Gues­don : « C’est plus fa­cile main­te­nant »

Fré­dé­ric Gues­don, der­nier vain­queur fran­çais de la reine des clas­siques en 1997, porte un re­gard per­cu­tant sur l’évo­lu­tion de la course.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - PROPOSRECUEILLISPAR DA­VID OPOCZYNSKI, EN­VOYÉ SPÉ­CIAL À COM­PIÈGNE (OISE)

Der­nier vain­queur fran­çais de Pa­ris-Rou­baix, il y a tout juste vingt ans, Fré­dé­ric Gues­don juge la jeune gé­né­ra­tion de cou­reurs peu à l’écoute. Et il at­tend tou­jours un suc­ces­seur…

SUR SON OR­DI­NA­TEUR po­sé sur le pe­tit bu­reau de sa chambre d’hô­tel, Fré­dé­ric Gues­don, 45 ans, di­rec­teur spor­tif de la for­ma­tion d’Ar­naud Dé­mare, ter­mine une der­nière syn­thèse qui doit per­mettre d’ai­der les cou­reurs de la FDJ. L’an­cien cou­reur, vain­queur en 1997, es­père qu’Ar­naud Dé­mare lui suc­cé­de­ra au pal­ma­rès. Mais l’affaire ne se­ra pas simple. Est-ce un Pa­ris-Rou­baix spé­cial pour vous ?

FRÉ­DÉ­RIC GUES­DON. C’est la date d’an­ni­ver­saire. Je ne pen­sais pas être au­tant sol­li­ci­té. Mais on peut le com­prendre, c’est vrai que 20 ans, ça marque. Ai­me­riez-vous qu’un Fran­çais vous suc­cède en­fin ? Oui et non. Oui, parce que ça se­rait bien pour le cy­clisme fran­çais et que je sou­haite à tout le monde de connaître ce que j’ai connu. Mais le pe­tit truc en plus, c’est que tant qu’il n’y a pas de Fran­çais qui l’em­porte, ça me fait un pe­tit peu plus de pub ! (Rires.) Au­jourd’hui dans le cy­clisme fran­çais, il y a Ber­nard Hi­nault, der­nier vain­queur du Tour, et… vous... Oh, peut-être pas quand même ! Il y a aus­si Gil­bert Du­closLas­salle et Marc Ma­diot qui ont ga­gné deux fois à Rou­baix. Mais c’est vrai que je me rends compte main­te­nant que c’est quand même la course à ga­gner. Si un Fran­çais l’em­porte, on lui en par­le­ra presque à vie. Que faut-il faire pour par­ve­nir à rem­por­ter Pa­ris-Rou­baix ? Ce n’est pas le tout d’ai­mer cette course, il faut vrai­ment y al­ler en se

di­sant : Je vais me battre jus­qu’au bout, j’ai mal mais il faut que les autres aient plus mal que moi. C’est ça que vous dites àAr­naudDé­mare ? Le pro­blème, c’est que c’est une gé­né­ra­tion de cou­reurs avec la­quelle vous ne sa­vez pas trop s’ils sont à l’écoute. J’ai l’im­pres­sion qu’ils écoutent un peu mais qu’ils se sentent plus forts que toi. Ils ne sont pas comme nous à écou­ter les an­ciens. Ce ne sont pas des mecs qui res­tent à table ou dans le ca­na­pé d’un hall d’hô­tel à t’écou­ter. Par­fois, tu as l’im­pres­sion que si tu ne leur don­nais au­cun con­seil, tu ne sais pas s’ils t’en de­man­de­raient. C’est bi­zarre. Mais je pense que ça ne touche pas que les huit de la FDJ ! Le pla­teau est-il tou­jours aus­si re­le­vé ? Tous les Rou­baix ont été re­le­vés. Là,ona­per­duCan­cel­la­ra,on­va perdre Boo­nen. Mais il y en au­ra d’autres. Il y a quand même Sa­gan et Van Aver­maet qui sont au-des­sus. Mais un out­si­der peut s’im­po­ser… La preuve, on en a eu : moi le pre­mier, et l’an­née der­nière aus­si

(NDLR : l’Aus­tra­lien Ma­thew Hay­man). Qu’est-ce qui a le plus chan­gé en vingt ans ? Je pense que les sec­teurs pa­vés sont moins mau­vais qu’avant. Dé­jà, pour moi, ils étaient moins mau­vais que pour la gé­né­ra­tion de Marc (Ma­diot) ou Mar­tial (Gayant). Et par­fois, c’est un peu dom­mage. Mais ça reste quand même des pa­vés. Le ma­té­riel s’est aus­si drô­le­ment amé­lio­ré. Est-ce plus fa­cile du coup ?

(Sou­pir.) Si on leur dit ça, ils vont mal le prendre, mais je crois que, oui, c’est plus fa­cile main­te­nant. Quand on compare mon vé­lo avec ceux d’au­jourd’hui, c’est quand même autre chose. Rien que pour les pneu­ma­tiques qui sont plus épais. Mais bon, après, il faut tou­jours pé­da­ler !

Com­piègne (Oise), hier. Fré­dé­ric Gues­don est au­jourd’hui di­rec­teur spor­tif de la FDJ et pour­ra dis­til­ler ses conseils à Ar­naud Dé­mare no­tam­ment.

Fré­dé­ric Gues­don sou­lève le pa­vé de Pa­ris-Rou­baix le 13 avril 1997.

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