Do­nald Trump s’en prend à Ba­char al-As­sad

Après l’at­taque pré­su­mée au gaz chi­mique qui a fait plus de 80 morts en Sy­rie et alors que le Con­seil de sé­cu­ri­té de l’ONU se réunis­sait hier, Wa­shing­ton hausse la voix.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR JANNICK ALIMI

monte entre les Etats-Unis, la Rus­sie et son al­lié Ba­char al-As­sad après le raid pré­su­mé au gaz chi­mique im­pu­té au dic­ta­teur sy­rien, mar­di, et qui a fait au moins 86 morts morts par­mi la po­pu­la­tion ci­vile dont 30 en­fants. De­vant la presse, à Wa­shing­ton, avec le roi Ab­dal­lah II de Jor­da­nie, Do­nald Trump a ain­si as­su­ré, hier, que son « at­ti­tude vis-àvis d’As­sad avait chan­gé ». « C’est un ter­rible af­front pour l’hu­ma­ni­té », a-t-il condam­né. Et d’af­fir­mer que l’at­taque de la veille avait « fran­chi de nom­breuses lignes », en al­lu­sion à la fa­meuse « ligne rouge » que s’était fixée son pré­dé­ces­seur Ba­ra­ckO­ba­ma­con­tre­le­ré­gime sy­rien en cas de re­cours aux ar- mes chi­miques. « L’at­taque chi­mique en Sy­rie contre des per­sonnes in­no­centes, y com­pris les femmes et les en­fants, est ré­pré­hen­sible et ne peut être igno­rée par le monde ci­vi­li­sé », a lan­cé Trump. Un vrai re­tour­ne­ment stra­té­gique de la part du pré­sident qui, dès son ar­ri­vée à la Mai­son-Blanche, avait pour­tant dé­cla­ré que « Ba­char al-As­sad n’était pas sa prio­ri­té ».

LA RUS­SIE FUSTIGÉE, LE VOTE DE LA RÉ­SO­LU­TION RE­POR­TÉ

A l’ONU, où le Con­seil de sé­cu­ri­té dis­cu­tait, hier, d’une ré­so­lu­tion des puis­sances oc­ci­den­tales, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ten­dant à sanc­tion­ner le ré­gime sy­rien, l’am­bas­sa­drice amé­ri­caine a même me­na­cé de prendre des me­sures uni­la­té­rales si l’ONU ne par­ve­nait pas à ré­pondre à une telle at­taque. « Quand les Na­tions unies échouent constam­ment dans leur mis­sion d’ac­tion col­lec­tive, il y a des mo­ments dans la vie des Etats où nous sommes obli­gés d’agir nous-mêmes », a mar­te­lé Nik­ki Ha­ley. Les dé­cla­ra­tions les plus fortes de Wa­shing­ton de­puis des an­nées sur le conflit sy­rien. L’am­bas­sa­drice n’a pas hé­si­té à fus­ti­ger la Rus­sie. « Com­bien d’en­fants de­vront en­core mou­rir avant que la Rus­sie ne s’en sou­cie ? » a lan­cé Nik­ki Ha­ley. « Si la Rus­sie a l’in­fluence qu’elle pré­tend avoir en Sy­rie, il faut qu’elle s’en serve », a ton­né la re­pré­sen­tante amé­ri­caine. Pour­tant, le risque pour As­sad de se faire sanc­tion­ner est im­pro­bable. La Rus­sie, membre du Con­seil de sé­cu­ri­té, a en ef­fet ju­gé « in­ac­cep­table » en l’état le pro­jet de ré­so­lu­tion condam­nant cette at­taque.

De­vant ce risque de ve­to, le Con­seil de sé­cu­ri­té de l’ONU a dé­ci­dé de re­por­ter le vote de l’even­tuelle ré­so­lu­tion, le temps pour les Oc­ci­den­taux de pour­suivre les né­go­cia­tions avec la Rus­sie. Cer­tains di­plo­mates, op­ti­mistes, di­saient es­pé­rer un vote dès au­jourd’hui.

« Les dé­cla­ra­tions in­di­gnées des Oc­ci­den­taux et la sai­sine du Con­seil de sé­cu­ri­té sont peu­têtre un tour­nant mé­dia­tique mais au­cu­ne­ment un vi­rage de fond. Ni la Rus­sie qui sou­tient As­sad par son avia­tion, ni l’Iran qui lui ap­porte la pro­tec­tion de ses fan­tas­sins ne sont prêts à lâ­cher leur al­lié », ex­plique An­toine Bas­bous, di­rec­teur de l’Ob­ser­va­toire des pays arabes, qui ajoute : « As­sad sait qu’il peut re­pous­ser en­core les li­mites car ses al­liés russes et ira­niens ont en­core be­soin de lui. »

Do­nald Trump, très cri­tique vis-à-vis de Ba­char al-As­sad, a condam­né « un ter­rible af­front pour l’hu­ma­ni­té ».

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