Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

tam­ment, lors de « l’Emis­sion po­li­tique » sur France 2.

Cette nou­velle charge du can­di­dat de la droite est tout sauf im­pro­vi­sée. « La thèse du com­plot, ça marche su­per bien au­près de nos élec­teurs, jure l’un de ses lieu­te­nants. Vous n’ima­gi­nez pas le nombre de mails de sou­tien que l’on re­çoit chaque jour de leur part au QG de cam­pagne. Ils sont per­sua­dés qu’on cherche à abattre François pour fa­vo­ri­ser l’élec­tion de Ma­cron. » Hier soir, à Stras­bourg, Fillon a du coup joué de nou­veau sur cette corde sen­sible dès le dé­but de son dis­cours, pré­tex­tant « être la cible d’un achar­ne­ment im­pi­toyable ».

A en croire son en­tou­rage, les preuves de l’exis­tence de ce fa­meux ca­bi­net noir se­raient « so­lides ». « On a du lourd. Tout est consi­gné chez son avo­cat, Me An­to­nin Lévy. Et on a gar­dé des doubles dans un autre en­droit gar­dé se­cret. On n’est ja­mais trop pru­dent… » ajoute-t-on, avec un soup­çon de pa­ra­noïa. Mais alors pour­quoi ne pas les li­vrer dès main­te­nant ? « On a dé­jà de­man­dé l’ou­ver­ture d’une en­quête au­près du pro­cu­reur de Pa­ris et au par­quet na­tio­nal fi­nan­cier, sans suc­cès pour le mo­ment. Que peut-on faire de plus à ce stade ? » ré­pond, las, le sé­na­teur Bru­no Re­tailleau, alors qu’on ap­pre­nait hier soir que le par­quet na­tio­nal fi­nan­cier n’en­quê­te­rait pas sur les soup­çons de « ca­bi­net noir » dé­non­cés par le camp Fillon après la pa­ru­tion du livre Alors, ces preuves évo­quées par François Fillon, in­fo ou in­tox ? « C’est du bluff. Il tente le tout pour le tout. Il n’a plus rien à perdre ! » raille un dé­pu­té jup­péiste. Même son de cloche du cô­té de l’Ely­sée : « La jus­tice est in­dé­pen­dante et il n’y a ja­mais eu de ca­bi­net noir, ni gris, ni blanc, ni jaune », a ren­voyé le porte-pa­role du gou­ver­ne­ment, Sté­phane Le Foll.

Reste que l’af­faire prend un tour­nant encore plus sombre. Comme nous l’écri­vions hier ma­tin sur notre site, plu­sieurs col­la­bo­ra­teurs de François Hollande ont re­çu ces derniers jours des lettres ano­nymes de me­naces de mort, « en lien avec l’af­faire Fillon », dit-on au pa­lais pré­si­den­tiel, ain­si que des mes­sages de même na­ture sur les ré­seaux so­ciaux. Par­mi les des­ti­na­taires, le se­cré­taire gé­né­ral ad­joint de la pré­si­dence, Tho­mas Ca­ze­nave, et le conseiller com­mu­ni­ca­tion du chef de l’Etat, Gas­pard Gant­zer. « C’est bien sûr la­men­table. Per­sonne ne peut cau­tion­ner ce­la », se dé­fend Re­tailleau, qui dit avoir lui-même re­çu ce genre de me­naces par le pas­sé. Bref. A deux se­maines du pre­mier tour, la cam­pagne se tend plus que ja­mais.

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