« Plus on l’at­taque, plus ça me mo­tive pour ve­nir le sou­te­nir »

Jean-Luc, agent ter­ri­to­rial à Gun­dol­sheim

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - DE NOTRE EN­VOYÉ SPÉ­CIAL OLI­VIER BEAU MONT À STRAS­BOURG( BAS-RHIN)

ILS SONT AS­SIS au pre­mier rang du mee­ting stras­bour­geois de François Fillon et ils ne ra­te­raient l’évé­ne­ment pour rien au monde. Badge Fillon 2017 ac­cro­chés sur les pulls, pro­gramme pré­si­den­tiel sous le bras, Jacques, Na­dine et Blan­dine at­tendent leur cham­pion de pied ferme. « On ne veut rien ra­ter de la soi­rée », jure le trio ve­nu de la ville voi­sine de Schil­ti­gheim. Ils ont des confi­se­ries dans les poches, « pour gar­der des forces », disent-ils, rom­pus aux épreuves des grands rassemblements. Il y a un mois, la même équipe de sexa­gé­naires s’était dé­jà of­fert un aller-re­tour dans la jour­née en voi­ture pour se rendre au grand mee­ting du Tro­ca­dé­ro. « Entre le car­bu­rant, le péage et les sand­wichs, ça nous a coû­té plus de 200 €. On n’a pas des grosses re­traites, mais vu ce qu’il en­dure en ce mo­ment, on ne peut pas res­ter chez nous sans rien faire », en­rage Jacques.

UNE MA­JO­RI­TÉ DE RE­TRAI­TÉS

Une pe­tite musique en­ten­due par­tout dans les al­lées du parc des ex­po­si­tions de Stras­bourg hier soir. Dans ce grand han­gar, où plus de 3 000 per­sonnes ont fait le dé­pla­ce­ment, une ma­jo­ri­té de re­trai­tés com­pose la foule. Un électorat dont le vote reste fer- me­ment ancré à droite. « Il a le projet le plus sûr pour re­dres­ser le pays, dé­fendre notre pou­voir d’achat et nous sor­tir de la crise éco­no­mique », jure Eli­sa­beth, 72 ans, qui ne veut pas en­tendre par­ler des af­faires. « Il ne s’agit pas d’être blanc comme neige mais du fu­tur de la France. Le reste, on s’en fout ! Moi aus­si j’ai eu des cas­se­roles dans ma vie, et alors ? » s’em­porte-t-elle.

Les soup­çons d’em­plois fic­tifs de l’épouse et des en­fants Fillon, comme la po­lé­mique sur les cos­tumes, hantent bien sûr les es­prits. « Mais c’est un com­plot or­ga­ni­sé par le pou­voir, avec l’aide des jour­na­listes », at­taque Alain, 74 ans. « Plus on l’at­taque, plus ça me mo­tive pour le sou­te­nir », re­prend Jean-Luc, écharpe bleu­blanc-rouge au­tour du cou, et dra­peau à la main. Lui sou­tient la sup­pres­sion de 500 000 postes de fonc­tion­naires. « Et je sais de quoi je parle… je suis moi-même fonc­tion­naire ter­ri­to­rial ! avoue ce quin­qua, par ailleurs élu mu­ni­ci­pal de Gun­dol­sheim. Je vois bien les éco­no­mies que l’on pour­rait faire. La France crève de son mil­le­feuille ad­mi­nis­tra­tif », en­fonce-t-il, pen­dant qu’une grappe d’étu­diants chauffe la salle au son des « Fillon pré­sident ».

Stras­bourg, hier. Les fi­dèles de François Fillon ne veulent pas en­tendre par­ler des af­faires. CHEZ FILLON, DES IRRÉDUCTIBLES

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