Le plan du gou­ver­ne­ment à 1Md€ re­je­té en Guyane

Le col­lec­tif ré­clame 2,5 Mds€ d’in­ves­tis­se­ments de l’Etat. La grève gé­né­rale se pour­suit.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE -

réunie de­vant la pré­fec­ture de Cayenne ac­clame les membres du col­lec­tif qui re­joignent la dé­lé­ga­tion mi­nis­té­rielle pour une ul­time ren­contre. Il est 18 h 30 hier (23 h 30 heure de Pa­ris). Après des heures de né­go­cia­tions, plu­sieurs fois in­ter­rom­pues, le col­lec­tif doit don­ner sa ré­ponse concer­nant le plan du gou­ver­ne­ment à 1 Md€ pré­sen­té sa­me­di, et ajus­té la nuit sui­vante après de longues dis­cus­sions noc­turnes. Un quart d’heure plus tard, la dé­lé­ga­tion res­sort après avoir dit « non » aux pro­po­si­tions. La grève gé­né­rale se pour­suit.

Le col­lec­tif ré­clame 2,5 Md€ à l’Etat. S’il a re­con­nu des avan­cées dans le do­maine de la sé­cu­ri­té et de l’éco­no­mie, il juge in­suf­fi­santes les pro­po­si­tions sur les ques­tions de la san­té et de l’édu­ca­tion. La mi­nistre de l’Outre-Mer, Eri­cka Ba­reigts a dit « être al­lée au bout du che­min. Il y a beau­coup de su­jets avec des avan­cées si­gni­fi­ca­tives », a-t-elle dé­cla­ré. Elle a de­man­dé au col­lec­tif de mettre fin à la grève « pour que les en­tre­prises fonc­tionnent à nou­veau et pour que les en­fants re­tournent à l’école ». En vain. La mi­nistre doit ren­trer à Pa­ris pour une réunion au­jourd’hui avec le Pre­mier mi­nistre et les mi­nistres concer­nés. « Nous al­lons conti­nuer à travailler », a-t-elle pro­mis. Le mouvement so­cial a dé­mar­ré en Guyane, ce ter­ri­toire fran­çais si­tué en Amé­rique du Sud, grand comme l’Au­triche, il y a deux se­maines. Il est ba­sé sur des re­ven­di­ca­tions sé­cu­ri­taires, éco­no­miques et so­ciales. Il est no­tam­ment conduit par le mouvement des cinq cents frères, qui sont tous en­ca­gou­lés sauf le por­te­pa­role, Mi­ckaël Man­cée, un père de fa­mille de 33 ans.

Mar­di der­nier, jour­née morte, près de 12 000 per­sonnes ont ma­ni­fes­té en Guyane, du ja­mais vu. En fin de se­maine der­nière, Eri­cka Ba­reigt et Mat­thias Fekl, le mi­nistre de l’In­té­rieur, ont en­ta­mé les né­go­cia­tions sur place. Après les ex­cuses de la mi­nistre au peuple guya­nais au nom de l’Etat fran­çais, les dis­cus­sions se sont dé­rou­lées dans un cli­mat plus se­rein. Elles n’ont ce­pen­dant pas per­mis de sor­tir de la crise.

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