Le roi Dan Car­ter face à nos lec­teurs

L’ou­vreur du Ra­cing 92, double cham­pion du monde avec les All Blacks, a re­noué avec la com­pé­ti­tion après des bles­sures et des sou­cis ex­tra­spor­tifs. Voi­là quelques se­maines, il avait dé­voi­lé à nos lec­teurs ses res­sorts in­times.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - EN­TRE­TIEN CO­OR­DON­NÉ PAR DA­VID OPOCZYNSKI ET OLI­VIER FRANÇOIS

Il est ar­ri­vé tout sou­rire mais un peu in­quiet. Il s’est ins­tal­lé au bout d’une table sur la ter­rasse du res­tau­rant du centre d’en­traî­ne­ment du Ra­cing 92 au Ples­sis-Ro­bin­son (Hauts-de-Seine). « J’ai hâte d’en­tendre les ques­tions, j’es­père que vous se­rez gen­tils avec moi ! » a glis­sé Dan Car­ter, 35 ans, l’ou­vreur des Ciel et Blanc aux six lec­teurs du « Pa­ri­sien » - « Au­jourd’hui en France » ve­nus l’in­ter­ro­ger. Le double cham­pion du monde (2011, 2015) avec les All Blacks et re­cord­man des points ins­crits en sé­lec­tion (1598), qui s’est ex­pri­mé en an­glais, a ap­pré­cié l’exer­cice. Il en est même res­sor­ti ra­vi. C’était un soir d’hi­ver, avant qu’il ne connaisse d’autres tour­ments (lire ci-contre). JEAN-CLAUDE DAR­GEN­TON Avez-vous conscience d’être un mythe, une lé­gende du sport ?

DAN CAR­TER. Je ne suis pas sûr d’être un mythe. Je suis juste un gars nor­mal, qui a la chance de faire ce qu’il aime. J’ai été très chan­ceux d’évoluer dans des équipes qui ont dé­cro­ché de nom­breux suc­cès : les Cru­sa­ders, les All Blacks, mais aus­si Per­pi­gnan ou le Ra­cing. Quand j’ai in­té­gré les All Blacks pour la pre­mière fois, c’était un rêve. Mais ce n’était pas as­sez pour moi. Je vou­lais être un grand All Black. Et pour par­ve­nir à ça, il faut jouer long­temps. C’était ma mo­ti­va­tion et c’est ce qui m’a per­mis de réus­sir de grandes choses et de vous ame­ner à me dire que je suis une lé­gende du rug­by. MARC PER­RIER A quel mo­ment avez-vous compris que vous se­riez un grand joueur ? Hum… Sans doute vers 21 ans. Quand j’étais jeune, je ne pen­sais pas faire par­tie des meilleurs joueurs de Nou­velle-Zé­lande. J’ai­mais le jeu, mais j’étais tou­jours le plus pe­tit des équipes. D’ailleurs, on me fai­sait jouer de­mi de mê­lée… A 18 ans, quand j’ai quit­té l’école, j’ai com­men­cé pour la pre­mière fois à tra­vailler dur ma condi­tion phy­sique et mon jeu. Quand j’ai été ap­pe­lé pour la pre­mière fois chez les All Blacks, je me suis re­trou­vé dans une pièce avec les joueurs dont j’avais les pos­ters dans ma chambre ! Je ne me sen­tais pas ap­par­te­nir à la même ca­té­go­rie. Ce n’est que lors de la Coupe du monde 2003 que je me suis dit : « OK, c’est bon, tu es ca­pable de jouer avec ces joueurs-là, à ce ni­veau-là. » CO­REN­TIN AZE­VE­DO La fi­nale de la Coupe du monde 2015 re­pré­sente-t-elle le plus beau jour de votre vie ? Si vous êtes père ou mère, vous le sa­vez : il n’y a rien de plus beau dans une vie que la naissance d’un en­fant. En ce qui concerne ma car­rière, mon pre­mier match pour les All Blacks a été un grand mo­ment de ma vie, car mon rêve est de­ve­nu réa­li­té. Mais c’est vrai que pour mon der­nier match avec ce maillot, après avoir joué cent… pfff je ne m’en sou­viens même plus… cent vingt matchs (NDLR : 112), connu trois ans de bles­sures, de doutes, avoir en­vi­sa­gé de prendre ma re­traite, c’est juste in­croyable. Donc, oui, c’est un des meilleurs jours de ma car­rière. MARC UP­TON Quelle est la de­mande la plus étrange que vous ayez re­çue de la part d’un fan ? Quelques de­mandes en ma­riage… Ce qui fait un peu bi­zarre quand vous n’avez ja­mais vu la per­sonne !

QUAND J’AI IN­TÉ­GRÉ LES ALL BLACKS, C’ÉTAIT UN RÊVE. MAIS CE N’ÉTAIT PAS AS­SEZ POUR MOI. JE VOU­LAIS ÊTRE UN GRAND BLACK.” ALL

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