Un Pa­ris prin­cier

Pour­tant tou­jours en conva­les­cence après le nau­frage de Bar­ce­lone, le PSG a ba­layé Mo­na­co lors d’une ma­gni­fique fi­nale de la Coupe de la Ligue. En France, Pa­ris reste pour l’ins­tant le pa­tron…

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - DE L’UN DE NOS EN­VOYÉS SPÉ­CIAUX DO­MI­NIQUE SÉVÉRAC À DÉ­CINES (RHÔNE)

Et à la fin, c’est Pa­ris qui gagne ! Après une dé­faite en Prin­ci­pau­té (3-1) et un nul au Parc en L1 (1-1), le PSG épingle en­fin Mo­na­co à son ta­bleau de chasse cette sai­son au cours d’une fi­nale de la Coupe de la Ligue ma­gni­fique et in­tense, fé­roce dans ses com­bats, pro­di­gieuse par sé­quences et su­blime à cha­cun de ses buts. Le club du Ro­cher de­meure en course dans trois com­pé­ti­tions mais son suc­cès clin­quant, Pa­ris le doit au­tant à son or­gueil qu’à une force iné­luc­table construite de­puis plu­sieurs sai­sons sur la scène fran­çaise.

LA SCIENCE DES FI­NALES DE UNAI EME­RY

C’est la per­ma­nence d’un des­tin, l’ADN d’un club qui ne laisse rien traî­ner de­puis deux sai­sons avec tous les titres do­mes­tiques dis­po­nibles à la fin dans sa vi­trine. Pa­ris reste un per­cep­teur ponc­tuel en fi­nale. Cette 7e Coupe de la Ligue du PSG trace aus­si tout le che­min qu’il reste à Mo­na­co pour gran­dir. L’ASM, reine du jeu cette sai­son, reste un nain à l’ins­tant d’abor­der une fi­nale. La vi­tesse, le jeu, le pou­voir of­fen­sif ne suf­fisent pas. L’es­prit ha­bi­tait Pa- ris hier, en feu dès les pre­mières mi­nutes.

Comment va-t-on vivre ce souf­flet qui re­tombe en Prin­ci­pau­té, ces pen­dules re­mises à l’heure et ces hypes moins fortes ? Unai Eme­ry a sa pe­tite idée : « Notre vic­toire ne change rien sur les trois points d’avance de Mo­na­co en cham­pion­nat, ex­plique l’en­traî­neur basque du PSG. Mais cette vic­toire nous donne confiance et notre prin­ci­pal ob­jec­tif est de rem­por­ter la Ligue 1. On doit mon­trer à Mo­na­co que l’on est prêts au cas où. Psy­cho­lo­gi­que­ment, c’est vrai­ment bien d’avoir ga­gné cette fi­nale.» Ce 4-1 va boos­ter la fin de sai­son du PSG. Sa froi­deur de fi­nis­seur aux gros bras se­ra tou­jours su­pé­rieure à l’émo­ti­vi­té de Mo­na­co, peut-être pas pré­pa­ré à tant de bon- heur. Mbap­pé a ain­si vé­cu sa pire se­maine de 2017 : une pre­mière ti­tu­la­ri­sa­tion tri­co­lore nor­ma­le­ment com­pli­quée contre l’Es­pagne et un échec de­vant le grand PSG, ogre na­tio­nal. « Nos joueurs sont ha­bi­tués à ga­gner et on était plus mo­ti­vés », ré­sume Eme­ry, im­pla­cable pour l’ASM et dis­cret sur ses mé­rites.

Avec un Di Ma­ria re­ve­nu do­té d’un stock tout neuf de glo­bules rouges de Bo­li­vie où l’Ar­gen­tine a per­du cette se­maine, Pa­ris s’est amu­sé à concas­ser Mo­na­co pa­tiem­ment. A la troi­sième ren­contre, Eme­ry a en­fin trou­vé la so­lu­tion. Il y a chez cet en­traî­neur, en­core plus sûr dé­sor­mais de res­ter à Pa­ris, une science des fi­nales, une re­cette mai­son alors qu’il a rem­por­té trois Ligue Eu­ro­pa (avec le FC Sé­ville) et dé­sor­mais une Coupe de la Ligue.

Ce qui rend le sacre du PSG en­core plus beau et spec­ta­cu­laire, c’est qu’il est ac­quis de­vant ce Mo­na­co si fort jus­qu’à main­te­nant et pas ri­di­cule dans cette fi­nale mais dé­pas­sé. La mi­nute des buts pa­ri­siens dit tout de ce qu’il leur manque : 4e, 44e, 54e, 90e. Les Mo­né­gasques n’ont pas su gé­rer les mo­ments clés d’une ren­contre : le dé­but et la fin de chaque pé­riode. Ce ma­tin, le club du Ro­cher conserve tout ce qu’il avait de plus avant le match : sa pre­mière place, sa pos­si­bi­li­té de dou­blé Coupe de France-cham­pion­nat, son quart de fi­nale de la Ligue des cham­pions. C’est peut-être une po­si­tion plus en­viable mais en at­ten­dant, le pre­mier grand titre de la sai­son, c’est Pa­ris qui l’em­poche.

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