Fran­çois Fillon ne lâche rien

L’ex-fa­vo­ri de la course à l’Ely­sée, dont la cam­pagne s’est fra­cas­sée sur les af­faires, veut en­core y croire. A deux se­maines du 1er tour, il sonne la mo­bi­li­sa­tion gé­né­rale. Elle com­mence cet après-mi­di à Pa­ris de­vant 20 000 fans.

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - DOS­SIER RÉA­LI­SÉ PAR OLI­VIER BEAU­MONT @oli­vier­beau­mont

« LE GRAND MEE­TING de la porte de Ver­sailles sonne sym­bo­li­que­ment la mo­bi­li­sa­tion gé­né­rale dans la der­nière ligne droite. On fonce vers la conquête ! » lâche le di­rec­teur de cam­pagne de Fran­çois Fillon, Vincent Ch­ri­qui. Cet après-mi­di, dans le hall 3 du parc des Ex­po­si­tions de Pa­ris (XVe), le can­di­dat de la droite es­père bien mar­quer les es­prits par une dé­mons­tra­tion de force po­pu­laire. Près de 20 000 per­sonnes étaient dé­jà ins­crites hier soir. « Pour des rai­sons de sé­cu­ri­té, on se­ra peut-être obli­gés de re­fu­ser du monde », jure son staff de cam­pagne. Un en­goue­ment qui fait dire à l’an­cien Pre­mier mi­nistre que tout reste en­core pos­sible. Ex­pli­ca­tions.

LÉ­GER MIEUX DANS LES IN­TEN­TIONS DE VOTE

« Les son­dages ne valent pas tri­pette », dé­cla­rait Fillon à notre jour­nal quelques se­maines avant le pre­mier tour de la pri­maire, as­su­rant qu’il fi­ni­rait par l’em­por­ter. La suite lui a don­né rai­son. « Il peut bien sûr re­faire le coup de no­vembre. L’opi­nion n’a ja­mais été aus­si in­stable et un élec­teur sur deux n’a tou­jours pas fait son choix », dé­crypte son porte-pa­role, Luc Cha­tel.

« Je suis sûr que mal­gré les af­faires, les élec­teurs de droite éga­rés fi­ni­ront par re­ve­nir à la mai­son. Je le sens dé­jà sur le ter­rain. Tout va se cris­tal­li­ser au der­nier mo­ment. Et puis on sait bien que les fa­vo­ris ne sont ja­mais ceux qui gagnent à la fin », se per­suade le dé­pu­té de la Haute-Marne. Ces der­niers jours, Fillon connaît d’ailleurs un lé­ger re­gain dans les son­dages, alors que Ma­cron et Le Pen stag­nent, voire baissent.

LE RE­TOUR — MÊME TI­MIDE — DES BARONS

Des sou­tiens du bout des lèvres… mais des sou­tiens quand même. Après la tri­bune pu­bliée ven­dre­di mi­di par Ni­co­las Sar­ko­zy sur Fa­ce­book, pour dire « qu’il n’y a pas de place pour les hé­si­ta­tions ou les états d’âme », c’est Alain Jup­pé qui lui a em­boî­té le pas dans l’après­mi­di sur Twit­ter. Hier, Bru­no Le Maire, qui, exas­pé­ré, avait cla­qué la porte au plus fort des af­faires, est lui aus­si sor­ti de sa ré­serve en in­di­quant qu’il « conti­nuait à croire » que le pro­jet de Fillon était « le mieux à même de re­dres­ser la France ».

En pri­vé, ces trois-là res­tent très cri­tiques à l’égard du can­di­dat. Ils lui re­prochent d’avoir sé­rieu­se­ment sa­bor­dé les chances de la droite à la pré­si­den­tielle. Au­tant dire qu’ils misent peu sur sa vic­toire, mais l’es­sen­tiel est ailleurs : « Le fait d’af­fi­cher pu­bli­que­ment leur sou­tien à quinze jours du scru­tin était très at­ten­du chez nous. Ça va re­boos­ter l’élec­to­rat de droite, ju­bile un cadre fillo­niste. Ce­la montre que la vo­lon­té d’al­ter­nance reste plus forte que tout et qu’on sait mettre les ego de cô­té au pro­fit de notre can­di­dat. »

I« C’EST FILLON, OU LE CHAOS »

Ou­bliée, la sor­tie de route ? En ha­bi­tué des cir­cuits au­to­mo­biles, Fillon compte ac­cé­lé­rer dans la der­nière ligne droite. Après Pa­ris au­jourd’hui, il se ren­dra dans des grandes salles : mar­di à Mar­seille, mer­cre­di à Lyon, jeu­di à Tou­louse, ven­dre­di à Mont­pel­lier. Ob­jec­tif : mo­bi­li­ser et sou­der son camp, en par­tie épar­pillé aux quatre vents. « Au­jourd’hui en France, il y a un dé­sir ma­jo­ri­taire de droite. Nos élec­teurs ne se fe­ront pas vo­ler la vic­toire », mar­tèle Luc Cha­tel.

Son équipe compte sur­tout mettre en avant « l’ex­pé­rience et la sta­ture d’homme d’Etat qu’il est le seul à in­car­ner dans le cas­ting de cette pré­si­den­tielle ». « Si c’est Ma­cron-Le Pen au se­cond tour, au­cun des deux ne se­ra ca­pable d’avoir une ma­jo­ri­té stable pen­dant le quin­quen­nat, pour­suit un in­fluent cadre LR. Ce se­ra le grand saut dans l’in­con­nu, dans l’abîme même. Alors, c’est Fillon, ou le chaos. »

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