A fond la flic

Ma­rie Domp­nier crève l’écran dans la sai­son 2 des « Té­moins » qui se ter­mine ce soir. Ren­contre avec une co­mé­dienne exi­geante.

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS - MAGUELONEBONNAUD

C’est comme ça que Ma­rie Domp­nier dé­fi­nit San­dra Win­ck­ler, la femme flic qu’elle in­ter­prète dans « les Té­moins », dont la deuxième sai­son s’achève ce soir sur France 2, à 20 h 55. Obsessionnelle… Ce­la fait sept mois que la co­mé­dienne de 36 ans a quit­té les pla­teaux de la sé­rie d’Her­vé Had­mar et Marc Her­poux, dont le tour­nage s’est ter­mi­né fin août. De­puis, elle a re­trou­vé le XXe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris où elle vit, mis au monde son pre­mier en­fant, en­ta­mé les ré­pé­ti­tions d’un Tche­khov au Théâtre de l’Odéon… Mais pen­dant sept­mois—«deux­pour­pré­pa­rer,cinq pour tour­ner » —, la Tou­lou­saine, qui re­trouve son ac­cent chan­tant « quand elle veut », a vé­cu au rythme de la lieu­te­nante lil­loise. A fond. C’est d’ailleurs ce que l’ac­trice concède par­ta­ger avec son per­son­nage : « Son tem­po, ra­pide. » Et, à n’en pas dou­ter, son en­ga­ge­ment. ments mar­quants » pour San­dra Win­ck­ler, qu’elle en­toure de cou­leurs. « Quand elle com­prend qu’elle est de­ve­nue la proie. Quand elle a pas­sé cinq nuits blanches… »

Pour s’im­pré­gner de son per­son­nage, la jeune femme n’a pas seule­ment pas­sé une jour­née en­tière à ques­tion­ner une femme lieu­te­nante dans un com­mis­sa­riat pa­ri­sien, ou ren­con­tré « des psy­cho­logues de la po­lice qui avaient l’air au bout du rou­leau ». Elle s’est aus­si « plon­gée dans des films avec des per­son­nages de femmes in­adap­tées ». Ceux de John Cas­sa­vetes avec Ge­na Row­lands. Ou la sé­rie «Ho­me­land»et­son­hé­roï­ne­jus­qu’au­bou­tiste, agent de la CIA.

« San­dra Win­ck­ler cu­mule les pa­ra­doxes, ap­plau­dit son in­ter­prète. Elle veut tout contrô­ler alors qu’elle est très an­gois­sée. Elle veut être une bonne mère alors qu’elle prend des risques ahu­ris­sants. Elle ne veut re­non­cer à rien. » Ma­rie Domp­nier adore que « cette femme po­li­ti­que­ment in­cor­recte, qui fait n’im­porte quoi avec ses gosses, passe à 20 h 50 sur France 2 ». « Parce que, pour de vrai, on est sou­vent am­bi­va­lent. Beau­coup de femmes sont confron­tées à ce di­lemme : leur pas­sion pour leur mé­tier et leur vie de mère… »

Jouer un flic « n’avait pour­tant ja­mais ef­fleu­ré » cette fille d’ar­chi­tecte et de géo­graphe, bi­be­ron­née au théâtre pu­blic, avant qu’elle ne ren­contre Her­vé Had­mar, lors d’un stage de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle. Cette fan de Da­vid Lynch a vite ad­mi­ré « l’es­thé­tique », l’uni­vers « exi­geant » de ce­lui qui avait dé­jà si­gné, avec Marc Her­poux, les sé­ries « les Ou­bliées » (France 3) ou « Pi­galle » (Ca­nal +). « Dans

ils partent d’un truc réa­liste, puis ça vire vers le fan­tas­tique. Ce qu’ils filment, c’est l’in­cons­cient… » Son duo avec Au­drey Fleu­rot ? La jeune femme ré­sume jo­li­ment l’har­mo­nie brune-rousse qui en­chante la pel­li­cule : « C’est comme au tennis. Quand vous avez un bon joueur en face de vous, vous jouez d’au­tant mieux. » Ses autres par­te­naires sont du même aca­bit. Jan Ham­me­ne­cker (alias Jus­tin, son col­lègue et pote flic) comme Yan­nick Choi­rat (le fa­bu­leux in­ter­prète du tueur Geir Jan­sen), ou la bou­le­ver­sante Anne Be­noît (alias Ch­ris­tiane Va­rène, l’or­phe­line échouée dans un hôpital psy­chia­trique). « Ils viennent tous, comme moi, du théâtre pu­blic… »

Une fa­mille que celle qui a d’em­blée ébloui le pe­tit écran — jus­qu’à ob­te­nir un Fi­pa d’or, lors du Fes­ti­val in­ter­na­tio­nal de té­lé de Biar­ritz pour la sai­son 1 des « Té­moins » en 2015 — ne compte pas aban­don­ner. Mais elle si­gne­ra des deux mains si « les Té­moins » re­prennent un jour du ser­vice. « Dans quel état se­ra alors San­dra au dé­but de la sai­son 3 ? sou­rit-elle. Se­ra-t-elle tou­jours flic après tout ça ? »

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