« Pour une fois, on peut y croire »

Ber­nard et Joëlle, fonc­tion­naires re­trai­tés, hier à Mar­seille

Le Parisien (Paris) - - FAIT DU JOUR - DENOTRECORRESPONDANT MARC LERAS À MAR­SEILLE (BOUCHES-DU-RHÔNE)

LE CIEL est tou­jours bleu et sans nuages pour Jean-Luc Mé­len­chon qui a or­ga­ni­sé hier une nou­velle dé­mons­tra­tion de force sur le Vieux-Port de Mar­seille (Bouches-du-Rhône), bai­gné par un so­leil de carte pos­tale. De­vant des di­zaines de mil­liers de per­sonnes, 70 000 se­lon les op­ti­mistes proches du can­di­dat, qui se pres­saient en dé­but d’après­mi­di jusque sur la Ca­ne­bière pour­vue d’écrans géants, le lea­deur de la France in­sou­mise, ra­meau d’oli­vier à la bou­ton­nière, a vou­lu po­lir sa sta­ture pré­si­den­tielle dans un long dis­cours ly­rique axé sur la dé­fense de la paix et la pro­messe de la sor­tie de l’Otan. Trop loin des pré­oc­cu­pa­tions de ses sup­por­teurs ? Pas pour Ka­der Ah­ta : « On com­prend ce qu’il dit, même sur des ques­tions com­pli­quées. Il dé­fend le peuple et les gens », ap­pré­cie ce tren­te­naire dont le vé­lo ar­bore un dra­peau tri­co­lore — dis­tri­bué mas­si­ve­ment par les or­ga­ni­sa­teurs — et une pan­carte de la France in­sou­mise. « Je ne vo­tais plus de­puis dix ans. Mais là, j’ai en­vie de lui faire confiance. »

Sur son estrade, le can­di­dat n’ou­blie pas de sa­luer « l’en­thou­siasme nou­veau » qui semble por­ter ac­tuel­le­ment sa cam­pagne. « Ça se voit, ça s’en­tend, ça se res­sent, la vic­toire est à la por­tée de nos ef­forts ! » gal­va­nise le can­di­dat qui a en­ta- mé son mee­ting en plein air par une mi­nute de si­lence en hom­mage aux mi­grants morts noyés en Mé­di­ter­ra­née.

« Rien n’est fait mais pour une fois on peut y croire, on di­rait que tout peut se pas­ser dans cette élec­tion », ap­pré­cient Ber­nard et Joëlle Roi­gier, re­trai­tés de la fonc­tion pu­blique. « Il ap­pa­raît moins sec­taire qu’avant, il ne fait plus peur. On connaît même des gens de droite dé­goû­tés par Fillon qui se de­mandent s’ils ne vont pas vo­ter pour Mé­len­chon, pour­suivent-ils. S’il ar­rive à convaincre en­core des in­dé­cis ou des abs­ten­tion­nistes, il peut al­ler au se­cond tour. » Ni­cole, ori­gi­naire de Mar­tigues, est, elle, ve­nue avec son ma­ri « re­vivre mai 1981 », la vic­toire de Fran­çois Mit­ter­rand, à tra­vers Jean-Luc Mé­len­chon dont elle « ap­pré­cie les idées ».

« C’est mort pour Ha­mon, le vote utile à gauche, c’est Mé­len­chon », ana­lysent Sa­bri­na et Mé­la­nie, étu­diantes en com­mu­ni­ca­tion qui avaient pour­tant choi­si le can­di­dat so­cia­liste lors de la pri­maire. « Il y a tou­jours es­poir que Ha­mon se re­tire et se ral­lie, alors là tout se­rait pos­sible », se prennent-elles à rê­ver.

« C’EST MORT POUR HA­MON, LE VOTE UTILE À GAUCHE, C’EST MÉ­LEN­CHON » SA­BRI­NA ET MÉ­LA­NIE, ÉTU­DIANTES EN COM­MU­NI­CA­TION

Vieux-Port de Mar­seille (Bouches-du-Rhône), hier. Par­mi les di­zaines de mil­liers de mi­li­tants ve­nus écou­ter Jean-Luc Mé­len­chon (pho­to ci-contre), beau­coup croient à sa pré­sence au se­cond tour, s’il par­vient à convaincre les abs­ten­tion­nistes et les in­dé­cis.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.