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La start-up qui per­met à tous d’ou­vrir un compte chez les bu­ra­listes vient d’être ra­che­tée.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - AURÉLIE LEBELLE

cinq se­maines pour bou­cler la vente. Hier, BNP Pa­ri­bas a an­non­cé le ra­chat de 95 % du ca­pi­tal de Comp­teNi­ckel, une pé­pite du sec­teur ban­caire qui a dou­ce­ment tis­sé sa toile en France. De­puis son lan­ce­men­ten2013,las­tart-upa fait mouche avec sa carte à 20 € par an, son compte ou­vert àtous(mê­meauxin­ter­dits­ban­caires) en cinq mi­nutes chro­no, sans dé­cou­vert pos­sible ni com­mis­sion sur les paie­ments e f fe c t u é s à l ’é t r a n ge r… 546 000 comptes ont été ou­verts chez des bu­ra­listes. Et d’ici à 2020, l’en­tre­prise es­père comp­ter 2 mil­lions de clients.

De quoi sus­ci­ter un vif in­té­rêt au­près des pro­fes­sion­nels du sec­teur. « Nous vou­lions faire évo­luer notre ac­tion­na­riat en 2018. Mais le Brexit a ac­cé­lé­ré les choses », note Hugues Le Bret, le pré­sident de Fi­nan­cière des paie­ments élec­tro­niques (Compte-Ni­ckel). Plu­sieurs so­cié­tés amé­ri­caines ont ap­pro­ché la pé­pite des Fin­tech (ces so­cié­tés qui al­lient nou­velles tech­no­lo­gies et fi­nance). Mais, fi­na­le­ment, la pro­po­si­tion de BNP Pa­ri­bas — dont le mon­tant reste con­fi­den­tiel mais avoi­si­ne­rait 200 M€, se­lon « le Monde » — a été re­te­nue.

Pour au­tant, au­cun chan­ge­ment n’est pré­vu pour les clients dans l’im­mé­diat. « Le ta­rif, l’ou­ver­ture des comptes à tous et les ser­vices comme l’ab­sence de com­mis­sions à l’étran­ger res­te­ront les mêmes, confirme Hugues Le Bret. Mais, pour nos clients, ce nouvel ac­tion­naire so­lide est ras­su­rant. » Et va per­mettre à l’en­tre­prise de dé­ve­lop­per des pro­jets plus vite que pré­vu, comme la pos­si­bi­li­té de blo­quer sa carte en temps réel, en cas de vol par exemple. La so­cié­té planche aus­si sur l’en­cais­se­ment des chèques, au­jourd’hui im­pos­sible. Quant aux bu­reaux de ta­bac pro­po­sant ces comptes, ils de­vraient ra­pi­de­ment pas­ser de 2 500 à 10 000. Pour BNP Pa­ri­bas, ce ra­chat est une « belle opé­ra­tion » et sur­tout l’oc­ca­sion de cap­ter une nou­velle clien­tèle. « Nous vi­sons une clien­tèle plus po­pu­laire, avec une ap­pé­tence pour une offre ban­caire simple, confirme un res­pon­sable. Et ce­la nous po­si­tionne sur le mar­ché de l’in­no­va­tion ban­caire. »

D’au­tant que la banque est aus­si par­tie pre­nante dans une autre nou­veau­té : la carte ban­caire C-zam, pro­po­sée à 5 € dans les hy­per­mar­chés Carrefour. « Je ne crois pas que BNP Pa­ri­bas soit in­té­res­sé par les pro­fils pré­caires de ces comptes, dé­crypte un ex­pert du sec­teur. Mais, avec les jeunes ou les clients qui cherchent des so­lu­tions peu chères pour payer à l’étran­ger, il y a des parts de mar­ché à grap­piller. »

Chez BNP Pa­ri­bas, on l’ad­met : « Il nous faut être lea­deur sur les car si au­jourd’hui elles ne ca­na­lisent que 4 % des parts de mar­ché, elles de­vraient en at­ti­rer au­tour de 15 à 20 % d’ici dix ans. »

(In­de­co­sa) a dé­non­cé hier des « pra­tiques an­ti­con­cur­ren­tielles » du groupe McDo­nald’s. Elle es­time le « sur­coût pour les consom­ma­teurs à 232 M€ en 2015 » et dé­nonce une « ma­ni­pu­la­tion des prix ».

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