-Mle Ma­lien

Mat­thieu Che­did, alias -M-, a sor­ti hier « La­mo­ma­li », ma­gni­fique cé­lé­bra­tion de la mu­sique afri­caine avec trois ar­tistes lo­caux, dont Fa­tou­ma­ta Dia­wa­ra.

Le Parisien (Paris) - - LOISIRS - PROPOSRECUEILLISPAR ÉRICBUREAU

Non, je ne connais pas l’Afrique/Et gris est ma cou­leur de peau », chan­tait Mat­thieu Che­did il y a dé­jà dix­huit ans ! Quatre ans et de­mi après « îl », -M- re­vient avec un sixième pro­jet am­bi­tieux, « La­mo­ma­li », créé et en­re­gis­tré avec deux lé­gendes ma­liennes, Tou­ma­ni Dia­ba­té et son fils Si­di­ki, 71e et 72e gé­né­ra­tions d’une grande li­gnée de griots — conteurs et mu­si­ciens — et maîtres de la ko­ra, une harpe-luth à 21 cordes.

La Ma­lienne Fa­tou­ma­ta Dia­wa­ra est la voix féminine de cinq chan­sons de l’al­bum. Elle et -M- se sont ren­con­trés sur scène à Mar­seille il y a quatre ans lors d’une soi­rée Afri­ca Express or­ga­ni­sée par Da­mon Al­barn, chan­teur du groupe Blur, pré­cur­seur des pas­se­relles entre la pop eu­ro­péenne et le Ma­li. Ils se sont re­vus lors des Cé­sars grâce au film « Tim­buk­tu », dans le­quel elle jouait. No u s avo ns c ro is é le u r s re­gards sur l’al­bum et le Ma­li.

Qu’est-ce que « La­mo­ma­li » ?

MAT­THIEU CHE­DID. C’est une cé­lé­bra­tion du Ma­li, de sa culture si riche et puis­sante, de son âme, ses mu­si­ciens. C’est aus­si le rôle des ar­tistes de re­mettre de la lu­mière sur un pays et plus gé­né­ra­le­ment un monde dont on ne montre sou­vent que la face sombre. Com­men­ta­vez-vous dé­cou­vert le Ma­li ? M.C. C’est une his­toire d’ami­tié qui re­monte à douze ans, à une ren­contre à Ba­ma­ko avec Ama­dou et Ma­riam. Moi qui suis ori­gi­naire d’Egypte et du Li­ban, je m’y suis tout de suite sen­ti chez moi, très à l’aise. Ma grand-mère An­drée et mon père, Louis, nous ont trans­mis ce rôle de par­tage et de trans­mis­sion. Et j’ai tou­jours eu en tête de pro­lon­ger cette ex­pé­rience, avec une chan­son comme « Am­se­tou » et main­te­nant cet al­bum.

Com­ment est né cet al­bum ?

M.C. Le plus sim­ple­ment du monde, dans mon sa­lon à Pa­ris, à par­tir des ko­ras de Tou­ma­ni et Si­di­ki. Tou­ma­ni, qui est plus qu’un mu­si­cien, un mes­sa­ger, avait par­ti­ci­pé à plu­sieurs de mes concerts, et nous nous étions pro­mis de faire un disque en­semble. En trois après-mi­di, nous avions la base des chan­sons. En­suite, il a fal­lu un an et de­mi­pour­crée­rau­tou­run­nou­veau monde, un nou­veau son, avec une di­men­sion mo­derne. Qu’est-ce qui unit -Met le Ma­li ?

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