« Je ne lui fais pas confiance, mais il a pris la bonne dé­ci­sion »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - DE NOTRE CORRESPONDANTE

jette un coup d’oeil aux jour­naux pla­cés de­vant elle. Sur la une du « New York Times », Do­nald Trump seul à la tri­bune et ce titre : « Les Etats-Unis ont lan­cé des mis­siles sur la Syrie ». « C’est une bonne chose d’avoir frap­pé une base aé­rienne sy­rienne, dit la jeune femme de 28 ans. Je me mé­fie de Trump car il change sou­vent d’avis. Mais là, on ne peut plus lais­ser As­sad s’en ti­rer comme ça. »

Quelques mètres plus loin, un autre kiosque et les mêmes gros titres. Pour les ha­bi­tants du quartier, il est dif­fi­cile d’échap­per à l’ac­tua­li­té. « Bien sûr que j’ai en­ten­du par­ler de cette attaque, confirme Ka­the­rine, New-Yor­kaise de 72 ans. Je ne fais pas confiance à Do­nald Trump, mais je pense que, cette fois, il a pris la bonne dé­ci­sion. On aurait d’ailleurs dû le faire il y a des an­nées. »

Un point de vue par­ta­gé par Bob, qui a vo­té pour le mil­liar­daire et qui sou­te­nait dé­jà l’in­ter­ven­tion en Irak en 2003. « Do­nald Trump n’avait pas le choix, ex­plique le quin­qua­gé­naire. As­sad a fran­chi une énième ligne rouge, et les Etats-Unis de­vaient ta­per du poing sur la table. La situation en Syrie s’est ag­gra­vée au fil des an­nées, et on ne pou­vait plus at­tendre l’avis des Na­tions unies, ou de nos al­liés, on devait agir ra­pi­de­ment. »

Si Ka­the­rine, Bob et Tia sou­tien- nent l’ini­tia­tive du pré­sident, d’autres se montrent plus scep­tiques. « Trump dé­cide du jour au len­de­main de de­ve­nir Mon­sieur Hu­ma­ni­taire et de se sou­cier du sort des en­fants sy­riens, iro­nise Francis. Pour­tant, jusqu’à pré­sent, il sou­te­nait la Rus­sie, al­lié de la Syrie… Trump a en­core une fois chan­gé son fu­sil d’épaule, il n’est pas stable et ça me fait peur. »

LA CRAINTE D’UNE ES­CA­LADE COMME EN 2003, EN IRAK

Francis n’est pas le seul à craindre que la situation n’em­pire. Dans ce bas­tion dé­mo­crate, peu de gens ap­pré­cient le nou­veau pré­sident. « Il a dé­ci­dé de lan­cer des mis­siles tout seul, sur un coup de tête, pro- teste David. C’est très dan­ge­reux d’agir comme ça, et d’après moi, uti­li­ser les armes, ce n’est ja­mais la bonne so­lu­tion. Alors bien sûr, les Etats-Unis doivent faire quelque chose pour condam­ner les actes de Ba­char al-As­sad, mais re­gar­dez l’in­ter­ven­tion en Irak en 2003, c’est un échec. Donc on doit faire très at­ten­tion. »

New York (EtatsU­nis), hier. Les frappes aé­riennes dé­ci­dées par Do­nald Trump en Syrie font la une de tous les quo­ti­diens.

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