Pour­quoi Fillon le pi­lonne

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PAR OLI­VIER BEAU MONT ET VA­LÉ­RIE HA CO T @oli­vier­beau­mont et @vha­cot1

« MON INS­TINCT me trompe ra­re­ment. Et mon ins­tinct com­mence à me dire que ça va bien se ter­mi­ner… » Cette confi­dence, li­vrée par Fran­çois Fillon, il y a quelques jours, à un membre de son équipe de cam­pagne, en dit long sur son état d’es­prit. Le can­di­dat de la droite en est per­sua­dé : il peut ré­édi­ter la sur­prise de la pri­maire de no­vembre, rem­por­tée, au nez et à la barbe de Ni­co­las Sar­ko­zy et d’Alain Jup­pé… Dé­jouant ain­si tous les pronostics. SON « ASSURANCE SUR­VIE » « Au bout du compte, les élec­teurs, même s’ils sont in­dé­cis au­jourd’hui, vont fi­nir par re­ve­nir à la mai­son », se per­suade Luc Cha­tel. Mais com­ment les convaincre ? D’abord en at­ta­quant son prin­ci­pal ri­val, Em­ma­nuel Ma­cron, dont Fran­çois Fillon veut dé­non­cer « toute l’am­bi­guï­té » : « Une su­per­che­rie qui fait sem­blant d’être un dis­si­dent en se pré­sen­tant contre le PS. » En­suite, en mul­ti­pliant les mee­tings d’ici au pre­mier tour, comme di­manche pro­chain, à Pa­ris, où « au moins 20 000 per­sonnes » se­raient at­ten­dues. Mais aus­si en dé­fen­dant son pro­jet, « son assurance vie… ou plu­tôt son assurance sur­vie », iro­nise l’un de ses proches.

Les son­dages qui font de Ma­cron le fa­vo­ri ? Les équipes Fillon pré­fèrent se raccrocher aux ar­gu­ments de nou­veaux ve­nus sur le mar­ché de la pré­dic­tion élec­to­rale. Sur le site GOV, où les in­ter­nautes donnent eux-mêmes leur avis sur les can­di­dats sans être con­tac­tés au préa­lable, Fillon truste la pre­mière place avec 58 % d’opi­nions fa­vo­rables. Le ca­na­dien Fil­te­ris, qui consigne le poids nu­mé­rique des can­di­dats, qua­li­fie, lui, Fillon pour le se­cond tour de l’élec­tion, der­rière Ma­rine Le Pen. « Ils avaient pré­dit la vic­toire de Fillon à la pri­maire et celle de Trump aux Etats-Unis », sou­ligne un fillo­niste. Reste que Fil­te­ris me­sure le buzz mé­dia­tique en­re­gis­tré par les can­di­dats, qu’il soit bon ou mau­vais. Ses pré­dic­tions sont donc su­jettes à cau­tion.

Der­nière lueur d’es­poir pour les lieu­te­nants de Fillon : le vote ca­ché. « Les gens n’ont pas en­vie de dire qu’ils votent pour Fran­çois Fillon », as­su­rait la se­maine der­nière la dé­pu­tée Va­lé­rie Boyer. Une fa­çon de dire que le cham­pion de la droite se­rait en réa­li­té beau­coup plus haut dans les in­ten­tions de vote.

Fran­çois Fillon est per­sua­dé qu’il peut ré­édi­ter la sur­prise de la pri­maire.

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