Si,laF­ran­ceest SEXY

IN­VES­TIS­SE­MENT Rin­garde, notre éco­no­mie ? Non ! Ja­mais de­puis dix ans la France n’a au­tant at­ti­ré les ca­pi­taux étran­gers.

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - DOSSIERRÉALISÉPAR MAT­THIEU PELLOLI (TEXTES ET PHO­TOS)

plus verte dans le champ d’à cô­té. La crois­sance aus­si semble tou­jours plus forte chez le voi­sin, sur­tout s’il est al­le­mand. Outre-Rhin, outre-Manche, l’éco­sys­tème se­rait plus fa­vo­rable pour les en­tre­prises, ra­bâche-t-on, en­core plus en pleine cam­pagne pré­si­den­tielle. L’Hexa­gone, lui, faute d’un sur­saut, se­rait condam­né à n’être dé­sor­mais qu’un ci­me­tière d’in­dus­tries. Sym­bole de ce dé­clin : les hauts-four­neaux de Flo­range, mis à l’ar­rêt par Ar­ce­lorMit­tal fin 2012.

Oui, il y a les épou­van­tails qui ef­fraient les in­ves­tis­seurs étran­gers : le conflit des sa­la­riés Goo­dyear, la che­mi­sear­ra­chée­duDRHd’Air­France— dont les images ont fait le tour du monde —, plu­sieurs mois de ma­ni­fes­ta­tions émaillées de vio­lences contre la loi Tra­vail… Mais la France reste un ter­reau fer­tile pour les en­tre­prises. Et sé­duit bien plus que les dis­cours dé­cli­nistes am­biants ne vou­draient le lais­ser pa­raître. Les chiffres pu­bliés il y a quelques jours par Bu­si­ness France en sont la preuve.

« En 2016, 1 117 dé­ci­sions d’in­ves­tis­se­ment ont créé ou main­te­nu 30 108 em­plois », se fé­li­cite l’agence dé­diée à l’in­ter­na­tio­na­li­sa­tion de l’éco­no­mie tri­co­lore dans son rap­port sur les in­ves­tis­se­ments étran­gers ( voir l’in­fo­gra­phie ci-contre) : + 16 %, c’est le meilleur cru de­puis dix ans !

L’Al­le­magne dé­passe pour la pre­mière fois les Etats-Unis — d’un che­veu — pour de­ve­nir le 1er in­ves­tis­seur étran­ger sur notre ter­ri­toire, avec une pro­gres­sion de 35 % du nombre de pro­jets. De la ré­pa­ra­tion de na­vires à la Cio­ta à la pro­duc­tion de cro­quettes pour chiens à Ville­neuve-sur-Lot, les groupes al­le­mands ont fait de la France leur ter­rain de chasse. Mais ce­la ne veut pas pour au­tant dire que les Amé­ri­cains boudent notre pays. Le géant de la mes­sa­ge­rie express Fe­dex in­ves­tit ain­si 200 M€ pour agran­dir sa plate-forme à Rois­syC­harles-de-Gaulle, la plus im­por­tante en Eu­rope. Quant à Bla­ckRock, la plus puis­sante ins­ti­tu­tion fi­nan­cière au monde (5 000 Mds€ d’ac­tifs sous ges­tion), il ir­rigue le CAC 40, en étant pre­mier ac­tion­naire chez Vin­ci, Air Li­quide, Es­si­lor, No­kia, Va­léo.

L’Asie aus­si nous fait les yeux doux. Sé­duit par l’en­vi­ron­ne­ment nu­mé­rique fran­çais, le ja­po­nais Fu­jit­su vient d’an­non­cer 50 M€ d’in­ves­tis­se­ment pour no­tam­ment dé­ve­lop­per de nou­velles so­lu­tions dans la cy­ber­sé­cu­ri­té ou l’in­tel­li­gen- ce ar­ti­fi­cielle. Et c’est l’an­cien site Mi­che­lin à Al­lonne, près de Beau­vais (Oise), que le construc­teur au­to­mo­bile chi­nois Byd (120 000 sa­la­riés dans le monde) a choi­si pour as­sem­bler bien­tôt 200 bus élec­triques par an.Le­con­tra­tà10M€tout­jus­te­si­gné va créer 100 em­plois.

Pour­quoi cet at­trait ? Au Fonds mo­né­taire in­ter­na­tio­nal à Wa­shing­ton DC, Ch­ris­tian Mum­ssen, le chef de la mis­sion France, char­gé de l’au­dit éco­no­mique du pays, avance une ex­pli­ca­tion : « Le pacte de res­pon­sa­bi­li­té et le CICE ont consti­tué un bon ef­fort pour al­lé­ger les contri­bu­tions so­ciales sur le tra­vail, ils ont per­mis d’at­ti­rer les in­ves­tis­seurs. » Mais l’ex­pert met aus­si en garde : « Le pays doit en­core faire bais­ser le chô­mage, ré­duire la dette, et ces­ser de fi­nan­cer les in­dus­tries mo­ri­bondes. » Au­tant de points noirs à gom­mer pour que la France af­fiche son plus beau vi­sage.

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