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Ba­sée à Ga­gny (Seine-Saint-De­nis), cette en­tre­prise s’oc­cupe de l’élec­tri­fi­ca­tion du sys­tème de son­ne­rie de cloche des églises et de cer­tains édi­fices.

Le Parisien (Paris) - - LE JOURNAL DE PARIS -

de la so­cié­té se tar­guer d’une per­for­man­ce­peu­com­mune:ila in­ven­té un mé­tier. Mieux, jus­qu’au dé­but des an­nées 2000, son job ne por­tait même pas de nom et le fon­da­teur est mort avant de voir son ac­ti­vi­té en­trer dans le dic­tion­naire. Sans le sa­voir donc, Emile Ma­mias était cam­pa­niste.

Sa so­cié­té est née en 1927 suite à une de­mande du cu­ré de Ga­gny, sa ville de ré­si­dence, qui cher­chait à as­su­rer les son­ne­ries des cloches de ma­nière au­to­ma­tique. Emile Ma­mias, in­gé­nieur de for­ma­tion, mit au point le pre­mier mo­teur de vo­lée élec­tro­mé­ca­nique. Avec plu­sieurs mil­liers de com­munes en France, le jeune créa­teur d’en­tre­prise y vit là un for­mi­dable fi- lon qui lui per­mit, une fois son sys­tème bre­ve­té, de se dé­ve­lop­per ra­pi­de­ment et d’élec­tri­fier les son­ne­ries des plus grandes églises : après Notre-Dame à Pa­ris, la so­cié­té s’est ain­si oc­cu­pée de qua­si­ment toutes les ca­thé­drales de France comme Chartres, Reims… Il sui­vit la co­lo­ni­sa­tion et tra­vailla ain­si à Ha­noï et au Li­ban. Par ex­ten­sion, la so­cié­té se spé­cia­li­sa aus­si dans l’hor­lo­ge­rie d’édi­fice.

« Au plus fort de son ac­ti­vi­té, l’en­tre­prise comp­tait 90 per­sonnes, dé­taille Sté­phane Pa­jot, le di­rec­teur. Au to­tal, elle a élec­tri­fié une église sur deux en France ». Dans les an­nées 1960, après le dé­cès du fon­da­teur, l’en­tre­prise est ra­che­tée par un de ses clients, Biard-Roy, fa­bri- Le nombre de vi­sites d’en­tre­tien et de contrôle réa­li­sées chaque an­née par les tech­ni­ciens de Ma­mias. Le coût de l’élec­tri­fi­ca­tion d’un sys­tème de cloches. cant d’hor­loge mé­ca­nique, mais le nom Ma­mias, gage de fia­bi­li­té et de no­to­rié­té, est conser­vé.

A la fin du siècle l’ac­ti­vi­té dé­cline et la so­cié­té se di­ver­si­fie même si l’en­tre­tien des sys­tèmes reste son ac­ti­vi­té prin­ci­pale (60 %). Elle se lance dans le pa­ra­ton­nerre, le chauf­fage et la so­no­ri­sa­tion d’église (40 %). « En moyenne nous fai­sons un mil­lier de vi­sites d’en­tre­tien des mo­teurs de cloches par an », sou­ligne Sté­phane Pa­jot. Et il en faut pas mal, des vi­sites, car cha­cune d’entre elles ne rap­porte que 150 €.

des boî­tiers de com­mande de la so­cié­té Ma­mias, char­gé de faire en­trer les églises dans le XXIe siècle. Ven­du 1 000 €, il est com­po­sé d’une carte mère d’or­di­na­teur et d’un écran tac­tile. « Sa toute pre­mière fonc­tion est de ré­gler l’heure de l’hor­loge, pré­cise Sté­phane Pa­jot. Grâce à un si­gnal GPS, il s’adapte au chan­ge­ment d’heure sans in­ter­ven­tion hu­maine ». Sa 2e fonc­tion consiste à pro­gram­mer des son­ne­ries des cloches. Comme un ré­veil, faut juste en­trer le jour et l’heure. C’est ain­si qu’il suf­fit de pro­gram­mer une fois le ca­len­drier li­tur­gique (Pâques, Noël…) afin que le boî­tier le garde en mé­moire sur plu­sieurs an­nées. Là en­core, au­cune in­ter­ven­tion hu­maine n’est né­ces­saire. Dans ce cadre, il est pos­sible d’en­re­gis­trer dif­fé­rents sons de cloche. Il en existe deux : à la vo­lée (messe, ma­riage, en­ter­re­ment…), lorsque la cloche se ba­lance et que le bat­tant vient la frap­per ou par tin­te­ment (heure, An­ge­lus, toc­sin, glas) lorsque des mar­teaux, si­tués à l’ex­té­rieur, viennent frap­per la cloche. En­fin, et c’est aus­si la grande nou­veau­té, il est pos­sible de contrô­ler le chauf­fage de l’édi­fice, pour que l’église soit chauf­fée une heure avant par exemple. Et s’il existe une connexion In­ter­net, il est pos­sible d’ef­fec­tuer toutes ces pro­cé­dures à dis­tance. Bien­ve­nue dans l’église 3.0

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