Ce que l’on sait du ter­ro­riste

Un res­sor­tis­sant ouz­bek de 39 ans a été ar­rê­té quelques heures après l’attentat au ca­mion qui a fait 4 morts ven­dre­di. Il avait dé­jà été ci­blé dans une en­quête sur une fi­lière de fi­nan­ce­ment de Daech.

Le Parisien (Paris) - - LA UNE - PAR LOUISECOLCOMBET

QUELQUES BOU­GIES, des bou­quets de fleurs et des ha­bi­tants réunis en signe de re­cueille­ment. Une même scène qui fait suite aux mêmes ins­tants de ter­reur. Après Nice, Ber­lin et Londres, Stockholm ten­tait hier de se re­le­ver de l’at­taque au ca­mion qui a fait ven­dre­di peu avant 15 heures quatre morts et quinze bles­sés en plein cen­tre­ville de la ca­pi­tale de la Suède — le deuxième attentat de l’his­toire du pays, le pre­mier mor­tel.

Après le Pre­mier mi­nistre Ste­fan Löf­ven, ve­nu fleu­rir le grand ma­ga­sin où le ca­mion a fi­ni sa course meur­trière, la princesse hé­ri­tière Vic­to­ria s’est dé­pla­cée hier sur les lieux du drame. « La so­cié­té sué­doise est bâ­tie sur une confiance énorme et sur la com­mu­nau­té, le sens de la so­li­da­ri­té. Ce­la va nous rendre plus forts, d’une cer­taine ma­nière », a-t-elle ob­ser­vé.

DES EX­PLO­SIFS AR­TI­SA­NAUX Des mots simples et une ré­serve qui font écho à la pru­dence de la po­lice, qui n’a jus­qu’ici que très peu com­mu­ni­qué. Tout juste at-elle confir­mé l’ar­res­ta­tion — quelques heures après l’attentat — à Märs­ta, pe­tite ville à 30 mi­nutes au nord de la ca­pi­tale, d’un sus­pect, un Ouz­bek de 39 ans, qui res­tait hier soir en garde à vue. Il au­rait été re­con­nu par des pas­sants après la dif­fu­sion d’un avis de re­cherche dans les mé­dias ba­sé sur des images de vi­déo sur­veillance .« Rienn’ in­di- que que nous avons le mau­vais homme. Au contraire, nos soup­çons se sont ren­for­cés », a com­men­té Dan Elias­son, le di­rec­teur de la po­lice sué­doise, ajou­tant de fa­çon si­byl­line qu’avait été re­trou­vé à bord du ca­mion « un en­gin qui n’y a pas sa place ». Se­lon la té­lé pu­blique SVT, il s’agi­rait d’ex­plo­sifs de fa­bri­ca­tion ar­ti­sa­nale, ran­gés dans un sac et qui n’ont pas été dé­clen­chés.

Le sus­pect, qui pré­sen­tait des bles­sures aux mains, se se­rait brû­lé en les ma­ni­pu­lant. Il était connu des ser­vices de ren­sei­gne­ment, ont re­con­nu les au­to­ri­tés hier, sans in­di­quer pour quels mo­tifs. Se­lon le jour­nal « Ex­pres­sen », son nom était ap­pa­ru dans une affaire de blan­chi­ment d’ar­gent vi­sant à fi­nan­cer le groupe ter­ro­riste Daech, mais au­cun lien n’au­rait pu être dé­mon­tré entre les mi­lieux ex­tré­mistes et lui. Plu­sieurs sources in­diquent au­jourd’hui que sa page Fa­ce­book tra­hit une sym­pa­thie pour le groupe ter­ro­riste, dont l’un des chefs de file avait ex­hor­té les as­pi­rants dji­ha­distes à agir par tous les moyens contre les pays membres de la coa­li­tion en­ga­gée contre Daech en Sy­rie. Une coa­li­tion à la­quelle la Suède ap­porte un sou­tien lo­gis­tique. Mais Daech n’a pour l’heure pas re­ven­di­qué l’at­taque.

« C’était quel­qu’un de dis­cret, un­peuen­marge,qui­ne­se­fai­sait pas re­mar­quer. Il fai­sait le job », a in­di­qué à l’AFP Pierre Svens­son, pa­tron d’une en­tre­prise d’as­sai­nis­se­ment et de dé­pol­lu­tion, pour la­quelle le sus­pect a briè­ve­ment tra­vaillé à l’au­tomne. « Son com­por­te­ment n’était pas né­ga­tif », a-t-il dit, pré­ci­sant que l’homme ne par­lait que quelques mots de sué­dois.

Sus­pec­tant des com­pli­ci­tés, la po­lice sué­doise a ar­rê­té un deuxième homme ven­dre­di soir, mais n’a pas com­mu­ni­qué sur son éven­tuelle im­pli­ca­tion. Hier, une per­qui­si­tion a été me­née, d’après le jour­nal « Af­ton­bla­det », dans un ap­par­te­ment par le­quel se­rait pas­sé le sus­pect ouz­bek avant de com­mettre son attentat. Les hom­mages, eux, se pour­suivent. Un mo­ment de re­cueille­ment est pré­vu au­jourd’hui sur les lieux du drame et le pays ob­ser­ve­ra de­main à mi­di une mi­nute de si­lence.

Stockholm (Suède), hier. De nom­breux Sué­dois bou­le­ver­sés se sont re­cueillis sur les lieux du drame.

L’homme ar­rê­té au­rait été re­con­nu par des pas­sants après la dif­fu­sion d’un avis de re­cherche ba­sé sur ces images de vi­déo­sur­veillance.

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