« L’affaire Pe­ne­lope ou les cos­tumes, ça m’im­porte peu »

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR -

AU QUA­TRIÈME ÉTAGE du QG de cam­pagne de Fran­çois Fillon, rue Fir­min-Gillot (XVe), les ap­pa­rences sont par­fois trom­peuses. Dans un re­coin de ce vaste bâ­ti­ment de 2 500 m2, quatre bu­reaux ont été rap­pro­chés pour y bri­co­ler une table de ping-pong. A l’autre bout de cette pièce, un so­fa et des fau­teuils bleu­blanc-rouge font face à une té­lé au mi­lieu de pa­quets de chips éven­trés, de packs de bière et de briques de jus d’orange. Pour­tant, l’heure n’est pas vrai­ment à la dé­tente.

Dans cet open spa ce aux al­lures de salle de re­pos, une di­zaine de jeunes tra­vaillent d’ar­rache-pied à la cam­pagne di­gi­tale de Fran­çois Fillon, un oeil sur l’or­di­na­teur, l’autre ri­vé au smart­phone. Ce jour-là, ils s’échinent jus­te­ment à son­ner la mo­bi­li­sa­tion sur les ré­seaux so­ciaux en vue du grand mee­ting de la porte de Ver­sailles, au­jourd’hui.

Dans cette am­biance de start-up où la moyenne d’âge n’ex­cède pas 25 ans, émerge la sil­houette lon­gi­ligne de Ni­co­las Roy. Ori­gi­naire de Tou­louse (Haute-Ga­ronne), ce mi­li­tant dans l’âme est, à 26 ans, char­gé du site In­ter­net et com­mu­ni­ty ma­na­ger. « Je pen­sais qu’on avait fait le plus dur avec la pri­maire. En fait, cette cam­pagne pré­si­den­tielle n’est pas une par­tie de plai­sir », confie cet in­gé­nieur fraî­che­ment di­plô­mé, qui a mis de­puis trois ans sa car­rière pro­fes­sion­nelle de cô­té pour suivre la cam­pagne de Fran­çois Fillon. Fi­dèle par­mi les fi­dèles, il est res­té à bord du na­vire quand tant d’autres ont la poudre d’es­cam­pette, au plus fort de la crise qui a fait dé­vis­ser le can­di­dat.

A-t-il lui même dou­té à un mo­ment ? : « Sur le fond, non. J’ai trou­vé cette sé­quence très ex­ces­sive. J’ai même souf­fert de le voir se faire at­ta­quer et in­sul­ter. Mais il faut sa­voir res­ter calme et at­tendre que la jus­tice passe. La seule chose qui ait pu me faire dou­ter, c’est sa ca­pa­ci­té à sup­por­ter toute cette charge. Mais après le week-end du Tro­ca­dé­ro (NDLR : le

5 mars), j’ai été ras­su­ré. Il a te­nu bon. Et puis, on a dé­jà vé­cu tel­le­ment de choses pen­dant la pri­maire, on nous a tel­le­ment ra­bâ­ché à l’époque que c’était per­du d’avance, qu’on se dit main­te­nant que tout est pos­sible. »

Dans cette cam­pagne en mon­tagnes russes, Ni­co­las ne compte pas ses heures, ni ses jour­nées de tra­vail. Un sa­cer­doce ré­mu­né­ré 1 500 € net par mois, alors qu’il au­rait pu pré­tendre au double s’il avait conti­nué dans sa voie pro­fes­sion­nelle. « C’est mon choix, as­sume-t-il sans re­gret. Vivre une cam­pagne pré­si­den­tielle de l’in­té­rieur, c’est quand même une op­por­tu­ni­té in­croyable. D’une ma­nière ou d’une autre, ça me ser­vi­ra pour la suite de ma car­rière. »

Au fait, pour­quoi Fillon, quand les jeunes de son âge se tournent plus fa­ci­le­ment vers Ha­mon, Ma­cron ou Le Pen ? « L’affaire Pe­ne­lope, celle des cos­tumes, ça m’im­porte peu. La seule ques­tion qui compte, c’est de sa­voir qui par­mi les cinq prin­ci­paux can­di­dats est le plus ca­pable de re­dres­ser le pays. Pour moi, c’est évi­dem­ment lui. Et puis, il cor­res­pond à mes va­leurs, no­tam­ment celles du tra­vail et du res­pect, ain­si qu’à mon tem­pé­ra­ment, plu­tôt dis­cret », ré­pond-il, as­su­rant même que ses pa­rents sont « très fiers » de lui.

« IL COR­RES­POND À MES VA­LEURS, NO­TAM­MENT CELLES DU TRA­VAIL ET DU RES­PECT, AIN­SI QU’À MON TEM­PÉ­RA­MENT, PLU­TÔT DIS­CRET »

Ni­co­las Roy, com­mu­ni­ty ma­na­ger au QG

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