Le­crid’alar­me­de­shô­pi­taux­de­jour

L’hôpital de Cré­teil, à l’image de la Fé­dé­ra­tion hos­pi­ta­lière de France, re­doute une ré­forme ta­ri­faire.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - LUCILEMÉTOUT À CRÉ­TEIL (VAL-DE-MARNE)

on pre­nait tout le monde. On ne ré­son­nait pas en fonc­tion de la ren­ta­bi­li­té, clame le doc­teur Her­vé Ha­gège, gas­tro-en­té­ro­logue. Main­te­nant, on sau­ra d’em­blée que tel pa­tient nous coû­te­ra plus qu’un autre. C’est af­fli­geant. » Re­pré­sen­tant des mé­de­cins du Centre hos­pi­ta­lier in­ter­com­mu­nal de Cré­teil (Valde-Marne), une struc­ture de 531 lits do­tée d’une maternité de ni­veau 3, et dont le pôle mère-en­fant a fait la re­nom­mée, le pra­ti­cien tire la son­nette d’alarme sur les consé­quences pour la prise en charge des ma­lades d’une ré­forme de la ta­ri­fi­ca­tion.

Un ar­rê­té du mi­nis­tère de la San­té, en vi­gueur de­puis le 1er mars, pré­voit un « dé­clas­se­ment » de cer­taines pres­ta­tions en am­bu­la­toire — sans nuit pas­sée à l’hôpital —, fac­tu­rées dé­sor­mais comme de « simples consul­ta­tions ex­ternes ». « Six fois moins rem­bour­sées par l’As­su­rance ma­la­die », se­lon la Fé­dé­ra­tion hos­pi­ta­lière de France (FHF), qui re­groupe les di­rec­teurs d’hôpital et chiffre un manque à ga­gner de 500M€.

A prio­ri, au­cune consé­quence sur la fac­ture du pa­tient. C’est bien l’hôpital pu­blic qui doit as­su­mer la dif­fé­rence, alors même qu’un plan d’éco­no­mies de 1,1 Md€ est dé­jà pré­vu pour 2017. Pour la FHF, cet ef­fort sup­plé­men­taire « in­sur­mon­table » risque d’en­traî­ner la « disparition » des hô­pi­taux de jour. Et le re­vi­re­ment du 1er mars sur­prend d’au­tant plus les pra­ti­ciens que, de­puis dix ans, le gou­ver­ne­ment en­cou­ra­geait le fa­meux « vi­rage am­bu­la­toire ».

Un vi­rage qu’avait pris le Centre hos­pi­ta­lier de Cré­teil. « Nous avons un hôpital de jour pour les gros­sesses à hauts risques. Il y a des an­nées, les femmes souf­frant de dia­bète ges­ta- tion­nel étaient sui­vies en hos­pi­ta­li­sa­tion conven­tion­nelle. Des sé­jours coû­teux (en­vi­ron 3 000 €) et peu confor­tables, rap­pelle le doc­teur Her­vé Ha­gège. Pour cinq fois moins cher, elles viennent dé­sor­mais ponc­tuel­le­ment en hôpital de jour. » Quelques heures suf­fisent à ré­équi­li­brer leur dia­bète et pro­té­ger le foe­tus. Or, avec la ré­forme, tout est re­mis en cause. « Ces trai­te­ments à base d’in­su­line sont pas évi­dents à do­ser, ils né­ces­sitent une sur­veillance par­ti­cu­lière, re­prend le doc­teur Ha­gège. On ne peut pas in­jec­ter le pro­duit et dire aux pa­tientes de ren­trer chez elles. Nous al­lons donc main­te­nir la prise en charge à moyens égaux, tout en étant ré­mu­né­rés dix fois moins. Doit-on les re­prendre en long sé­jour pour ren­ta­bi­li­ser ? C’est in­com­pré­hen­sible ! »

Le mi­nis­tère de la San­té dit en­tendre « les in­quié­tudes » et met en garde contre les « contre­vé­ri­tés ». Il ré­fute « un quel­conque pro­jet d’éco­no­mies » et as­sure que les concer­ta­tions se pour­suivent.

la tren­taine de mi­li­tants qui oc­cu­paient le centre spa­tial de Kou­rou de­puis mar­di ont quit­té les lieux hier. Mais le plan d’ur­gence d’1 Md€ est tou­jours ju­gé in­suf­fi­sant par le col­lec­tif pi­lo­tant le mou­ve­ment, qui de­mande 3,1 Mds€. Ber­nard Ca­ze­neuve a an­non­cé qu’un groupe de sui­vi se­rait mis en place pour « pour­suivre les dis­cus­sions ».

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.