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S’ils ont été en par­tie sup­plan­tés par le crowd­fun­ding, les bu­si­ness an­gels res­tent tou­jours aus­si ac­tifs dans le fi­nan­ce­ment des start-up.

Le Parisien (Paris) - - ÉCO - JEAN-MARC ENGELHARD

ecueillir des fonds sous forme de prêts par le biais de plates-formes de crowd­fun­ding semble de­ve­nu le nou­vel El­do­ra­do pour les en­tre­pre­neurs en herbe. Un mode de fi­nan­ce­ment al­ter­na­tif en plein boom : se­lon le ba­ro­mètre de la fi­nance par­ti­ci­pa­tive dé­voi­lé le 21 fé­vrier par KPMG et l’as­so­cia­tion Fi­nan­ce­ment par­ti­ci­pa­tif France (FPF), les prêts col­lec­tés par ce biais ont aug­men­té de 46 % entre 2015 et 2016 ! « Le prin­cipe, c’est de pa­rier sur l’ef­fet de masse plu­tôt que de convaincre un ou deux bailleurs de fonds », note Ge­ne­viève Bou­ché, consul­tante au­près d’in­ves­tis­seurs et de di­ri­geants d’en­tre­prise.

Un moyen de fi­nan­ce­ment si po­pu­laire qu’il en fe­rait presque ou­blier le rôle spé­ci­fique des bu­si­ness an­gels, ces par­ti­cu­liers in­ves­tis­sant leur ar­gent per­son­nel dans le dé­ve­lop­pe­ment des jeunes pousses. « Il y a un ef­fet de mode », re­con­naît Tan­guy de la Fou­char­dière, pré­sident de France An­gels, fé­dé­ra­tion re­grou­pant 76 ré­seaux de bu­si­ness an­gels en France. C’est un pro­blème ? « Non, as­sure ce­lui-ci. Comme les prêts d’amor­çage de Bpi­france ou les fonds d’in­ves­tis­se­ment ré­gio­naux, ils sont com­plé­men­taires à l’ap­port des bu­si­ness an­gels. » Si le crowd­fun­ding est la source de fi­nan­ce­ment du mo­ment, cer­tains en­tre­pre­neurs conti­nuent ce­pen­dant de pré­fé­rer re­cou­rir à des bu­si­ness an­gels. A ce­la plu­sieurs rai­sons. « Ils pro­posent un ac­com­pa­gne­ment étroit, ce qui n’est pas le cas des plates-formes de crowd­fun­ding », pointe Tan­guy de la Fou­char­dière. Les anges veillent au grain, évi­tant aux jeunes créa­teurs d’en­tre­prise des er­reurs qui peuvent coû­ter cher et n’hé­sitent pas à par­ta­ger leur car­net d’adresses. « Le taux d’échec des en­tre­prises ac­com­pa­gnées par un bu­si­ness an­gel est deux fois in­fé­rieur à ce­lui des so­cié­tés qui ne le sont pas », constate encore Tan­guy de la Fou­char­dière. Reste que le mon­tant de leurs in­ves­tis­se­ments pa­raît encore mo­deste : 41 M€ en 2015, pour les 4 500 membres du ré­seau France An­gels. « C’est dix fois in­fé­rieur à ce qu’il fau­drait pour avoir un tis­su en­tre­pre­neu­rial ré­ac­tif. Au­jourd’hui, ce sont les Amé­ri­cains et les Chi­nois qui ont les moyens de s’em­pa­rer des star­tup les plus pro­met­teuses », ana­lyse Ge­ne­viève Bou­ché. De son cô­té, Tan­guy de la Fou­char­dière souligne qu’il ne s’agit que de mises des­ti­nées à lan­cer une ac­ti­vi­té. « Il y a un ef­fet de le­vier : l’in­ves­tis­se­ment des bu­si­ness an­gels en­traîne les autres acteurs du fi­nan­ce­ment à faire confiance aux en­tre­pre­neurs. »

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