Le 23 avril, Ha­mon fait taxi gra­tis !

Ce chauf­feur de taxi bre­ton em­mè­ne­ra vo­ter les élec­teurs iso­lés.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE -

le même nom que Be­noît Ha­mon, est bre­ton comme le can­di­dat so­cia­liste à l’Ely­sée. Et s’in­ves­tit comme lui, mais à sa ma­nière, dans cette pré­si­den­tielle. Lors des deux tours de scru­tin, Guillaume Ha­mon, chauf­feur de taxi à Plou­bezre (Côtes-d’Ar­mor), pro­pose de conduire gra­tui­te­ment les élec­teurs sans vé­hi­cule de leur do­mi­cile jus­qu’aux bu­reaux de vote de cette pe­tite ville de 3 600 ha­bi­tants. Aux yeux de cet ar­ti­san de 32 ans qui n’a au­cun lien de pa­ren­té avec le vain­queur de la pri­maire à gauche, il s’agit là d’un « simple geste ci­toyen » des­ti­né à lut­ter contre l’abs­ten­tion.

« At­ten­tion, la gra­tui­té, je ne pour­rais pas la faire toute l’an­née ! » sou­rit ce­lui qui don­ne­ra de son temps et de son car­bu­rant les 23 avril et 7 mai. C’est en trans­por­tant « une ma­mie sans fa­mille » qu’il a dé­ci­dé de concré­ti­ser son pro­jet. « Du­rant le tra­jet, je lui ai de­man­dé si elle avait fait son choix pour l’élec­tion. Elle m’a ré­pon­du : », ra­conte-t-il. Son ini­tia­tive s’adresse au­tant aux aî­nés iso­lés qu’aux jeunes éloi­gnés des iso­loirs, faute de pou­voir se dé­pla­cer. Trois clients aux che­veux blancs ont d’ores et dé­jà pas­sé com­mande pour la course gra­tis. Il en es­père bien d’autres à son comp­teur. « Il faut que tout le monde puisse s’ex­pri­mer dans les urnes, même pour dé­po­ser un bul­le­tin blanc », mar­tèle-t-il. C’est un dé­fi pour lui. « Je veux mon­trer que par des pe­tites choses on peut rendre de grands ser­vices, no­tam­ment à la Ré­pu­blique. » Le maire de Plou­bezre a eu vent de l’opé­ra­tion. « Il ap­prouve et il m’en­cou­rage », se fé­li­cite le chauf­feur. D’autres taxis de Bre­tagne, de Mar­seille et de Pa­ris l’ont contac­té pour rou­ler pour la bonne cause. Dans l’ha­bi­tacle de « mon­sieur Ha­mon » ces der­nières se­maines, les dis­cus­sions ont « énor­mé­ment » tour­né au­tour de la folle cam­pagne. « C’est le su­jet nu­mé­ro un. Les ci­toyens sont désa­bu­sés, ils ont hâte que tout ça se ter­mine. Beau­coup ne savent pas qui choi­sir et veulent s’abs­te­nir. Alors, j’es­saie de les re­mo­ti­ver », dé­crit Guillaume, qui a tou­jours vo­té. Lui se range dans le camp des élec­teurs en­core in­dé­cis. « Cette pré­si­den­tielle, c’est un gag, on di­rait une cour d’école. »

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