Vous avez dit co­ha­bi­ta­tion…

S’ils ne croient plus aux chances de Fillon, sauf « mi­racle », beau­coup d’élus LR, sar­ko­zystes en tête, es­pèrent en­core une vic­toire de la droite à l’As­sem­blée.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

mu­sique qui monte… Si beau­coup d’élus les Ré­pu­bli­cains ont en­ter­ré tout es­poir de vic­toire de Fran­çois Fillon à la pré­si­den­tielle, ils veulent croire que tout n’est pas fi­chu. Et si leur par­ti ga­gnait les lé­gis­la­tives des 11 et 18 juin ? « Il faut que l’on reste suf­fi­sam­ment unis pour l’em­por­ter à la ma­jo­ri­té re­la­tive. C’est à notre por­tée », mar­tèle un haut res­pon­sable LR, pour qui la pré­sence de Fillon au se­cond tour re­lè­ve­rait du « mi­racle ». Au siège du par­ti, le chiffre de 150 à 200 dé­pu­tés LR élus cir­cule (la ma­jo­ri­té ab­so­lue est à 289). « C’est pour ça qu’Es­tro­si fait la danse du ventre à Ma­cron, c’est sa der­nière chance de de­ve­nir mi­nistre ! » grince un té­nor LR, aga­cé que le pa­tron de la ré­gion Paca ait re­çu hier le lea­deur d’En Marche !

Ce scé­na­rio « à l’es­pa­gnole » qui ver­rait la droite en tête aux lé­gis­la­tives, un homme planche des­sus : Ni­co­las Sar­ko­zy. Hier en­core, l’an­cien pré­sident a confié son in­quié­tude à des fi­dèles. « Il est très pré­oc­cu­pé par les me­naces qui pèsent sur l’al­ter­nance », confie l’un. « Mais il est pos­sible que nous soyons le pre­mier groupe d’une As­sem­blée sans ma­jo­ri­té », constate le même, pour qui la droite de­vra me­ner cam­pagne aux lé­gis­la­tives en di­sant à ses élec­teurs qu’elle im­po­se­ra au pré­sident élu, s’il s’agit d’Em­ma­nuel Ma­cron, de choi­sir son Pre­mier mi­nistre à droite. « J’y crois beau­coup. Si on perd la pré­si­den­tielle, c’est sur un homme, pas sur un pro­gramme », ren­ché­rit un dé­pu­té sar­ko­zyste, pour qui les élec­teurs de droite vou­dront leur re­vanche. « Il ne faut pas écar­ter la pos­si­bi­li­té, non pas d’une co­ha­bi­ta­tion, mais d’une coa­li­tion, avec le risque que ça pète au pre­mier su­jet de désac­cord », abonde le jup­péiste Be­noist Ap­pa­ru. Qui pour Ma­ti­gnon, dans cette hy­po­thèse ? Les noms de Fran­çois Ba­roin, pous­sé par Sar­ko­zy, de Gé­rard Lar­cher ou Bru­no Le Maire re­viennent. Reste à sa­voir qui mè­ne­rait la ba­taille des lé­gis­la­tives… « Sarko va peut-être être obli­gé de re­ve­nir ! » feint de sou­pi­rer un proche. « En cas de dé­faite, il se­ra na­tu­rel­le­ment ce­lui vers qui tout le monde se tour­ne­ra », es­time l’ex-se­cré­taire d’Etat Edouard Cour­tial. L’an­cien pré­sident en a par­lé ces jours-ci avec des membres de sa garde rap­pro­chée.«Ce n’est­pas­so­nin­ten­tion pour l’ins­tant », confie l’un d’eux, ré­ti­cent après le re­tour ra­té d’Alain Jup­pé, et ajoute : « Je crains que ça ne soit une né­ces­si­té col­lec­tive, mais pas son in­té­rêt per­son­nel. » Ce­la sup­pose tou­te­fois que la droite n’ex­plose pas en vol au soir du pre­mier tour de la pré­si­den­tielle si Fillon était éli­mi­né. Car des ten­sions se font dé­jà sen­tir entre ceux qui, comme NKM ou Ch­ris­tian Es­tro­si, ont fait sa­voir qu’ils ap­pel­le­raient à battre Ma­rine Le Pen en vo­tant Ma­cron. Et ceux qui, comme Laurent Wau­quiez, consi­dèrent que ce­la re­vien­drait à « ti­rer une balle dans le cou des can­di­dats LR qui af­fron­te­ront des can­di­dats En Marche ! ».

« Il ne faut pas que ce soit l’hé­mor­ra­gie à droite au soir du 23 avril. C’est là que le padre Sar­ko­zy au­ra un rôle fon­da­men­tal à jouer », sou­rit un sar­ko­zyste. Qui ima­gine dé­jà le ta­bleau : « Ma­cron est un prag­ma­tique. Pour lui, la droite ma­jo­ri­taire, ce se­rait hy­per confort. On se ta­pe­rait le sale bou­lot pen­dant cinq ans… et lui se fe­rait ré­élire après ! »

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