Sar­ko­zy appelle à vo­ter Fillon

L’an­cien chef de l’Etat, mais aus­si Alain Jup­pé, ont ap­pe­lé hier à sou­te­nir le can­di­dat des Ré­pu­bli­cains. Un sou­tien a mi­ni­ma pour pré­ser­ver une uni­té de fa­çade.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - OLI­VIER­BEAU­MONT

presque du bout des lèvres. Hier, Nicolas Sar­ko­zy et Alain Jup­pé sont en­fin sor­tis de leur ré­serve pour en­cou­ra­ger dans cette der­nière ligne droite de cam­pagne Fran­çois Fillon. Mais une ex­pres­sion a mi­ni­ma, sur les ré­seaux so­ciaux. En l’oc­cur­rence, un texte pos­té en fin de ma­ti­née sur Fa­ce­book pour l’an­cien chef de l’Etat, et un simple tweet du cô­té du maire de Bor­deaux. Se­lon nos in­for­ma­tions, ni l’un ni l’autre ne de­vrait en faire plus d’ici au pre­mier tour.

A deux se­maines du scru­tin, cette ini­tia­tive ne doit rien au hasard. Elle in­ter­vient la veille du grand mee­ting pré­vu ce di­manche à la porte de Ver­sailles, où 20 000 per­sonnes sont at­ten­dues pour en­cou­ra­ger Fillon. Elle a sur­tout lieu le jour où le can­di­dat se ren­dait sur les terres très sar­ko­zystes du Puy-de-Dôme, où il a te­nu une réu­nion pu­bli­que­le­soi­ren­pré­sence deB­rice Hor­te­feux et de Laurent Wau­quiez. Ma­nière de scel­ler une uni­té, au moins de fa­çade, alors que des ten­sions sont ap­pa­rues ces der­nières se­maines entre les dif­fé­rentes écu­ries. His­toire de cal­mer le jeu, Hor­te­feux a d’ailleurs sym­bo­li­que­ment of­fert un vo­lant de voi­ture de course à Fillon. « Parce qu’on a be­soin d’un bon pi­lote pour prendre la bonne route ! » a-t-il lâ­ché lors du mee­ting qui se te­nait à la Grande Halle de Cour­non-d’Au­vergne.

« Il n’y a plus de place pour les hé­si­ta­tions ou les états d’âme. Fran­çois Fillon est le seul par­mi les can­di­dats à avoir l’ex­pé­rience qui lui per­met­tra d’in­car­ner et de réus­sir l’al­ter­nance dont la France a tant be­soin », a no­tam­ment écrit Sar­ko­zy sur son compte Fa­ce­book. Un mes­sage ré­di­gé par lui-même, fait savoir un de ses proches, et envoyé de­puis Mar­ra­kech, au Ma­roc, où il sé­journe de­puis plu­sieurs jours avec son épouse Car­la et leur fille.

L’an­cien chef de l’Etat avait pré­ve­nu la veille Fran­çois Fillon de cette ini­tia­tive. En re­tour, ce der­nier l’a ap­pe­lé hier après­mi­di pour le re­mer­cier. « Ce mes­sage sur Fa­ce­book est une ini­tia­tive per­son­nelle qu’il a prise alors que per­sonne ne le lui avait de­man­dé », confie Brice Hor­te­feux, ami in­time de l’an­cien lo­ca­taire de l’Ely­sée. Reste que, sur la forme, cette sor­tie mé­dia­tique a été lour­de­ment pe­sée : « Nicolas Sar­ko­zy est très at­ten­tif au suc­cès de l’al­ter­nance et il est li­bé­ré de toute pré­oc­cu­pa­tion élec­to­rale. Mais s’il avait ac­cor­dé une in­ter­view, ou fait une al­lo­cu­tion plus so­len­nelle, cer­tains y au­raient vu un signe de re­tour en po­li­tique. Or, il n’est ab­so­lu­ment pas de­dans. »

Quant à Jup­pé, qui en pri­vé reste très sé­vère à l’égard de Fillon, son tweet vi­sait juste à re- bon­dir après le texte de Sar­ko­zy : « Le monde est dans la tour­mente, la France a be­soin d’un Pré­sident ex­pé­ri­men­té. F. Fillon a cette ex­pé­rience. Je lui confirme mon sou­tien », a-t-il so­bre­ment écrit. « C’est court, mais c’est tou­jours bon à prendre », ré­sume un dé­pu­té fillo­niste.

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