Ma­ra­thon Man

Ce ma­tin, 57 000 cou­reurs par­ti­cipent au ma­ra­thon de Pa­ris, dignes hé­ri­tiers du Grec Spi­ri­don Louys, pre­mier vain­queur aux Jeux d’Athènes le 10 avril 1896.

Le Parisien (Paris) - - VOTRE DIMANCHE - CHARLESDESAINTSAUVEUR

cins et mé­di­ca­ments. Après 10 km, le Fran­çais Al­bin Ler­mu­siaux ac­cé­lère. Der­rière, le pe­tit pe­lo­ton s’étire comme une co­lonne de sol­dats en dé­route. Mais par­mi eux, Spi­ri­don Louys, beau mous­ta­chu en fus­ta­nelle, la jupe plis­sée tra­di­tion­nelle, ras­sure les cu­rieux mas­sés sur le bord de la route : « Ne vous in­quié­tez pas, je les bat­trai tous. » mille pauvre de Ma­rous­si, près d’Athènes, ac­com­pa­gnait son père en trot­ti­nant der­rière sa cha­rette char­gée de jarres d’eau de puits qu’il al­lait vendre dans la ca­pi­tale.

Louy­sa­rai­son.Au­ki­lo­mètre30,le Fran­çais,trop­pré­somp­tueux,s’étale de tout son long, vic­time de crampes. Le Grec rat­trape en­suite l’Aus­tra­lien Ed­win Flack, qui s’écroule à son tour. Spi­ri­don Louys fran­chit la ligne d’ar­ri­vée, loin de­vant ses concur­rents, en 2 h 59 min*. Las­sé des contre-per­for­mances des ath­lètes grecs de­puis le dé­but des Jeux, qua- tre jours plus tôt, le stade d’Athènes cha­vire. Le roi Georges vient même ser­rer dans ses bras le pe­tit por­teur d’eau. Pour son ex­ploit, il re­çoit un ra­meau d’oli­vier et une mé­daille… d’ar­gent : l’or ne de­vien­dra le mé­tal des­vain­queurs­qu’en1904.

Hé­ros consa­cré, il au­rait pu tout avoir, mais de­man­da seule­ment un che­val et un cha­riot neuf pour por­ter son eau. Veuf, sans le sou mais tou­jours cé­lèbre, il est ter­ras­sé le 25 mars 1940 par une crise car­diaque. Ce coeur qui l’avait por­té vers son triomphe qua­rante-quatre ans plus tôt, l’a fi­na­le­ment lâ­ché. Sa lé­gende, elle, court tou­jours.

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