On­ze­nuan­ces­de­can­di­dats

Les onze can­di­dats à la pré­si­den­tielle ont ren­dez-vous de­main soir sur BFMTV et CNews pour un exer­cice in­édit. A cha­cun sa mé­thode pour se mettre en jambes.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

ban­nis cette fois du pla­teau à cause du « geek » Fillon, les prin­ci­paux can­di­dats ne cachent pas que le temps risque d’être long, très long de­main soir lors de ce dé­bat à onze.

Alors cha­cun a sa tech­nique pour évi­ter le pire : que les té­lé­spec­ta­teurs zappent à force de mo­no­logues lé­ni­fiants ! Jean-Luc Mélenchon, d’abord, veut faire le show, comme le 20 mars sur TF 1. « Notre can­di­dat a l’ins­tinct de la ré­par­tie et le sens de la for­mule. Il se pré­pare quelques bonnes pun­chlines ! » vante Da­nielle Si­mon­net, l’une de ses proches, « le mo­ral au beau fixe » à la vue des son­dages. Que François Fillon se mé­fie : « On l’a presque dé­pas­sé. La pro­chaine étape, c’est Macron et Le Pen ! » clame-t-elle.

Benoît Hamon, dis­tan­cé dans les son­dages, sait qu’il doit se ré­veiller… mal­gré le dé­ca­lage ho­raire (il était sa­me­di à la Réunion). « Le pre­mier dé­bat était mi­ti­gé car il sor­tait du dis­cours de sa vie à Ber­cy », avoue son en­tou­rage. Le can­di­dat du PS, qui a com­men­cé à plan­cher avec son équipe dès mer­cre­di, pré­pare donc un coup pour le tout dé­but de l’émis- sion. Quoi donc ? Si­lence ra­dio ! Em­ma­nuel Macron joue aus­si les mys­té­rieux. « Vous ne sau­rez rien. Quand on dîne au res­tau­rant, on ne vi­site pas les cui­sines », élude son porte-pa­role Ben­ja­min Gri­veaux. François Fillon, lui, feint la dé­con­trac­tion des vieux rou­tiers de la po­li­tique. Il en est à son cin­quième dé­bat té­lé­vi­sé de­puis la pri­maire de la droite. Pas de pré­pa­ra­tion spé­ci­fique donc, à part les notes de ses conseillers. Cette fois, il ne s’en­traî­ne­ra pas ave c d e s s p a r r i n gpart­ners. Trop com­pli- qué à onze. « Le dé­pu­té Ma­chin peut res­pi­rer, il n’au­ra pas à jouer un pe­tit can­di­dat ! » ri­gole-t-on à son QG. Ma­rine Le Pen, en­fin, semble y aller à re­cu­lons. « Ils ont 14 mi­nutes cha­cun, c’est une émis­sion de va­rié­tés pour faire le buzz… » sou­pire son équipe. C’est pour les « pe­tits » can­di­dats que l’en­jeu est le plus im­por­tant. A com­men­cer par Ni­co­las Du­pont-Ai­gnan, qui es­père si­phon­ner les voix de Fillon. Pour s’en­traî- ner, il a une mé­thode bien à lui : « Sur­tout pas de pré­pa­ra­tion, sauf du sport ! C’est un exer­cice de sin­cé­ri­té, pas de com­mu­ni­ca­tion. Il faut être soi-même », clame le pa­tron de De­bout la France, qui ne veut pas être coa­ché par des conseillers car, dit-il, « on n’élit pas un ven­tri­loque ». L’autre can­di­date, Na­tha­lie Ar­thaud, se dé­fend d’être une no­vice. « On a dé­jà fait deux fois le 20 Heures ! », in­siste son en­tou­rage. La can­di­date de Lutte ou­vrière at­ta­que­ra Mélenchon qui se prend, se­lon elle, pour « le sau­veur­su­prême».El­le­ne­veut­pas­faire un show mais… s’adres­ser sans sur­prise « aux tra­vailleurs ». « N’at­ten­dez pas de moi un coup mé­dia­tique, pas le style. Je n’en­vi­sage pas un strip-tease », pré­vient-elle. Macron, en­fin, fe­rait bien de se mé­fier d’un mis­sile qu’il ne voit pas for­cé­ment ve­nir : Jacques Che­mi­nade. Qui veut rap­pe­ler son bi­lan de­main à l’an­cien bras droit de François Hollande. On l’igno­rait mais, quand il était à l’Ely­sée, Macron l’a re­çu quatre fois pour évo­quer ses pro­po­si­tions

ban­caires. Sans suite…

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