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L’im­pres­sion­nante vic­toire face à Mo­na­co, en fi­nale de la Coupe de la Ligue, re­donne de l’es­poir au PSG. Pa­ris peut rê­ver d’une riche fin de sai­son, même si l’ASM n’a pas dit son der­nier mot.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - YVES LE­ROY ET DO­MI­NIQUE SÉVÉRAC

otre sai­son com­mence au­jourd’hui. » Mal­gré ce dé­cret pré­si­den­tiel de Nas­ser AlK­he­laï­fi, la dé­mons­tra­tion contre Mo­na­co en fi­nale de la Coupe de la Ligue (4-1) n’ef­fa­ce­ra pas l’éli­mi­na­tion à Bar­ce­lone. Mais dès mer­cre­di à Caen, en Coupe de France face à Avranches (Na­tio­nal), le club de la ca­pi­tale peut quand même pour­suivre sa route vers un troi­sième qua­dru­plé na­tio­nal consé­cu­tif : les deux coupes, le tro­phée des cham­pions et la Ligue 1. Ce der­nier dé­fi est bien sûr le plus dif­fi­cile et le plus pal­pi­tant. Pa­ris de­vra sans doute ga­gner ses 8 derniers matchs pour es­pé­rer dé­pas­ser Mo­na­co, qui compte trois points d’avance et une meilleure dif­fé­rence de buts (+61 contre + 39). La marge est in­fime, mais de­puis sa­me­di, l’es­poir re­naît. Les dé­cla­ra­tions d’après-fi­nale illus­trent l’état d’es­prit re­van­chard de tout un club. « On a re­çu beau­coup d’in­sultes ces derniers temps, a ta­clé Mar­co Ver­rat­ti sur Canal +. De­puis quatre ans, on a tout ga­gné, mais quand j’en­tends par­ler du PSG, on di­rait qu’on a fait de la merde. » « On est par­fois ma­lades, mais on n’est pas morts », a com­plé­té Nas­ser AlK­he­laï­fi. L’iden­ti­té de l’ad­ver­saire est un autre mo­tif de sa­tis­fac­tion. « Tout le monde ré­pète qu’on n’a pas bat­tu Mo­na­co », s’aga­çait Ke­vin Trapp avant le match. Les Pa­ri­siens ont vu avec un peu de ja­lou­sie l’attention et l’in­té­rêt se dé­pla­cer vers la prin­ci­pau­té cette sai­son. Le PSG sait aus­si que s’il laisse fi­ler le titre et/ou la Coupe de France, la su­perbe soi­rée de sa­me­di n’em­pê­che­ra pas de consi­dé­rer cette sai­son comme une ré­gres­sion. Avec 40 buts en 40 matchs of­fi­ciels, l’Uru­guayen est en avance sur la sai­son du re­cord d’Ibra­hi­mo­vic au PSG (50 buts en 50 matchs, toutes com­pé­ti­tions confon­dues). A la même époque l’an der­nier, le Sué­dois avait ins­crit 38 buts en 41 ren­contres. Ca­va­ni ne réus­sit pas tout, à l’image d’une pre­mière pé­riode confuse à Lyon, mais son dou­blé et son vo­lume de jeu après une cou­pure in­ter­na­tio- nale éprou­vante, forcent l’ad­mi­ra­tion. L’Uru­guayen est un com­bat­tant su­blime et achar­né, un bu­teur ré­gu­lier comme un hor­lo­ger suisse. « Edi veut res­ter au PSG », a ras­su­ré au Parc OL le pa­tron du club. L’at­ta­quant in­carne la meilleure chance du PSG de se suc­cé­der à lui-même pour un 5e titre de cham­pion d’af­fi­lée alors que Mo­na­co va perdre de l’éner­gie à lutter dans toutes les com­pé­ti­tions. Les sa­la­riés de la Ligue, or­ga­ni­sa­trice de la fi­nale, ont été sur­pris par la fran­chise d’Oli­vier Lé­tang, le di­rec­teur spor­tif du PSG. Ce der­nier ne s’en cache plus et le confiait à cha­cun des in­ter­lo­cu­teurs qu’il croi­sait : il va pro­chai­ne­ment quit­ter le PSG. Ce dé­part im­mi­nent d’un di­ri­geant im­por­tant du PSG sous pa­villon qa­ta­rien (Leo­nar­do l’avait re­cru­té) marque une sorte de fin de cycle.

Par­mi les joueurs, des mé­con­tents, des fins de contrat, des gar­çons aux en­vies d’ailleurs vont quit­ter le club, obli­gé de re­battre les cartes de son ef­fec­tif.

Mal­gré ces ti­raille­ments, des ini­mi­tiés de tra­vail (Lé­tang et Klui­vert), des états d’âme (le dis­cours va­riable de Ver­rat­ti), des doutes après Bar­ce­lone, tout le PSG réus­sit à se re­mo­bi­li­ser les soirs de titre. C’est l’union sa­crée quand il s’agit de gla­ner un nou­veau tro­phée et les ac­co­lades de fin de match entre les joueurs et le staff ou les joueurs et les di­ri­geants n’ont pas pa­ru seule­ment de cir­cons­tance. Cette so­li­da­ri­té mal­gré des dé­si­rs in­di­vi­duels vau­dra de l’or à l’ins­tant du sprint fi­nal.

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