Ed Shee­ran rêve du Stade de France

Le Bri­tan­nique Ed Shee­ran est ce soir à Ber­cy pour dé­fendre son der­nier al­bum. Une as­cen­sion in­at­ten­due pour un pe­tit jeune qui s’est fait tout seul.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR EM­MA­NUEL MAROLLE

C’est l’his­toire d’un gar­çon né au fin fond de l’An­gle­terre, qui n’avait rien pour plaire : de grosses lu­nettes, une ti­gnasse rousse, un bé­gaie­ment. Ed Shee­ran est par­ti de loin. Il en a même fait un clip, « Pho­to­graph », illus­tré par des images de lui bé­bé, ga­min, ado. Au­jourd’hui il est au som­met, de­puis le suc­cès de son deuxième al­bum, « X », ven­du à plus de 10 mil­lions d’exem­plaires dans le monde en 2015. Son for­mi­dable troi­sième disque « Di­vide », sor­ti en mars, de­vrait l’y main­te­nir.

En France, il est en­core troi­sième du top un mois après sa sor­tie tan­dis que son nou­veau single « Shape of You » passe en boucle sur les ra­dios et est la chan­son la plus écou­tée en strea­ming ac­tuel­le­ment. Une as­cen­sion qui lui per­met de jouer ce soir à Ber­cy, rem­pli en quelques mi­nutes, pour la pre­mière fois de sa car­rière. « C’était mon ob­jec­tif, cette grande salle, ex­plique-t-il. J’ai dé­jà chan­té à la Ci­gale, au Ba­ta­clan, au Zé­nith, mais là c’est en­core plus grand. Et l’an­née pro­chaine, je vais faire une tour­née de stades et je veux jouer au Stade de France. Ce n’est pas fa­cile d’avoir énor­mé­ment de suc­cès chez vous. Vous avez tel­le­ment de bons ar­tistes fran­co­phones, comme Stro­mae ou Ch­ris­tine and the Queens ! »

AVEC SA GUI­TARE ET SON LOOPER

Mais cette fois ça y est, l’Hexa­gone s’en­thou­siasme en masse pour cet ar­tiste de 26 ans qui a conquis la pla­nète en quelques an­nées. Chez lui, en An­gle­terre, avec son nou­veau disque, Ed Shee­ran vient de réa­li­ser la plus grosse pre­mière se­maine de ventes pour un chan­teur. Enorme… mais tou­jours seul. Car c’est en so­lo, sans autre mu­si­cien sur scène, qu’il a rem­pli trois soirs de suite le stade de Wem­bley il y a deux ans. C’est en­core juste avec sa gui­tare et son « looper » — ma­chine qui lui per­met de s’en­re­gis­trer en di­rect et de mettre en boucle, des mé­lo­dies, des rythmes, sa voix — qu’il est en train de faire le tour de la Terre.

En six ans, de­puis notre pre­mière ren­contre, Ed Shee­ran n’a pas beau­coup chan­gé. Tou­jours les mêmes vieux pulls qui semblent sor­tis d’une fri­pe­rie mi­teuse, les che­veux en ba­taille, le sen­ti­ment d’être un peu dé­ta­ché de ce qui lui ar­rive. Ou presque. « Je pense que l’ar­gent est la ra­cine de tout mal, et la gloire

l’en­fer » , dit-il dans la pre­mière chan­son du nouvel al­bum, « Era­ser ». Une fa­çon d’évo­quer le pé­tage de plomb qui n’était pas loin lors de sa der­nière tour­née ma­ra­thon. « C’est for­mi­dable le suc­cès, mais il fal­lait que j’ar­rête pour re­trou­ver la vraie vie. Quand tu es en tour­née pen­dant six mois aux Etats-Unis, tu n’es en­tou­ré que de gens qui te trouvent mer­veilleux. Au moins, quand j’ai joué au stade de Wem­bley, ma fa­mille mes amis étaient là pour me per­mettre de gar­der les pieds sur terre. »

UNE STAR QUI RES­SEMBLE À VOTRE MEILLEUR POTE

Ed Shee­ran vit à Londres avec sa fian­cée, une amie d’en­fance qu’il connaît « de­puis l’âge de 11 ans », mais pos­sède aus­si une mai­son à la campagne non loin de ses ra­cines. Il sait d’où il vient. D’une fa­mille « de hip­pies, bran­chée arts plas­tiques » ba­sée à Fram­lin­gham, une pe­tite ville de Suf­folk. D’un en­vi­ron­ne­ment où tout n’a pas été fa­cile pour le ga­min qu’il était. « Je me suis re­trou­vé as­sez seul entre 4 et 10 ans. J’étais roux, j’avais des pro­blèmes de bé­gaie­ment. Les mots avaient du mal à sor­tir quand je par­lais, et quand je chan­tais je ne bé­gayais plus du tout. J’ai com­men­cé à écrire des chan­sons à 11-12 ans et ça a été comme une thé­ra­pie. »

Un mé­lange ar­ti­sa­nal de folk acous­tique, de pop ma­gné­tique et de rap cha­lou­pé. Une for­mule qu’il a dé­ve­lop­pée en pro­dui­sant ses pre­mières chan­sons dans son coin, mises en ligne en­suite sur iTunes avant de sor­tir trois al­bums dé­sor­mais mul­ti­mil­lion­naires, comme lui. « Je suis juste un mec qui fait des concerts en so­lo. Ni uni­ver­si­té ni

di­plômes » , af­firme-t-il dans « What Do I Know ». Une sim­pli­ci­té et une proxi­mi­té que sait en­tre­te­nir l’ar­tiste, su­per­star mon­diale, qui res­semble à votre meilleur pote. Ed Shee­ran en concert ce soir à Ber­cy, Pa­ris. Com­plet. Nouvel al­bum « Di­vide » , War­ner.

J’AI COM­MEN­CÉ À ÉCRIRE DES CHAN­SONS VERS 12 ANS ET ÇA A ÉTÉ COMME UNE THÉ­RA­PIE”

Pa­ris, 13 mars. Ed Shee­ran rem­plit Ber­cy ce soir après le suc­cès de son nouvel al­bum « Di­vide ».

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