Le di­lemme des hol­lan­dais

Res­ter fi­dèles au Par­ti socialiste ou « voter utile » pour faire bar­rage au Front na­tio­nal, les proches de François Hollande hé­sitent sur la stra­té­gie à adopter.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

ral­lier Ma­cron, ne rien dire ou… at­tendre. A cha­cun son équa­tion per­son­nelle. A seize jours du pre­mier tour, les proches de François Hollande sont di­vi­sés sur la stra­té­gie à te­nir, pour ne pas dire un peu per­dus. En té­moigne le choix de Mi­chel Sapin. Jus­qu’à pré­sent plu­tôt dis­cret, le mi­nistre des Fi­nances vo­te­ra fi­na­le­ment Be­noît Ha­mon mais du bout des lèvres. Loyal mais cri­tique ! Il « ne man­que­ra pas à sa fa­mille po­li­tique », a-t-il an­non­cé hier sur RMC et BFMTV mais de là à faire ac­ti­ve­ment cam­pagne pour le vain­queur de la pri­maire de la gauche… « Vous dire que je suis sa­tis­fait de sa cam­pagne se­rait vous men­tir », confesse-t-il. Le même jour, le dé­pu­té Da­niel Vaillant, clas­sé par­mi les lé­gi­ti­mistes, fai­sait le choix in­verse. Pour l’an­cien mi­nistre de l’In­té­rieur de Lio­nel Jos­pin, amer de ne pas avoir été ré­in­ves­ti par la PS dans la 17e cir­cons­crip­tion de Pa­ris, ce se­ra Ma­cron ! Alors à quoi jouent les hol­lan­dais si près de l’échéance ? Un homme tente pé­ni­ble­ment de les faire par­ler d’une seule voix, Sté­phane Le Foll. De­puis des se­maines, le mi­nistre de l’Agri­cul­ture réunit les fi­dèles du pré­sident, mi­nistres et élus, chaque lun­di soir à son mi­nis­tère. Que faire ?

« Le gé­né­ral en chef ne sait pas lui-même », raille un dé­pu­té socialiste. Le porte-pa­role du gou­ver­ne­ment est tou­jours par­ta­gé entre sa « fi­dé­li­té » au PS et le « risque » que re­pré­sente le Front na­tio­nal dans cette élec­tion. Com­ment res­ter grou­pés ? « C’est trop tard, re­grette un ami du pré­sident. Beau­coup ont pris les de­vants, Jean-Yves Le Drian a choi­si Ma­cron, François Reb­sa­men a par­rai­né Ha­mon, il n’y plus d’uni­té entre nous », es­time-t-il. Reste que les hol­lan­dais ont une der­nière ob­ses­sion : évi­ter à tout prix un duel fi­nal Le Pen-Fillon, « la pire des confi­gu­ra­tions, celle qui peut por­ter Ma­rine Le Pen à l’Ely­sée », croit dur comme fer un proche du chef de l’Etat.

« On est ri­vé sur les rap­ports de force », ex­plique un membre du pre­mier cercle. « Si dans la der­nière ligne droite, les courbes de Ma­cron et de Fillon se croisent dans les son­dages, il fau­dra prendre nos res­pon­sa­bi­li­tés », ajoute-t-il. Tra­duc­tion : faire mouvement en di­rec­tion du can­di­dat d’En Marche ! avant le 1er tour. Un texte se­rait en pré­pa­ra­tion pour mettre noir sur blanc les condi­tions po­li­tiques d’une al­liance entre des so­cia­listes et le mouvement En Marche ! François Hollande, lui, ne de­vrait pas s’ex­pri­mer avant le 1er tour. A presque deux se­maines du scru­tin, plus grand-chose ne ras­semble les hol­lan­dais, si ce n’est leurs re­grets d’avoir as­sis­té im­puis­sants au re­non­ce­ment de leur pré­sident.

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