LAFRANCE QUI GAGNE

Notre van #moié­lec­teur a mis le cap sur l’Oc­ci­ta­nie, de Tou­louse l’in­no­vante aux jo­lis vil­lages du Gers où la tra­di­tion s’ex­porte. Ici, le bon­heur est dans le pré, pas for­cé­ment dans les urnes.

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR -

ta­nie, là où notre van #moié­lec­teur est al­lé, toute la se­maine, à la ren­contre de gens heu­reux qui sont sou­vent des élec­teurs… mal­heu­reux. tion ci­vile, Guillaume, 22 ans, se re­père de loin. Il porte dé­jà l’uni­forme de pi­lote avec écus­son d’aigle et cra­vate noire. Dans moins d’un mois, il se­ra di­plô­mé. Et quand on lui de­mande à quoi il rêve, il ré­plique : « D’un bou­lot ! » Il a beau avoir sué à grosses gouttes pour réus­sir un con­cours d’en­trée ul­tra-sé­lec­tif, il n’a pas la ga­ran­tie d’un em­ploi. « Bon, je ne m’in­quiète pas trop non plus », po­si­tive le jeune homme. Même s’il « n’a pas trop le temps de dis­cu­ter po­li­tique dans le cock­pit pen­dant la for­ma­tion », il suit at­ten­ti­ve­ment la course à l’Ely­sée. Pour la pre­mière fois, il vo­te­ra à une pré­si­den­tielle, mais les pré­ten­dants ne l’em­ballent guère. « Je n’ar­rive pas à m’iden­ti­fier », dé­plore Guillaume, alors que son pote Sa­my, lui, est sé­duit par Mé­len­chon. « Il croit aux jeunes, il a une vi­sion prag­ma­tique de l’éco­lo­gie », en­cense-t-il. A 200 m à vol d’oi­seau, du cô­té des in­gé­nieurs du Centre na­tio­nal d’études spa­tiales, le vote à gauche semble aus­si dé­col­ler. « Il y a en­core par­mi les em­ployés un es­prit soixante-hui­tard an­ti­ca­pi­ta­liste », constate Sé­bas­tien, pro-Ha­mon. Yan­nick, lui, se fé­li­cite que les thèses du FN n’aient pas char­mé ses col­lègues « éclai­rés ». « Le ter­reau de l’ex­trême droite, ce ne sont pas les cer­veaux », ana­lyse-t-il. Quant à la troi­sième can­di­da­ture de l’« ovni » Che­mi­nade, qui sou­haite faire de la Lune une rampe de lan­ce­ment vers Mars, on n’a croi­sé au­cun sur­di­plô­mé pour la mettre en or­bite. « Sur le fond, ce n’est pas une mau­vaise idée mais de là à en faire une prio­ri­té na­tio­nale… » s’étonne Oli­vier, un « ma­cro­niste » ex­pert en sa­tel­lites. bor­dure de Tou­louse. « On veut de­ve­nir la Si­li­con Val­ley des ob­jets connec­tés », am­bi­tionne une porte-pa­role de ce cam­pus de start-up in­ven­tives. Ici, on met au point un drone so­laire ou un cap­teur high-tech ré­vé­lant, à dis­tance, le taux de chlore dans la pis­cine.

Dans ce royaume du made in France, Lu­do­vic Le­sieur, 39 ans, co­fon­da­teur de la so­cié­té Cap­turs, « bosse » 80 heures par se­maine et ne se verse au­cun sa­laire, con­trai­re­ment à ses sta­giaires in­dem­ni­sés 554 € par mois. Mais ce Géo Trou­ve­tou a une sa­tis­fac­tion in­es­ti­mable : il a ima­gi­né une ba­lise GPS pour ran­don­neurs avec un mois d’au­to­no­mie. Il es­père qu’elle le ren­dra peut-être un jour mul­ti­mil­lion­naire. « J’ai quand même plus de risques de tout perdre que d’être un jour très riche. Mais une chose est sûre, c’est un en­ri­chis­se­ment per­son­nel », ap­pré­cie le pa­tron en bas­kets. Il y a un an, il a dé­mis­sion­né d’une mul­ti­na­tio­nale de l’aé­ro­nau­tique pour plon­ger dans l’aven­ture. « Je n’ai au­cune aide so­ciale. Un chô­meur est beau­coup plus pro­té­gé que moi », juge-t-il.

Au fu­tur pré­sident, cet in­gé­nieur fon­ceur pré­sente ses do­léances. « Il fau­drait une sorte de re­ve­nu mi­ni­mum pour les en­tre­pre­neurs, leur don­ner aus­si un vé­ri­table sta­tut. Et ré­duire énor­mé­ment les charges so­ciales et pa­tro­nales. » Il re­grette que cette ques­tion ne s’in­vite pas dans la cam­pagne. Lui-même ne sait pas en­core à qui il at­tri­bue­ra son suf­frage, mais constate en connais­seur : « Ma­cron, c’est le plus con­nec­té. Quand il était à Ber­cy, il a fait beau­coup pour les ob­jets connec­tés », se sou­vient-il. De là à en faire un cri­tère de choix élec­to­ral…

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