­deuse dans une boulangerie. Un poste qu’elle quit­te­ra pour s’oc­cu­per de son ma­ri at­teint d’un can­cer.

ELLE A ES­SUYÉ LES RE­FUS

Après un an d’in­ac­ti­vi­té, Naï­ma es­suie plu­sieurs échecs. D’abord au­près de bou­lan­gers, alors qu’elle pro­pose ses ser­vices, puis de ban­quiers, pour fi­nan­cer un pro­jet fou : ou­vrir cette la­ve­rie, à deux pas de chez elle, sur une place bou­dée par les com­mer­çants. « Le lo­cal n’a pas été as­su­ré les pre­miers mois. On m’a dit qu’il y avait des risques de van­da­lisme à cause de la ré­pu­ta­tion du quar­tier. »

Pen­dant ce par­cours du com­bat­tant de 2 ans, deux per­sonnes l’ont épau­lée. Sa fille Lin­da pour l’ad­mi­nis­tra­tif. Et un conseiller de l’as­so­cia­tion Pla­nète ADAM, qui ac­com­pagne gra­tui­te­ment les créa­teurs

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