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On raf­fole des fraises, des Sch­troumpfs et du ré­glisse… mais gare aux excès pour notre or­ga­nisme.

Le Parisien (Paris) - - SANTÉ - ELSA MA­RI

n ne peut s’em­pê­cher d’y plon­ger la main. Un bon­bon puis deux, puis trois… « C’est le der­nier », pro­met-on, un brin cou­pable, « bon, vrai­ment, j’ar­rête ». Et on fi­nit par s’em­por­ter, presque écoeu­ré : « Mais qui a mis ça là ? » En France, pe­tits et grands raf­folent de ces fraises, ré­glisses, gé­la­tines mul­ti­co­lores qui collent aux lèvres. Alors que Ha­ri­bo fête ses 50 ans, le lea­deur de la confi­se­rie a ré­vé­lé un chiffre d’af­faires tou­jours en hausse, à 250 M€ en 2016. Pour­tant, non, les bon­bons ne sont pas si bons. En tout cas, pas pour la san­té. Pas ques­tion de se pri­ver, mais il faut li­mi­ter la fré­quence de ses frin­gales su­crées. Si le bon­bon ai­guise nos sens, il at­taque aus­si nos dents. « Les bac­té­ries se nour­rissent du sucre lais­sé des­sus et sé­crètent un acide qui les dé­truit », ex­plique Jé­rôme Cayatte, den­tiste en ré­gion pa­ri­sienne. Autre ten­dance né­faste pour nos que­nottes, celles des bon­bons « ul­tra-acides ». Les en­fants raf­folent de ces confi­se­ries « qui piquent » et « obligent à faire la gri­mace ». Les marques ont donc lan­cé leur gamme pour rat­tra­per le pré­cur­seur, les Têtes brû­lées. Mais l’aci­di­té abîme l’émail de nos dents et mul­ti­plie le risque de ca­ries. « At t e n t i o n a u x im­plants, une fois adulte », pré­vient le doc­teur Ré­gi­nald Al­louche. « On a tous un ca­pi­tal à main­te­nir. » Seule so­lu­tion, se bros­ser les dents dix à trente mi­nutes après en avoir ava­lé.

ICette pe­tite phrase, lan­cée par les en­fants en choui­nant, est fré­quente après une raz­zia de frian­dises. « L’aci­di­té a un ef­fet abra­sif sur la pa­roi de l’es­to­mac. Il le ronge un peu, comme un ul­cère », pré­vient le nu­tri­tion­niste Ra­phaël Gru­man. Le gour­mand peut alors souf­frir d’ai­greur d’es­to­mac et de re­flux gas­trique. Une gêne qui peut être res­sen­tie au ni­veau de l’oe­so­phage. D’autres symp­tômes, en fonc­tion de la dose in­gur­gi­tée, peuvent ap­pa­raître : bal­lon­ne­ments, diar­rhées et sen­sa­tion de nau­sées. Les adultes Lors­qu’on mange des bon­bons, notre pic gly­cé­mique aug­mente. « L’hor­mone de l’in­su­line est sé­cré­tée et elle fait en­trer le sucre du sang di­rec­te­ment dans les cel­lules. Il y en a alors moins dans le sang, pro­vo­quant une pe­tite hy­po­gly­cé­mie », confirme le doc­teur Ré­gi­nald Al­louche. Si les en­fants en mangent quelques-uns et courent se dé­pen­ser, ils ne res­sen­ti­ront pas ce pe­tit coup de pompe. L’excès de sucre peut em­me­ner vers le pré­dia­bète, sur­tout si on est sé­den­taire. « Ce­la n’est pas ir­ré­ver­sible mais, si on dé­passe 1,26 g/litre de sang à deux re­prises à quinze jours d’in­ter­valle, là on est dia­bé­tique de type 2 et on ne peut plus revenir en ar­rière », pré­cise Ré­gi­nald Al­louche, au­teur de « la Mé­thode anti-dia­bète ». Evi­dem­ment ce­la dé­pend des or­ga­nismes. Mais avec un excès de bon­bons, les pro­téines qui consti­tuent la peau et les vais­seaux san­guins vont se com­bi­ner avec le sucre et la dé­té­rio­rer. Elle risque alors d’être moins élas­tique.

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