Ma­cron d’ une pru­dence de Sioux

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - PAR PAU­LINE THÉVENIAUD @Pau­li­ne_Th IL NOUS A REDIT QU’IL FAL­LAIT QUE L’ON RESTE TRÈS CONCEN­TRÉS, QU’IL NE FAL­LAIT PAS CROIRE GA­GNÉ” QUE C’ÉTAIT UN PROCHE DE MA­CRON

« LA PLACE de chal­len­geur, elle nous va très bien ! » nous confiait un proche d’Em­ma­nuel Ma­cron, il y a quelques mois. De la po­si­tion de fa­vo­ri, le can­di­dat ne veut pas ! Car le voi­là qui concentre les flèches de ses concur­rents. Fran­çois Fillon, Be­noît Ha­mon, Jean-Luc Mé­len­chon, Ma­rine Le Pen : tous le ciblent, met­tant du même coup le can­di­dat d’En Marche !… au centre du jeu.

Avec son ri­val LR, qui lui dis­pute la qualification pour le se­cond tour, la ten­sion a at­teint des som­mets ce week-end. Dans le camp Ma­cron, on as­sure ne pas vou­loir en­trer dans ce jeu. Et pour­tant… Sa­me­di, lors de son mee­ting au parc Cha­not de Mar­seille (Bouches-du-Rhône), Ma­cron a pi­lon­né Fillon. En cou­lisses aus­si, on rend coup pour coup. « Fillon est de­ve­nu tellement in­au­dible, que seule la par­tie né­ga­tive sub­merge. Quand on est ato­mi­sé, quand on est dans la cave, dans les cordes, alors on verse des sauts de m… sur son concur­rent. C’est une cas­sure dans la cam­pagne », étrille un pi­lier d’En Marche !. L’ex-mi­nistre de Fillon, ral­liée à Ma­cron, Ma­rie-Anne Mont­champ, as­sène : « Fillon est en mode des­pe­rate.C’ est comme s’il pré­pa­rait un se­cond tour sans lui, avec comme idée sous-ja­cente : Après moi, le

dé­luge ! »

Pru­dence est tou­te­fois mère des ver­tus. Pas ques­tion de fan­fa­ron­ner ! Il y a bien eu « un pe­tit mo­ment de si­dé­ra­tion » (heu­reuse) au QG, lorsque Ma­cron a com­men­cé à de­van­cer Ma­rine Le Pen dans les in­ten­tions de vote de pre­mier tour. « Mais de­puis, on est au bou­lot, comme si c’était un non-su­jet », cer­ti­fie un per­ma­nent du mou­ve­ment.

Au re­tour de son dé­pla­ce­ment à la Réunion, la se­maine der­nière, Ma­cron amis ses troupes en garde contre tout ex­cès de confiance. « Il nous a redit qu’il fal­lait que l’on reste très concen­trés, qu’il ne fal­lait pas croire que c’était ga­gné », confie un membre du pre­mier cercle. « Je reste un outsider », a-t-il en­core af­fir­mé hier, dans les co­lonnes du « Monde ». Pré­cau­tions d’au­tant plus né­ces­saires que son élec­to­rat est vo­la­til.

Ce week-end, Ma­cron a donc ap­pe­lé ses troupes à « trois se­maines de mo­bi­li­sa­tion achar­née », se pla­çant plus que ja­mais en rem­part contre le Front na­tio­nal. « Il faut que l’on soit très ac­tifs, très pré­sents. On mise beau­coup sur le mou­ve­ment », abonde l’un des es conseillers. Se­lon le même, 8 000 évé­ne­ments En Marche ! sont ain­si pré­vus par­tout en France cette se­maine. Ob­jec­tif : conqué­rir les in­dé­cis, plus nom­breux que ja­mais, et convaincre les po­ten­tiels abs­ten­tion­nistes de se rendre aux urnes. « Du ter­rain, du ter­rain, du ter­rain », scande un cadre. A l’image d’Alexandre Ai­da­ra, ré­fé­rent en Seine-Saint­De­nis, qui compte or­ga­ni­ser 100 porte-à-porte dans les quar­tiers po­pu­laires d’ici au pre­mier tour. Un membre de l’équipe ré­sume : « On reste dans la peau du chal­len­geur. »

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