Le fias­co de l’info

Après les for­faits de Jean-Luc Mé­len­chon et d’Em­ma­nuel Ma­cron, France 2 re­nonce à or­ga­ni­ser le 20 avril un deuxième dé­bat avec les onze can­di­dats. Une claque.

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS - CA­RINE DI­DIER ETBENOÎTDARAGON

Iln’yau­ra­pas­de­dé­ba­tentre les onze can­di­dats à la présidentielle sur France 2 le 20 avril, trois jours avant le pre­mier tour. Hier, la chaîne pu­blique a fait sa­voir qu’elle y re­non­çait, faute d’ac­cord de tous les par­ti­ci­pants, cer­tains fa­vo­ris, comme Em­ma­nuelMa­cro­nouJean-LucMé­len­chon, ayant re­fu­sé de se prê­ter une se­conde fois au jeu.

Lors d’une réunion hier, Mi­chel Field, le pa­tron de l’info des chaînes pu­bliques, a pro­po­sé aux re­pré­sen­tants des can­di­dats un plan B : une émis­sion spé­ciale où les onze se suc­cé­de­raient face à Léa Sa­la­mé et Da­vid Pu­ja­das pour une in­ter­view de quinze mi­nutes cha­cun. « Mais l’émis­sion n’au­ra lieu que si tous les can­di­dats y par­ti­cipent », condi­tionne la chaîne. Les ordres de pas­sage se­ront ti­rés au sort. La Deux at­tend une ré­ponse sous 48 heures. Faute d’ac­cord, elle pour­rait or­ga­ni­ser une émis­sion po­li­ti­que­san­seux.«On­ne­va­pas se lais­ser prendre en otage s’il n’y a qu’un seul re­fus », avance un cadre de France Té­lé­vi­sions. Dans les cou­loirs de la Deux, c’est la dé­so­la­tion. « Cette soi­rée est cri­ti­quée de­puis le dé­but. On s’est en­li­sés dans une date qui ne convient clai­re­ment à per­sonne et BFMTV nous a de­van­cés de deux se­maines. Quel gâ­chis ! » s’agace une jour­na­liste.

« Les chaînes info ont or­ga­ni­sé leur dé­bat tran­quille­ment. Nous n’y sommes pas ar­ri­vés. C’est su­per hu­mi­liant », s’étrangle un autre. Un fias­co d’au­tant plus ra­geant que, mar­di, la soi­rée de BFMTV et CNews a ras­sem­blé 6,3 mil­lions de ci­toyens. BFM a réa­li­sé la meilleure au­dience de l’his­toire de la TNT, im­po­sant un peu plus son sta­tut de pre­mière chaîne d’info de France. « C’est le sym­bole de la fin de l’hé­gé­mo­nie des chaînes his­to­riques, ana­lyse un pro­fes­sion­nel des mé­dias. Ce­la pose un pro­blème de cré­di­bi­li­té et de lé­gi­ti­mi­té pour France 2. Il reste à la chaîne à réus­sir ses soi­rées élec­to­rales et à prendre sa re­vanche en in­no­vant. »

En in­terne, ce ra­té passe d’au­tant plus mal qu’en 2012 France 2 avait lar­ge­ment de­van­cé ses ri­vales. Cette an­née, « l’Emis­sion po­li­tique » a beau être un pas­sage obli­gé pour les can­di­dats, la chaîne s’est fait prendre de vi­tesse : les évé­ne­ments les plus pri­sés des té­lé­spec­ta­teurs, ceux qui font par­ler, ont lieu ailleurs. TF 1 la pre­mière s’est im­po­sée dans cette campagne, tant lors des pri­maires (de la droite comme de la gauche) q u ’ave c l e d é b a t à c i n q d u 20 mars, de­vant 9,8 mil­lions de té­lé­spec­ta­teurs.

D’autres voix pointent aus­si « un pro­blème de mé­thode, de ri­gueur et de com­mu­ni­ca­tion ». Di­rec­te­ment vi­sé : Mi­chel Field, dé­jà cri­ti­qué cet au­tomne pour avoir hé­si­té à pro­gram­mer une en­quête d’« En­voyé spé­cial » sur l’af­faire Byg­ma­lion et pour ses mé­thodes de ma­na­ge­ment.

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