LE DI­MANCHE DES ROIS

C’est une fi­nale de rêve, la même que celle de l’Open d’Aus­tra­lie, que s’offre le tour­noi de Miami : la 37e op­po­si­tion entre deux lé­gendes du ten­nis, Fe­de­rer et Na­dal. Avan­tage au Suisse.

Le Parisien (Paris) - - TENNIS - ÉRIC BRUNA

où tout va trop vite, il est bon de voir le temps sus­pendre son vol… De­puis le dé­but de l’an­née, Ro­ger Fe­de­rer, 35 ans, et Ra­fael Na­dal, 30 ans, re­montent les ai­guilles du cir­cuit ATP. Le Suisse en lé­vi­ta­tion, épous­tou­flant vain­queur du jeune ef­fron­té Kyr­gios (7-6 [11/9], 6-7 [9/11], 7-6 [7/5]) en de­mi-fi­nale, et l’Es­pa­gnol bon­dis­sant se re­trouvent ce soir en fi­nale du Mas­ters 1000 de Miami. Un 37e tête-à-tête… treize ans après leur pre­mier rendez-vous en Flo­ride ! Ave c D j o kov i c puis Mur­ray pour af­fo­ler les chro­nos, les deux an­ciens no 1 mondiaux fai­saient presque dé­jà of­fice de vieux cou­cous. Jus­qu’à ce que l’hor­loge ten­nis­tique perde la bous­sole ces trois der­niers mois. Le doute n’est plus per­mis. Les deux flics amis-amis font de nou­veau la loi. « Ra­fa, c’est mon plus grand ri­val, sou­rit Fe­de­rer. L’af­fron­ter pour la troi­sième fois dé­jà en 2017, ça rap­pelle des sou­ve­nirs… » La ri­va­li­té « Fe­dal » n’est pas la plus pro­li­fique de l’his­toire. Les duet­tistes ont plus sou­vent joué contre Djo­ko­vic (49 fois pour le Ma­jor­quin, 45 pour le Bâ­lois). Mais elle reste la plus em­blé­ma­tique avec Borg-McEn­roe. Une af­fiche de lé­gende qu’on a crue dé­fi­ni­ti­ve­ment sur­an­née pour cause de bul­le­tin mé­di­cal (le dos de l’un, le poi­gnet gauche de l’autre) entre oc­tobre 2015 (fi­nale de Bâle) et jan­vier 2017 (fi­nale de l’Open d’Aus­tra­lie, rem­por­tée par Fe­de­rer). Mais qui risque fort — qui l’eût cru ? — de s’écrire en­core en lettres do­rées cette sai­son. Avant d’en­trer sur le central de Cran­don Park, Fe­de­rer reste sur trois vic­toires d’af­fi­lée sur son meilleur en­ne­mi et semble avoir en­fin trou­vé la mar­tin­gale pour pren- dre l’Ibère à re­vers. D’au­tant que ce­lui-ci, en quatre fi­nales, ne s’est ja­mais im­po­sé à Miami. « J’ai très bien joué contre Ra­fa à In­dian Wells

sou­rit Fede Fe­de­rer. C’est la pre­mière fois que je le bats trois fois de suite. Pour­quoi pas quatre ? »

Mais quelque part, pour les vrais amou­reux du ten­nis, le ré­sul­tat im­porte peu. Comme la der­nière tour­née d’un chan­teur, la re­prise éphé­mère d’un clas­sique du théâtre ou l’ex­po­si­tion tem­po­raire de chefs-d’oeuvre, un Fe­de­rer-Na­dal se dé­guste. Se sa­voure. Hors du temps. Avec cette peur in­di­cible que ce soit le der­nier…

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