Mys­té­rieuses par­ti­cules ra­dio­ac­tives

De l’iode 131 a été dé­tec­té dans plu­sieurs pays, dont la France. Les au­to­ri­tés se veulent ras­su­rantes.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ -

« l’ac­ci­dent qu’on nous cache », « un dan­ger pour l’Eu­rope ». Les ré­seaux so­ciaux bruissent de mes­sages alar­mistes rap­pro­chant deux in­for­ma­tions. D’une part, la sur­ve­nue fin oc­tobre d’un in­ci­dent au sein du ré­ac­teur de re­cherche à eau lourde de Hal­den, en Nor­vège, et le re­le­vé en jan­vier de traces d’iode 131 ra­dio­ac­tif dans l’air am­biant en Eu­rope, prin­ci­pa­le­ment en Po­logne, en France et jus­qu’à l’Es­pagne.

L’Ins­ti­tut de ra­dio­pro­tec­tion et de sû­re­té nu­cléaire (IRSN), éta­blis­se­ment pu­blic de re­cherche, vient de dif­fu­ser une note ré­fu­tant l’ori­gine nor­vé­gienne de cette pol­lu­tion, en in­sis­tant sur l’im­pact très re­la­tif en France de ces re­jets, « 1 000 fois plus faibles » que ceux ob­ser­vés dans l’Hexa­gone dans les se­maines qui ont sui­vi l’ac­ci­dent de Fu­ku­shi­ma. Se­lon l’IRSN, « ces ni­veaux sont sans au­cune consé­quence sa­ni­taire et ne né­ces­sitent en au­cun cas la prise d’iode stable », ces pas­tilles pré­vues en cas de conta­mi­na­tion pour sa­tu­rer le corps en iode sain et évi­ter l’ab­sorp­tion d’iode ra­dio­ac­tif. Mais d’où viennent alors ces traces de ra­dio­ac­ti­vi­té ? L’IRSN les at­tri­bue « pro­ba­ble­ment » à « une ins­tal­la­tion pro­dui­sant de l’iode ra­dio­ac­tif pour des ap­pli­ca­tions dans le do­maine mé­di­cal, avance l’ins­ti­tut dans sa note. Les ni­veaux ayant été très faibles, la source d’émis­sion n’a pu être dé­ter­mi­née avec pré­ci­sion, mais elle se si­tue vrai­sem­bla­ble­ment en Eu­rope orien­tale ».

« Les gens le savent peu, mais des cen­taines d’ins­ti­tu­tions ont l’au­to­ri­sa- tion de re­je­ter des sub­stances ra­dio­ac­tives : des cen­trales nu­cléaires, des centres de re­cherche, des in­dus­tries… » dé­taille Bru­no Cha­rey­ron, in­gé­nieur en phy­sique nu­cléaire, di­rec­teur du la­bo­ra­toire de la Com­mis­sion de re­cherche et d’in­for­ma­tions in­dé­pen­dantes sur la ra­dio­ac­ti­vi­té (Crii­rad), une as­so­cia­tion garde-fous. « Les re­le­vés de jan­vier sont faibles, mais l’éton­ne­ment vient du nombre de pays tou­chés, pour­suit-il. La rai­son est sans doute liée à une si­tua­tion mé­téo­ro­lo­gique ex­cep­tion­nelle » : une stag­na­tion des masses d’air, mar­quée par des épi­sodes de pol­lu­tion aux par­ti­cules fines.

« Il se­rait per­ti­nent de dé­tec­ter la source de ces dé­ga­ge­ments, es­time l’ex­pert, no­tam­ment pour les ri­ve­rains. Mais c’est dif­fi­cile : les cap­teurs sont sou­vent pré­vus pour dé­tec­ter une ca­tas­trophe, pas des re­jets chro­niques. Il ne faut pas ba­na­li­ser ces dé­ga­ge­ments. Mais il est im­por­tant aus­si de ne pas être in­uti­le­ment alar­miste. Parce que le jour où l’alerte est réelle… »

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