SYRIE UNE FRAPPE, ET APRÈS?

change de ton. Le raid me­né par les Etats-Unis contre une base aé­rienne sy­rienne est aus­si un mes­sage adres­sé à l’opi­nion in­ter­na­tio­nale : le shé­rif est de re­tour.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - DO­NALD TRUMP

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IL A PRIS LE MONDE de court. L’im­pré­vi­sible Do­nald Trump a dé­ci­dé de dé­clen­cher une opé­ra­tion pu­ni­tive contre le ré­gime de Ba­char al-As­sad, soup­çon­né d’avoir uti­li­sé des armes chi­miques contre sa po­pu­la­tion à Khan Chei­khoun. Plus de 86 ci­vils (dont 27 en­fants) avaient pé­ri dans une attaque mar­di contre ce pe­tit vil­lage sy­rien aux mains des rebelles

(voir l’in­fo­gra­phie ci-contre). Dès le len­de­main, les images in­sou­te­nables des corps mar­ty­ri­sés ont sai­si au coeur le monde en­tier, ébran­lant les ré­seaux so­ciaux dont le pré­sident ré­pu­bli­cain est si friand.

En re­pré­sailles, 59 mis­siles de l’ar­mée amé­ri­caine sont en­trés en ac­tion. Cible des To­ma­hawks, qui au­raient tué six sol­dats sy­riens : la base aé­rienne d’Al-Chaa­ryate, d’où se­raient par­tis les ap­pa­reils qui ont me­né les raids toxiques. Le pré­sident amé­ri­cain s’était pu­bli­que­ment op­po­sé à son pré­dé­ces­seur Ba­rack Oba­ma en août 2013, lorsque ce der­nier en­vi­sa­geait de frap­per l’Etat sy­rien, cou­pable d’avoir pro­vo­qué un car­nage au gaz sa­rin dans une ban­lieue de Da­mas. Près de quatre ans plus tard, c’est le même homme — cette fois ins­tal­lé à la Maison-Blanche — qui a or­don­né la pre­mière ac­tion mi­li­taire amé­ri­caine contre le ré­gime de Da­mas en six ans de guerre. Pour quelles rai­sons ? Dans quel but ? En tout cas, les risques au­jourd’hui sont sur­mul­ti­pliés. Une Rus­sie pro-As­sad beau­coup plus en­ga­gée qu’en 2013, al­liée à un ré­gime théo­cra­tique ira­nien dé­ter­mi­né à en­ra­ci- ner sa zone d’in­fluence chiite… Le maître du Krem­lin, Vla­di­mir Pou­tine, a im­mé­dia­te­ment qua­li­fié ces frappes « d’agres­sion contre un Etat sou­ve­rain ».

Les Oc­ci­den­taux, mé­fiants jusque-là vis-à-vis de Trump, ont sou­te­nu l’ini­tia­tive amé­ri­caine. Va-t-elle se re­pro­duire ? Après une réu­nion d’ur­gence du Con­seil de sé­cu­ri­té, l’am­bas­sa­drice des Etats-Unis à l’ONU a me­na­cé As­sad de nou­velles frappes « si né­ces­saire ».

Mais per­sonne ne semble prêt à passer de l’es­ca­lade des mots à celle des actes et des re­pré­sailles. C’est-àdire au saut dans l’in­con­nu. Pour le mo­ment…

VLA­DI­MIR POU­TINE QUA­LI­FIE LES FRAPPES « D’AGRES­SION CONTRE UN ÉTAT SOU­VE­RAIN »

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