Ce­trè­sin­fluentM.Sun

Bien que soup­çon­né par la DGSI d’être un agent de Pé­kin, l’ac­tuel pré­sident du Conseil re­pré­sen­ta­tif des as­so­cia­tions asia­tiques de France est très in­tro­duit dans les cercles po­li­tiques.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - JEAN-MI­CHEL DÉCUGIS ET ÉRIC PELLETIER (AVEC OLI­VIER BEAU­MONT ET PAU­LINE THÉVENIAUD)

au juste Jacques Sun ? La bio­gra­phie du pré­sident du Conseil re­pré­sen­ta­tif des as­so­cia­tions asia­tiques de France (Craaf) est scru­tée à la loupe de­puis que nous avons ré­vé­lé qu’il était consi­dé­ré par la DGSI (Di­rec­tion gé­né­rale de la sé­cu­ri­té in­té­rieure), le contre-es­pion­nage fran­çais, comme un agent d’in­fluence chi­nois. Voire un espion. Ven­dre­di, ce chef d’en­tre­prise im­plan­té dans la ré­gion pa­ri­sienne ren­con­trait pour­tant Em­ma­nuel Ma­cron, le can­di­dat d’En Marche !

Lu­nettes cer­clées, vi­sage lisse : son phy­sique fluet est ap­pa­ru au grand jour à l’oc­ca­sion des ma­ni­fes­ta­tions or­ga­ni­sées par la com­mu­nau­té après la mort d’un père de fa­mille chi­nois de 56 ans, lors d’une in­ter­ven­tion po­li­cière, le 26 mars, dans le XIXe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris. Di­manche, près de 6 000 per­sonnes dé­fi­laient en­core à sa mé­moire, place de la Ré­pu­blique. Deux ser­vices de ren­sei­gne­ment fran­çais — la DGSI (na­tio­na­le­ment) et la DRPP à Pa­ris (Di­rec­tion du ren­sei­gne­ment de la pré­fec­ture de po­lice de Pa­ris) — se sont alar­més d’une ten­ta­tive de re­prise en main d’un mou­ve­ment lar­ge­ment in­for­mel par des « pro­tec­teurs » au pas­sé ju­di­ciaire char­gés, mais aus­si par des re­lais du ré­gime chi­nois. Par­mi eux fi­gure Jacques Sun, se­lon la DGSI. A l’évi­dence, cet homme d’af­faires qui a pi­gnon sur rue — il tra­vaille no­tam­ment dans l’im­mo­bi­lier et gère trois res­tau­rants à Pa­ris — se ré­vèle très in­tro­duit dans le mi­lieu po­li­tique fran­çais. Il a même été char­gé de mis­sion à l’UMP (de­ve­nue les Ré­pu­bli­cains), au titre de re­pré­sen­tant de la com­mu­nau­té asiatique. Se­lon nos in­for­ma­tions, il a ob­te­nu ce titre dès 2009, au sein d’un par­ti qui lui avait oc­troyé une ligne fixe et une adresse élec­tro­nique. II au­rait été pré­sen­té à l’UMP par un res­tau­ra­teur d’ori­gine asiatique de Neuilly-sur-Seine, ce der­nier se di­sant proche de Ni­co­las Sar­ko­zy, alors pré­sident de la Ré­pu­blique. Au­jourd’hui, Jacques Sun n’oc­cupe plus au­cune fonc­tion au sein de LR.

Ces der­niers mois, l’homme d’af­faires a ren­con­tré des res­pon­sables po­li­tiques de pre­mier plan, dont Bernard Ca­ze­neuve, à l’époque où il était en­core mi­nistre de l’In­té­rieur, et Alain Jup­pé, alors can­di­dat à la pri­maire de la droite. Après la dé­faite de ce der­nier, Jacques Sun a cher­ché à se rap­pro­cher de Fran­çois Fillon. Le 17 mars, le pré­sident du Craaf se trou­vait ain­si au QG du can­di­dat de la droite, aux cô­tés no­tam­ment de Pierre Da­non, char­gé de la so­cié­té ci­vile, et du dé­pu­té Bernard De­bré pour une ren­contre avec la com­mu­nau­té chi­noise. Si­no­phile et chef de ser­vice à l’hô­pi­tal de Shan­ghai, le pro­fes­seur Bernard De­bré est à l’ori­gine de cette réunion. « Il y a quelques mois, une de mes connais­sances, une scien­ti­fique chi­noise, m’a de­man­dé de

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