« Je n’avais ja­mais fait ça de ma vie »

Ro­bert Foin, militant d’En Marche !

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - DE NOTRE EN­VOYÉE SPÉ­CIALE, PAU­LINE THÉVENIAUD, À MAR­SEILLE (BOUCHES-DU-RHÔNE) @Pau­li­ne_Th

UNE PLAYLIST POP ré­chauffe le fri­go­ri­fique parc Cha­not de Mar­seille. Ins­tal­lé der­rière Em­ma­nuel Ma­cron pour mettre l’am­biance, un car­ré de mi­li­tants ap­plau­dit à tout rompre et fait flot­ter les dra­peaux. La salle, elle, se montre un brin plus sage. Même lors­qu’elle ré­pond aux sol­li­ci­ta­tions et scande :« Eu­rope! Eu­rope ! Eu­rope ! »

« Il y a beau­coup de néo­phytes, ce sont des gens qui n’ont pas les codes ha­bi­tuels », ob­serve le so­cio­logue Jean Viard, sou­tien de Ma­cron et can­di­dat à l’in­ves­ti­ture En Marche ! pour les lé­gis­la­tives. Loin d’être de vieux bris­cards des cam­pagnes élec­to­rales, les 240 000 adhé­rents d’En Marche ! — qui fê­tait, hier, son pre­mier an­ni­ver­saire — sont pour beau­coup des néo­mi­li­tants.

Ro­bert Foin, élec­teur socialiste de tou­jours, a sau­té le pas il y a six mois. « J’en avais ras le bol de la po­li­tique ac­tuelle et ses idées cor­res­pondent à ma fa­çon de pen­ser », confie-t-il. A 71 ans, il dé­couvre les joies du trac­tage. « Je n’avais ja­mais fait ça de ma vie », sou­rit cet ar­chi­tecte à la re­traite. Jac­que­line Hu­meau, 72 ans, consacre plu­tôt ses week-ends à ses pe­tits-en­fants. Cette fi­dèle de François Hollande a vo­té Valls à la pri­maire, avant d’adhé­rer à En Marche ! sur les conseils de son fils. « Je ne mi­lite pas. Je n’ai pas la force », s’ex­cuse-t-elle.

DES CU­RIEUX QUI PARTENT AVANT LA FIN

Mathieu So­ler consacre, lui, deux jours par se­maine au par­ti. Son badge SO — pour ser­vice d’ordre — en té­moigne : s’il n’est ar­ri­vé qu’en jan­vier, l’étu­diant a vite pris du ga­lon. Le voi­là bom­bar­dé res­pon­sable des ré­seaux so­ciaux pour les Jeunes avec Ma­cron dans les Alpes-Ma­ri­times. Son ca­ma­rade de mee­ting Gil Pla a, lui, mon­té un co­mi­té lo­cal de quatre per­sonnes dans son vil­lage. Jus­qu’ici, cet en­tre­pre­neur de 49 ans vo­tait Bay­rou. Il a même hé­si­té à en­trer au Mo­Dem. Le choc du Brexit et « le dis­cours plus mo­derne» de Ma­cron ont dé­ci­dé cet Eu­ro­péen convain­cu à s’en­ga­ger.

Si Ma­cron fait le plein dans ses mee­tings, il le doit aus­si aux cu­rieux, dont cer­tains partent avant la fin. Beau­coup disent ve­nir pour « en­tendre ce qu’il a à pro­po­ser ». Comme Agathe, 19 ans. Fillon ou Ma­cron ? L’étu­diante ne sait tou­jours pas. « Je ne suis pas for­cé­ment d’ac­cord avec la po­li­tique so­ciale de Fillon, mais je ne sais pas vrai­ment ce que Ma­cron pro­pose », nous confiait-elle à trois se­maines du pre­mier tour.

CHEZ MA­CRON, DES NÉO­MI­LI­TANTS

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