« Ce­la fait chaud au coeur d’être là »

To­ny, sym­pa­thi­sant de Ma­rine Le Pen

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - DE NOS EN­VOYÉS SPÉ­CIAUX, VINCENT MONGAILLARD (TEXTE) ET JEAN NICHOLAS GUILLO (PHO­TO), À MONSWILLER (BAS-RHIN)

POUR SCAN­DER « On va ga­gner » ou agi­ter un dra­peau tri­co­lore, To­ny, 56 ans, de­meure sa­gem en t a s s i s . Ma is p o u r « l a Mar­seillaise », or­ches­trée par Ma­rine Le Pen, ce ma­ga­si­nier au chô­mage monte sur sa chaise. « Ce­la fait chaud au coeur d’être là parce que, ces derniers temps, je n’avais pas trop le mo­ral. J’ai en­voyé 100 CV et je n’ai re­çu qu’une seule ré­ponse. A la fin de l’an­née, je se­rai en fin de droits », s’alarme ce sym­pa­thi­sant. Ce mer­cre­di soir à Monswiller, vil­lage al­sa­cien de 2 100 âmes, des san­sem­ploi comme To­ny, mais aus­si Phi­lippe, an­cien pa­ra bé­né­fi­ciaire du RSA, ou Pa­trick, ex-rou­tier, sont lé­gion à gar­nir les rangs de l’es­pace cultu­rel bon­dé, ta­pis­sé du slo­gan « Au nom du peuple ». Ce pu­blic de mee­ting est, à une poignée d’in­dé­cis près, tout ac­quis à la cause du FN. « Je vo­te­rai pour Ma­rine jus­qu’à ma mort, et même six pieds sous terre », jure Marc, 54 ans, conduc­teur d’en­gin re­con­ver­ti, mal­gré lui, dans la sé­cu­ri­té et « payé au lance-pierre, moins de 1 000 € par mois ».

SMICARDS, VRP, RE­TRAI­TÉS

Dans cette foule de convain­cus is­sus ma­jo­ri­tai­re­ment des classes po­pu­laires, on croise des smicards, des VRP qui ne roulent pas sur l’or, des fonc­tion­naires qui voient leur « pou­voir d’achat s’ef­fri­ter », un élec­tri­cien en sur­vê­te­ment, une ou­vrière en tailleur, des re­trai­tés qui plé­bis­ci­taient dé­jà « Jean-Ma­rie ». Mais aus­si un che­ve­lu au tee-shirt à la gloire d’un groupe de hard rock, une sexa­gé­naire qui, la veille, ap­plau­dis­sait le vio­lo­niste An­dré Rieu, ou encore un mo­tard serbe « fan de Ma­rine ». « En fait, il y a de tout dans la salle, sauf des crânes ra­sés, ce qui me ras­sure », souffle Annie, aide fa­mi­liale qua­dra­gé­naire qui, en 2012, avait don­né sa voix à Sar­ko­zy.

Aux pre­mières loges, Mé­lis­sa, 25 ans, sur­veillante pé­ni­ten­tiaire en Lor­raine, a fait une heure et de­mie de route pour dé­cou­vrir « en vrai » la can­di­date. « Elle prend beau­coup de coups, on doit lui mon­trer qu’on est là », ré­pète-t-elle. « C’est une cible fa­cile, elle a be­soin de sou­tien », en­chaîne sa co­pine Ca­mille, em­ployée dans la res­tau­ra­tion, « non en­car­tée au FN, mais ça ne sau­rait tar­der ». « Ici, ça change de la té­lé où elle est tout le temps cou­pée quand elle s’ex­prime. Mais c’est comme à un concert, il faut ar­ri­ver deux heures avant pour avoir une bonne place », constate Ja­cky, loin de la tri­bune.

CHEZ LE PEN, DES CONVAIN­CUS Monswiller (Bas-Rhin), mer­cre­di. Le pu­blic du mee­ting de Ma­rine Le Pen est en­tiè­re­ment ac­quis à la cause fron­tiste.

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