Grand­net­toya­ge­sur­les­plages

Les pre­miers va­can­ciers fou­le­ront au­jourd’hui le sable fin des bords de mer. Des sites dif­fi­ciles à main­te­nir propres.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - FRÉ­DÉ­RIC MOUCHON

et les râteaux ne servent pas qu’à bâ­tir des châ­teaux de sable. Le long du lit­to­ral, c’est l’heure du grand net­toyage de prin­temps. Pour ac­cueillir au­jourd’hui la pre­mière vague des va­can­ciers de Pâques, les élus mul­ti­plient les opé­ra­tions de ra­tis­sage. Aux Sables-d’Olonne (Vendée), la mai­rie passe au ta­mis trois fois par se­maine sa grande plage. « La sai­son dé­marre ce week-end. La ma­jo­ri­té de notre éco­no­mie tou­ris­tique re­po­sant sur ce site au sable ré­pu­té très fin, il est im­pé­ra­tif pour nous qu’il soit beau », ex­plique le con­seiller mu­ni­ci­pal dé­lé­gué à la voi­rie, Gé­rard Mon­gel­laz. A par­tir du mois de mai, 110 pou­belles y se­ront ins­tal­lées. A Ramatuelle (Var), même si l’eau n’est pour l’ins­tant qu’à 16 °C, les cé­lèbres plages de Pam­pe­lonne, pri­sées de la jet-set, com­mencent elles aus­si à se dra­per dans leur cos­tume prin­temp­sé­té. Ce qui im­pose de ré­pa­rer les bars et res­tau­rants qui ont su­bi les as­sauts des tem­pêtes hi­ver­nales, du sel et de l’hu­mi­di­té. Pein­ture, boi­se­ries, éclai­rages ex­té­rieurs… tout est re­mis à neuf. « Ces tra­vaux de ré­fec­tion re­pré­sentent chaque an­née 350 000 € d’in­ves­tis­se­ment au mi­ni­mum pour chaque éta­blis­se­ment », confie une res­pon­sable de l’as­so­cia­tion des ex­ploi­tants de plages. Des opé­ra­tions coû­teuses mais in­dis­pen­sables pour ces com­munes dont le lit­to­ral consti­tue une sorte de pa­tri­moine na­tu­rel. Biar­ritz (Py­ré­nées-At­lan­tiques) consacre 100 000 € pour net­toyer ses plages 365 jours par an au moyen de 4 x 4 et de deux trac­teurs do­tés de cri­bleuses à dé­chets. A par­tir du mois pro­chain, elle en­ver­ra aus­si au large deux ba­teaux équi­pés de fi­lets pour col­lec­ter les dé­tri­tus flot­tants. « Nos plages, c’est notre carte de vi­site », sou­ligne l’ad­joint aux tra­vaux, Pa­trick Des­ti­zon. Alors pas ques­tion de lais­ser traî­ner des ca­nettes, des pa­piers ou des ca­davres de mé­duses. L’an der­nier, la ca­pi­tale fran­çaise du surf, qui ac­cueille en mai les Cham­pion­nats du monde, a ra­mas­sé près de 1 300 t de dé­chets. Des bou­teilles, des cor­dages, des mé­gots… « Les co­tons-tiges et les bâ­ton­nets de su­cette, très dif­fi­ciles à ra­mas­ser, sont les dé­chets les plus fré­quents, dé­taille Ja­cky Bon- ne­mains, pré­sident de l’as­so­cia­tion Ro­bin des bois. Un autre dé­tri­tus per­vers et in­va­sif dé­ferle dans une re­la­tive in­dif­fé­rence : c’est le po­ly­sty­rène. Les oi­seaux et les pois­sons en gobent des frag­ments qu’ils confondent avec du planc­ton ou des oeufs de pois­sons. » De­puis vingt­trois ans, la Sur­fri­der Foun­da­tion or­ga­nise pas moins de 700 opé­ra­tions de net­toyage en France et 500 dans 37 autres pays. Et chaque an­née, les bé­né­voles col­lectent une masse tou­jours aus­si im­por­tante de dé­chets : 1 400 m3 l’an der­nier, l’équi­va­lent de 9 319 bai­gnoires rem­plies à ras bord !

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