143 000

Les sans-abri sont de plus en plus nom­breux. La Fon­da­tion Ab­bé Pierre dé­voile au­jourd’hui un plan pour que plus per­sonne ne dorme dans la rue d’ici à dix ans.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ -

FAP. Des­ti­né à in­ter­pel­ler les can­di­dats à la pré­si­den­tielle, le plan —dont le coût n’est pas chif­fré — s’ap­puie sur « six le­viers prin­ci­paux » qui doivent être ac­tion­nés « si­mul­ta­né­ment et du­ra­ble­ment » : de la créa­tion de nou­velles places en centre d’ac­cueil pour de­man­deurs d’asile à la mo­bi­li­sa­tion du parc pri­vé. Pierre consi­dère qu’il fau­drait par­ve­nir à 150 000 par an. Des ap­par­te­ments qui, contrai­re­ment aux idées re­çues, sont en grande par­tie fi­nan­cés par les loyers et les fonds propres des bailleurs. Leur construc­tion né­ces­site aus­si des sub­ven­tions de l’Etat, les aides à la pierre, ju­gées in­suf­fi­santes : 250 M€ l’an­née der­nière.

Aug­men­ter le nombre de HLM, oui, mais pas n’im­porte les­quelles, en­joint encore la FAP : celles vrai­ment so­ciales (les prêts lo­ca­tifs ai­dés d’in­té­gra­tion, ou Plai, et les prêts lo­ca­tifs à usage so­cial, ou Plus, aux loyers les plus bas), en don­nant la prio­ri­té aux fa­milles en grande dif­fi­cul­té. Dans un rap­port pu­blié en fé­vrier, la Cour des comptes re­le­vait que le parc so­cial mo­bi­lise pour ces mé­nages « à peine 40 % de sa ca­pa­ci­té ». Dans le pri­vé, alors que la trêve hi­ver­nale a pris fin sa­me­di et que des fa­milles vont de nou­veau se re­trou­ver sous la me­nace d’ex­pul­sions, la Fon­da­tion Ab­bé Pierre es­time né­ces­saire d’of­frir aux pro­prié­taires une vé­ri­table ga­ran­tie contre les im­payés de loyer, comme celle pré­vue par la loi Alur mais fi­na­le­ment aban­don­née.

« Ex­pul­ser, c’est la plus mau­vaise des so­lu­tions. Or, on le fait de plus en plus. En 2015, on a bat­tu un re­cord : 14 400 pro­cé­dures avec re­cours à la force pu­blique, soit 24 % de plus que l’an­née d’avant », souligne Ma­nuel Do­mergue. C’est éga­le­ment en ce mo­ment que les hé­ber­ge­ments spé­cia­le­ment ou­verts pen­dant l’hi­ver pour les SDF ferment. Mi-mars, la mi­nistre du Lo­ge­ment, Em­ma­nuelle Cosse, a an­non­cé la créa­tion de 5000 lits sup­plé­men­taires dis­po­nibles toute l’an­née, ce qui por­te­ra à plus de 125 000 ces places dites d’ur­gence. Une po­li­tique qui coûte cher : 1,3 Md€ en 2015, dont une par­tie en­glou­tie dans des nuits d’hô­tel, faute d’autres so­lu­tions pé­rennes pour les sans-abri.

La Fon­da­tion plaide, elle, plu­tôt pour le dé­ve­lop­pe­ment de dis­po­si­tifs pro­po­sant de vrais lo­ge­ments, comme les pen­sions de fa­mille (

qui offrent plus de sta­bi­li­té et aident même les grands ex­clus à re­prendre pied. « Au fi­nal, on au­rait des coûts évi­tés pour des so­lu­tions plus per­ti­nentes et plus du­rables », com­mente Ch­ris­tophe Ro­berte, dé­lé­gué gé­né­ral de la FAP.

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